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La Viola. La vie, la mort et la musique au Chili

50 ans après la mort de Violeta Parra, BOZAR et les petits-enfants de la chanteuse de légende lui rendent hommage. Mais qui était cette icône latino-américaine ?

Violeta del Carmen Parra Sandoval est née en 1917 dans la petite ville de San Carlos, dans la province de Ñuble, au sud du Chili. Elle était l’une des plus importantes voix du mouvement de la Nueva Cancion (Nouvelle Chanson), qui a traversé l’Amérique latine durant les années 60. La musique est devenue l’emblème des populations du continent marginalisées socialement, économiquement et politiquement, ainsi que de leur lutte pour la justice sociale. La musique et l’art de Parra exprimaient souvent une critique de l’élite chilienne, constituée de riches propriétaires terriens, ainsi que de l’église et l’armée, qu’elle considérait tous comme responsables de la détresse sociale et économique des personnes pauvres et privées de tout droit au Chili.

Violeta Parra "Gracias a la vida"

La musique et l’éveil politique de Parra ont tous deux été nourris par son travail d’ethnomusicologue. En 1952, elle a entrepris un voyage épique à travers le Chili pour enregistrer la richesse de la musique traditionnelle chilienne et interviewer ses interprètes. Son travail a été d’une aide très précieuse pour populariser et préserver d’anciens styles folkloriques comme la cuaca et la tonada, menacés de tomber rapidement dans l’oubli. Ses chansons originales et préservées ont atteint un public plus large à travers l’émission radiophonique « Canta Violeta Parra », diffusée à partir de 1953-54 sur une chaîne de radio de gauche. Elle a également dirigé La Peña de los Parra, un espace de performance et centre communautaire.

Violeta Parra a mené une vie tumultueuse. Elle a voyagé en Europe et dans l’Union soviétique, avant de s’installer un moment à Paris, où elle a enregistré plusieurs albums. Elle était aussi une artiste visuelle aux multiples talents et créait des peintures, sculptures et tapisseries, souvent inspirées par les traditions folkloriques. Elle a même été la première Latino-Américaine à laquelle le Louvre a consacré une exposition individuelle.  

Violeta Parra Louvre. Paris, 1964.

Sa vie sentimentale passionnée, en particulier avec le musicien suisse Gilbert Favre, alimentait directement son art et a inspiré certaines de ses chansons les plus populaires. Elle s’est finalement installée avec ses enfants dans un grand chapiteau de cirque dans la banlieue de Santiago. C’est là qu’elle a mis fin à ses jours, à l’âge de 49 ans seulement.

Violeta Parra "Run Run se fue pa'l norte"