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L'intégrale des Symphonies de Schubert, qu'il achève cette saison, pourrait bien résumer la manière dont Walter Weller a pris en main les musiciens de
l'Orchestre National. Il n'y a guère, avec Mozart et Haydn, de meilleur répertoire pour faire travailler un orchestre en profondeur. Ici, aucun musicien ne peut se cacher derrière son voisin pour rendre à un phrasé, un thème, une couleur, toute sa pureté, sa beauté, sa simplicité. C'était aussi pour Weller l'occasion de faire profiter la phalange belge de son immense expérience viennoise - comme chambriste et comme cheville ouvrière du Philharmonique de Vienne, connu pour la beauté sublime de ses cordes, sa souplesse d'utilisation et son autonomie. Quelle meilleure invitation à la maturité, à l'indépendance artistique ? Et tout de suite cela s'entend dans des répertoires limitrophes : Glazounov, avec une sonorité pleine, chaude, vibrante ; Martinu, tout à l'élégance des sonorités d'Europe centrale. On l'aura compris : Walter Weller veut se sentir à l'ONB comme chez lui, en préalable à une hospitalité qui risque vite de n'avoir pas de prix. Voyez cette saison déjà : Radu Lupu, un monstre sacré de sa trempe, et de ces jeunes qui savent vous conserver jeune éternellement : Isabelle Faust, Boris Berezovsky, Severin von Eckardstein. Quelle élégance !

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