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Preludes to a Lost Time

Le grand violoniste letton Gidon Kremer nous présente la musique du compositeur russe Mieczysław Weinberg et nous explique pourquoi son nouveau projet inclut d’anciennes photographies soviétiques.

Mieczysław Weinberg – un excellent collègue et ami proche de Dmitri Chostakovitch – est pour moi l’un des compositeurs les plus importants du XXe siècle.

Antanas Sutkus
Antanas Sutkus

Alors que je mettais la dernière main à la transcription pour violon de ses 24 Préludes (initialement écrits pour violoncelle) sur laquelle je travaillais depuis un an, j’ai commencé à envisager de juxtaposer Préludes et photographies.

En juin 2017, le travail d’un remarquable photographe lituanien, ANTANAS SUTKUS, a attiré mon attention. Nous nous sommes rencontrés à Vilnius et, à ma grande joie, j’ai constaté que nous « parlions » une langue commune. Nous avons commencé à travailler ensemble.

Antanas Sutkus
Antanas Sutkus

Qu’ont en commun ces deux personnalités – Weinberg et Sutkus ? Pourquoi est-ce important, pour moi, de les réunir ?

Les plus belles œuvres d’art sont bien entendu intemporelles. Mais, curieusement, la musique de Weinberg (en l’occurrence, les 24 Préludes pour violoncelle) et bon nombre des puissantes images de Sutkus ont été créées à la même époque – 1960.

Antanas Sutkus
Antanas Sutkus

S’il n’y a pas de lien direct entre les deux artistes, le projet montre clairement qu’ils ont « partagé » une expérience de vie. Leurs musique et leurs images reflètent l’univers d’une certaine idéologie « utopique » – un concept imposé à tous durant la période soviétique.

Antanas Sutkus
Antanas Sutkus

J’ai découvert la musique de Mieczysław Weinberg assez tardivement, mais je suis rapidement devenu l’un de ses plus ardents défenseurs. Ses Préludes peuvent être perçus comme des « images sonores » chargées d’émotions, tandis que les photographies très expressives d’Antanas Sutkus contribuent de manière unique à la dynamique du projet.

Antanas Sutkus
Antanas Sutkus

Cette œuvre consiste en une série d’histoires à plusieurs niveaux. Mon but, en ajoutant les sons de mon violon, est de permettre aux spectateurs et aux auditeurs d’entrer dans un « monde perdu » et, ce faisant, d’intégrer la perspective d’êtres humains qui sont toujours en vie.

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