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Entre 1976 et 2001, Raymonde Carasco (France, 1939-2009) s'est rendue 18 fois au Mexique. De ces voyages effectués en compagnie de Régis Hébraud - son époux mais aussi son opérateur, preneur de son et monteur - sont issus une quinzaine de films consacrés aux Indiens Tarahumaras, leurs fêtes, leurs danses et leurs rites. Marchant sur les pas d'Eisenstein et d'Artaud ("J’ai voulu voir l’écriture d’Artaud. Voir, de mes yeux voir qu’est-ce que c’est qu’écrire"), Carasco a dressé en toute liberté une fresque cosmique, documentaire et lyrique, poétique et expérimentale qui "n’a de compte à rendre à rien ni à personne: ni à l’ethnographie, ni à l’ethnologie visuelle, ni au cinéma, ni à l’université, ni à aucune maison de production" (Nicole Brenez). Un an après la programmation que lui a consacrée le festival L'Âge d'Or à la CINEMATEK, ce programme propose de revenir sur le premier et le dernier des films tarahumaras de Carasco.

Tarahumaras 78 – Raymonde Carasco (1979, 30', 16mm, couleur, transfert Beta numérique) 
Ce film au montage musical est la chronique d’une rencontre: celle des Indiens Tarahumaras et d’une caméra à la recherche d’un peuple que l’étymologie appelle « au pied qui court ».

La Despedida – Raymonde Carasco (2003, 53', 16mm, couleur, transfert Beta numérique)
La Despedida est le dernier volet du cycle La Fêlure du temps (2000–2003), qui clôt l'œuvre tarahumara de Raymonde Carasco. Cette fresque en cinq temps, consacrée aux origines et à la disparition de la culture tarahumara, recueille la parole du dernier chaman du peyotl. La Despedida est aussi le dernier film de Raymonde Carasco.

Copies des films: Cinémathèque de Toulouse.

Régis Hébraud sera à la libraire Quartiers Latins le 23 janvier 2016 à 12h pour une rencontre avec Aristide Bianchi autour du livre de Raymonde Carasco Dans le bleu du ciel - Carnets Tarahumaras (1976-2001), suivie à 15h par une discussion avec Sami El Hage autour de Raymonde Carasco et Antonin Artaud. Le dimanche 24 janvier 2016 à 20h, Régis Hébraud introduira la projection au Buktapaktop du film Julien – Portrait d'un voyant (Raymonde Carasco, 1981, 75').