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Sur un fond noir, les premiers mots prononcés sonnent comme une prophétie : « La Grèce, c'est terminé, fini. La grande pauvreté, la grande faim arrive ! » Mais pour les bergers qui vivent dans les montagnes à l’ouest de la Grèce, cela n’a plus rien d’une prophétie. Terrés dans de vieilles bicoques en ruines, ils discutent de leurs derniers euros dépensés pour acheter des cigarettes ou de la bière, passent en revue leurs dettes et cherchent de nouveaux prêteurs, tout en maudissant leur situation désespérée. Les profondes rides qui creusent leur visage, usé par les éléments, rappellent les paysages accidentés du dehors, où les vallées rocheuses sont transpercées de pylônes électriques et enveloppées d’un infini brouillard. Bien que les animaux soient leur moyen de subsistance, ils sont les premiers à pâtir des frustrations de leurs propriétaires. Une violence ordinaire et quotidienne qui n’attend que d’exploser.
 
Dans un savant mélange de documentaire et de fiction, Sto Lyko (To The Wolf) mêle des images d’une beauté sauvage, des acteurs non professionnels repérés sur place et beaucoup d’attention pour les détails du quotidien, créant ainsi une évocation percutante du désespoir rural, rendue encore plus frappante par sa double nature : parfois un instantané saisissant de la crise dans la Grèce rurale, parfois un drame allégorique d’une force élémentaire et apocalyptique.

« La rencontre de Béla Tarr et de Theo Angelopoulos. Un vrai petit bijou de non-fiction (ou presque), visionnaire et bien ficelé. »
- Filmmaker Magazine
 
« Dans un savant mélange de documentaire et de fiction, “To The Wolf” est un drame allégorique d’une force élémentaire et apocalyptique. »
- Berlinale