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En avril 1967, le Sonic Arts Group provoque un scandale à Bruxelles en organisant une série de concerts avant-gardistes au Palais des Beaux-Arts. Le Sonic Arts Group (ou Union) était un jeune collectif américain composé de compositeurs inconnus à l’époque devenus aujourd’hui de véritables légendes : Robert Ashley, David Behrman, Gordon Mumma et Alvin Lucier.
Un demi-siècle plus tard, leur influence sur la musique électronique contemporaine est indéniable. KRAAK et le BEAF célèbrent l’anniversaire de cet événement lors d’un concert exclusif de David Behrman couplé à des performances de deux jeunes artistes inspirées par les innovations du SAG.

 

« Nos performances exploraient des aspects de la musique et de la performance qui allaient au-delà des frontières généralement acceptées par la musique contemporaine. Il s’agissait en partie d’électronique bricolée, d’exploration de la nature de l’acoustique, de mélange entre théâtre, arts visuels, poésie et musique. J’espère que l’esprit des années soixante restera toujours en moi. » (David Behrman).


David Behrman est l’un des pionniers les plus influents de la musique électronique et avant-gardiste. En 1966, il fonde le Sonic Arts Group/Union avec Ashley, Mumma et Lucier. Il redéfinit la définition de la musique au niveau conceptuel et formel en apportant des innovations technologiques dans le domaine des instruments électroniques. Ses compositions sont des œuvres fondamentales de la tradition minimaliste. Elles explorent la poésie de l’interaction entre les programmes automatisés et la performance acoustique live.

 

Le duo polonais WIDT se consacre à la zone floue où la musique devient image et l’image devient musique. Il s’intéresse aux possibilités infinies du feedback vidéo et des techniques vocales étendues, les mêlant au sein d’une expérience de synesthésie totale aussi élégante que colorée. L’année dernière, le duo a sorti un album éponyme audiovisuel vivement recommandé (DVD + CD, Zoharum Records), qui prouve que les deux artistes sont à la pointe de la nouvelle génération expérimentale polonaise.

 

En digne héritier de l’avant-garde électroacoustique italienne, le compositeur et artiste visuel Francesco Cavaliere mélange les collages de bandes magnétiques, la synthèse sonore électronique et la poésie concrète. Ses compositions subtiles révèlent un attachement pour la narration poétique et raffinée, les effets sonores bidouillés, l’alchimie et la science-fiction. Son univers musical unique se trouve au carrefour entre l’animisme, le spiritualisme et le symbolisme visionnaire, flirtant continuellement entre l’art obscur et l’avant-garde du XIXe siècle. Son diptyque « Gantio Cielo I & II » (Hundebiss, 2016) est vivement recommandé.