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LES FICELLES METHODOLOGIQUES DE SETH SIEGELAUB

par SARA MARTINETTI, historienne de l’art et commissaire d’exposition, doctorante à l’École des hautes études en sciences sociales et chargée d’études à l’Institut national d’histoire de l’art (Paris)

Seth Siegelaub (1941, New York–2013, Bâle) est connu des historiens de l’art pour sa contribution séminale à l’art conceptuel à New York dans la seconde moitié des années 1960 et pour les expositions – sous forme de catalogue – qu’il a conçues. S’il prend en 1972 une retraite anticipée du monde de l’art, c’est pour prolonger sa recherche dans d’autres domaines, les théories et pratiques marxistes des médias de masse et l’histoire de la littérature sur les textiles, en développant des centres de recherche indépendants, bibliothèques, bibliographies et publications. Au-delà des murs de la galerie qu’il a écartés et des frontières disciplinaires qui rendent incompréhensible son travail, nous présenterons trois des méthodologies structurant l’entreprise globale de dissémination des idées initiées par Siegelaub : exposer, publier, bibliographier