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Chaque année, de nombreux écrivains sont assassinés, emprisonnés ou réduits au silence par des régimes dictatoriaux. L’un d’entre eux est le poète palestino-saoudien Ashraf Fayadh. En 2015, il a été condamné à mort par l’Arabie Saoudite pour avoir écrit de la « poésie blasphématoire ». Les protestations internationales ont permis de réduire la peine de mort à huit années d’emprisonnement et à 16 fois 50 coups de fouet.

Le temps d’une soirée et d’un débat au Palais des Beaux-Arts, des écrivains belges et étrangers rendent hommage à leur collègue emprisonné en présentant un recueil de poèmes qui lui sont dédiés : (plus que) 16 fois 50 mots pour Ashraf (PEN Vlaanderen/PEN Belgique Centre francophone, 2016).
Avec Fatena Al-GhorraSven Cooremans, Charles Ducal, Annemarie Estor, Corinne Hoex, Peter Holvoet-Hanssen, Jean Jauniaux, Karel Logist, Caroline Lamarche, Peter Theunynck, Joke Van Leeuwen, Laurence Vielle, Bart Vonck et Sam Joris.

À la demande de BOZAR et PEN, le célèbre écrivain irakien Ali Bader a écrit un plaidoyer sur l’écriture en temps de guerre et sous la dictature. Celui-ci appelle à une révolution culturelle dans le monde arabe. Après sa conférence, un débat aura lieu avec des collègues-écrivains et des activistes autour des opinions exprimées. L'écrivain érythréenSulaiman Addonia, l'écrivaine flamande Annelies Verbeke ainsi que l'activiste Mario Franssen participeront au débat. La modération sera assurée par Ine Roox, journaliste (De Standaard).

Ashraf Fayadh est un poète, artiste et commissaire palestinien condamné à mort par décapitation pour apostasie. Les charges retenues contre lui font suite à des plaintes concernant les thèmes supposément blasphématoires et encourageant l’athéisme du recueil de poèmes Instructions Within. En 2016, sa condamnation à mort a été annulée et la cour l’a condamné à une peine de huit mois de prison et 800 coups de fouet. Les poèmes d’Ashraf sont des ruminations sur sa vie en tant que réfugié palestinien, ainsi que sur des questions culturelles et philosophiques.

Ali Bader est né à Bagdad et vit aujourd’hui à Bruxelles. Grand chroniqueur de la petite histoire irakienne, il a publié onze romans depuis le début des années 2000, parvenant à s’imposer comme l’une des voix les plus originales de sa génération. Papa Sartre (Éd. Seuil, 2014), qui a été couronné par plusieurs prix littéraires dans le monde arabe, est la première de ses œuvres à être traduite en français. Son dernier roman s’intitule Le musicien des nuages (2016).

Sulaiman S.M.Y. Addonia est britannique. Il est né en Érythrée d’une mère érythréenne et d’un père éthiopien. Les premières années de sa vie, il les a passées dans un camp de réfugiés au Soudan, après le massacre d’Om Hajar en 1976. Alors qu’il était un jeune adolescent, il est parti vivre et étudier à Djeddah, en Arabie saoudite. Son premier roman, The Consequences of Love / Les Amants de la mer Rouge, a été sélectionné pour le Commonwealth Writers’ Prize et a été traduit dans plus de 20 langues. Sulaiman Addonia vit actuellement à Bruxelles, où il écrit un nouveau roman.

Annelies Verbeke fait partie des jeunes écrivains flamands qui recueillent un grand succès. Slaap ! (2003), son premier roman, a été traduit en 22 langues dont le français (Dors !, Mercure de France. Elle écrit par ailleurs des scénarios et des textes pour la scène. On lui doit une anthologie de nouvelles (Naar de stad, 2012), qui a reçu un accueil enthousiaste. En 2015 a vu le jour Dertig dagen (Trente jours).