21

Dans Cut the Sky, cinq réfugiés climatiques errent après une catastrophe. Qui va chanter la pluie ? La compagnie australienne Marrugeku, dirigée par les deux grandes dames que sont Rachael Swain et Dalisa Pigram, raconte l’histoire de Kimberley, un territoire dans l’Ouest de l’Australie, 14 fois plus grand que la Belgique, menacé par la pollution engendrée par l’exploitation du gaz de schiste.

Le spectacle fait converger différentes perspectives : celles d’artistes de la communauté locale des Yawuru, de Nookanbah où ont eu lieu des manifestations historiques d’Aborigènes contre le forage pétrolier, mais aussi d’Inde, du Burkina Faso et de Belgique (avec le chorégraphe Serge-Aimé Koulibaly et la dramaturge Hildegard De Vuyst).

Cinq chapitres, au cours desquels se bousculent passé, présent et avenir. Les questions ne sont pas sans importance : préservation de l’identité culturelle ou gain rapide ? Plusieurs fractures fissurent Cut the Sky et l’on oscille entre local et global, entre personnel, anecdotique et épique, entre tradition et globalisation. Entre le lieu, comme porteur de sens et le temps, destructeur comme un bulldozer.