21

Charlemagne Palestine en conversation avec Michel Baudson.

En 1974, le dessinateur belge Hergé, grand amateur d’art d’avant-garde américain, et Karel Geirlandt, nouveau directeur du Palais des Beaux-Arts, invitent Charlemagne Palestine à venir se produire à Bruxelles. En séjour de prospection à New York, ils viennent de découvrir l’artiste lors de l’une de ses performances, et sont impressionnés par le caractère total de son travail et par la puissance physique de sa représentation. Entouré d’une multitude d’animaux en peluche disposés comme autant d’alter ego sacrés, Charlemagne martèle jusqu’à la transe les touches de son piano. Marquant l’entrée en fonction du directeur récemment nommé, le concert bruxellois laissera un souvenir durable à tous ceux qui y assisteront.

Quarante-quatre ans plus tard, l’artiste total (Gesamtkünstler) retrouve le Palais des Beaux-Arts - conçu il y a un siècle déjà par l’architecte Victor Horta comme une oeuvre d’art et d’architecture (Gesamtkunstwerk) - et y installe son « CharleWorld », un univers où ses oeuvres déroulent des histoires animistes et des récits d’aventures venant provoquer les volumes sobres du bâtiment. Les étincelles magiques produites par cette rencontre sont multipliées à l’infini dans des salles transformées en monde émerveillé.

Le titre de l’exposition, AA SSCHMMETTRROOSSPPECCTIVVE, est un jeu de mot yiddish qui tourne en dérision le projet fini de la rétrospective classique et austère pour ouvrir tout grand le champ des possibles et des explorations futures de l’artiste.

 

Voir aussi