13

La nuit tombe sur Beyrouth. Fadi, un homme d’une quarantaine d’années, accompagné par un ami, se rend à l’aéroport. Il est supposé s’absenter pour un mois. Mais au lieu de prendre l’avion, il loue une voiture, quitte Beyrouth, prend l’autoroute du nord et s’engage sur une route montagneuse. 

Né à Dakar, Sénégal. En dehors de ses propres réalisations, Ghassan Salhab collabore à l’écriture de scénarios, et enseigne dans différentes universités au Liban. Il a réalisé six longs métrages : Beyrouth fantôme (1998); Terra Incognita (2002); Le dernier homme (2006); 1958 (2009); La Montagne (2011) et La Vallée (2014)… tous sélectionnés dans différents festivals internationaux. Auteur par ailleurs d’un ouvrage Fragments du Livre du naufrage (2012, Amers Editions), et de plusieurs textes publiés dans des revues spécialisées.


Dans le cadre de Moussem Cities : Beirut (08 > 11/02), BOZAR veut attirer l’attention du public bruxellois sur la représentation de la ville de Beyrouth et du Liban dans les films de deux auteurs libanais : Vatche Boulghourjian et Ghassan Salhab.   Entre cinéma d’auteur et de divertissement, l’expression cinématographique libanaise aborde des questions délicates du discours sociopolitique du pays. Le trouble identitaire, le drame du deuil restant encore à faire, l’absence d’une Histoire officielle et la destruction matérielle et morale reviennent souvent dans les films libanais depuis les années 70, avec les cinéastes Maroun Bagdadi (Beyrouth Oh Beyrouth, Petites guerres), Borhane Alaoui (Beyrouth la rencontre), Jean Chamoun (Tal Al Zaatar) et Jocelyne Saab (Il était une fois Beyrouth, Une vie suspendue).

Dès les années 90, la génération des cinéastes qui ont vécu la guerre décident de porter à l’écran l’après-guerre. Le cinéaste, artiste et poète Ghassan Salhab s’inscrit dans ce cadre, en réalisant, au cours des années, six longs-métrages, une série de films d’art et d’essai, de documentaires, d’installations et de livres. Son style puise son inspiration dans le cinéma européen de grands maîtres comme Robert Bresson, Jean-Luc Godard et Michelangelo Antonioni. Dans ses films, Beyrouth est un état d’esprit qui se matérialise à travers des personnages errant dans les rues de la capitale et choisissant l’isolement.

Formés dans leur pays, les cinéastes de la dernière génération regardent encore le passé et s’interrogent sur le présent et l’avenir des Libanais.    En partenariat avec Moussem Nomadic Art Center, BOZAR propose la Première du dernier film de Vatche Boulghourjian, Tramontane, lauréat du Prix Spécial du Jury lors de la dernière édition du Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles, en salle à partir du 14 février avec Cinemien, et le Focus sur Ghassan Salhab avec la projection de Terra Incognita (2002) et La Montagne (2011). Les réalisateurs seront présents à l’occasion des projections.