Monika Ritterhaus/Salzburger Festspiele
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Les multiples visages de Cecilia Bartoli

Bien que sa voix et son tempérament méditerranéen  soient reconnaissables entre mille, Cecilia Bartoli a le don, comme beaucoup de grandes stars de la pop, de se réinventer à chaque nouveau projet. En voici quatre incarnations.

 

Une mezzo « Rossini » dans toute sa splendeur

Le timbre chaleureux, la colorature incroyable et la personnalité lumineuse de la jeune Bartoli en font une Rosina ou Cenerentola de rêve. Il n’est donc pas surprenant que ce soit il signor Rossini (ainsi que Herr Mozart) qui ait ouvert les portes des plus grands opéras du monde à cette chanteuse romaine. Même aujourd’hui, l’entendre chanter l’aria final de La Cenerentola est une expérience aussi passionnante qu’irrésistible. Fort heureusement, il s’agit encore d’un de ses rappels préférés !

Cecilia Bartoli - Nacqui all'affanno - Non piu mesta de La Cenerentola de Rossini

 

Un Sherlock musical

Vous la croiserez tant dans l’une ou l’autre salle d’archives poussiéreuses que lors d’un gala de mode tout feu tout flamme. L’album qu’elle a consacré à Vivaldi en 1999 a défini un standard pour tous les projets musicaux qui ont suivi. Une formule gagnante, tant d’un point de vue artistique que commercial, grâce à un concept clair, une recherche méticuleuse, des enregistrements inédits de trésors oubliés et un marketing qui va droit au but. La recette semble plaire au plus grand nombre : fans, critiques et gestionnaires de labels.

Cecilia Bartoli sings Vivaldi 1 of 6

 

Fluidité des genres

L’album Sacrificium (2009) est une collection d’arias oubliées (et de quelques tubes) pour castrats. Il représente bien la « formule Bartoli » : un concept intrigant (hommes castrés !), une musique fabuleuse (Porpora ! Caldara ! Graun !) et une campagne de marketing des plus percutantes. Heureusement, en mezzo digne de ce nom, Bartoli ne rechigne pas à enfiler tenue sur tenue et à se laisser poser une barbe ! Et puis, il faut dire que son chant est parfait.

Cecilia Bartoli - Son Qual Nave (FULL STUDIO RECORDING)

 

Prise de risque

Son travail d’historienne de la musique a alimenté la controverse. Après un album et une tournée dédiés à Maria Malibran, la chanteuse légendaire du XIXe siècle, Bartoli s’est distinguée dans les rôles de belcanto d’Amina (La Sonnambula) et de Norma, d’ordinaire confiés à des sopranos. Elle estimait que sa voix était plus proche de celle des femmes qui avaient créé ces rôles. Tous ne sont pas d’accord, mais une chose est sûre : ses interprétations nous font toujours vibrer et font couler beaucoup d’encre !

Cecilia Bartoli, le nouveau visage de Norma - musica

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