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Girl Power

Sur la scène de BOZAR, trois actrices de renom boivent du vin et étudient les personnages féminins de Shakespeare. Voici 5 autres héroïnes – de l’art, du cinéma et de la TV – qui en jettent.

 

John Everett Millais - Ophelia, Public Domain
John Everett Millais - Ophelia, Public Domain
1. Ophélie, John Everett Millais (1852)

Ophélie est en train de chanter, alors qu’elle dérive sur la rivière qui sera sa tombe. Les plantes peintes par Millais sont d’une précision botanique presque obsessionnelle. Il s’agit sans aucun doute de la représentation la plus influente d’une héroïne de Shakespeare, incarnée par de nombreuses autres artistes : de Kirstin Dunst dans Melancholia de Lars Von Trier à Kylie Minogue dans le clip de Where the Wild Roses Grow de Nick Cave.

 

The Taming Of The Shrew (1967) - Trailer
2. La Mégère apprivoisée, Franco Zefferelli (1967)

On ne compte plus les pièces de théâtre filmées et les adaptations hollywoodiennes. Dans les années soixante, la plus grande star du grand écran a endossé le rôle de l’héroïne la plus problématique de Shakespeare. Dans cette version hystérique de La Mégère apprivoisée, Elizabeth Taylor, dans le rôle de la colérique Kate, se dispute violement avec son mari, joué par Richard Burton.

 

Sarah Bernhard as Hamlet
Sarah Bernhard as Hamlet
3. Sarah Bernhardt dans le rôle de Hamlet (1899)

Le gender reversal est la tendance à la mode dans le théâtre contemporain : de l’interprétation inoubliable de Richard II par Fiona Shaw au casting totalement féminin de Jules César dans une version qui a pour décor une prison. Mais rien de neuf sous le soleil. La diva Sarah Bernhardt a joué Cordélia, Desdémone, Lady Macbeth et Ophélie, mais n’a pas pu résister au rôle haut en couleur de… Hamlet.

 

Gounod - Romeo et Juliette - Nino Machaidze - Ariette Ah! Je Veux Vivre
4. Je veux vivre – Roméo et Juliette, Charles Gounod (1867)

Les compositeurs aussi se sont attaqués au poète, avec des interprétations musicales de Roméo et Juliette de notamment Prokofiev, Berlioz, Tchaïkovski et Duke Ellington. L’opéra de Bellini sur cet amour de jeunesse fatal s’écarte fort de la pièce de Shakespeare, et c’est donc la version française de Charles Gounod qui l’emporte sur la trentaine d’autres versions pour opéra.

 

House of Cards © Netflix
House of Cards © Netflix
5. House of Cards, Netflix (2013- )

« Si Shakespeare avait vécu à notre époque, il aurait écrit des scénarios pour Hollywood », plaisante-t-on. Et aujourd’hui, il règnerait probablement sur une writers room chez Netflix ou HBO, qui s’empresserait de lui emprunter ses intrigues et ses personnages. Pensez par exemple à Claire Underwood, qui – surtout au début de House of Cards – se tient aux côtés de son époux avide de pouvoir telle une Lady Macbeth sans scrupules, unis pour l’éternité mais pervertis pour toujours par leur pacte criminel.