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Belgian National OrchestraHugh Wolff direction – Augustin Hadelich violon

Programme

Sensemayá, R.48, 67 Silvestre Revueltas
Concerto pour violon et orchestre n° 2, Sz. 112 Béla Bartók
Symphonie n° 6, op. 74, "Pathétique" Pyotr Tchaïkovsky


«Le serpent […] Tue-le ! Allez, Tue-le !» Dans le poème Sensemayá (1934), l’écrivain cubain Nicolás Guillén évoque la danse rituelle du serpent dans le palo, une religion afro-caribéenne. Les rythmes possédés du compositeur mexicain Silvestre Revueltas, dont les idéaux révolutionnaires ont été alimentés tandis qu’il séjournait en Espagne en pleine guerre civile (1936-39), évoquent un rituel d’offrande où la mort du reptile sert à guérir l’humanité.

C’est sous la même menace de la montée du fascisme que Bartók, peu avant son émigration forcée en Amérique, compose son Deuxième Concerto pour violon (1938). Tout comme Revueltas, Bartók s’inspire de la musique populaire. Ce concerto créé en 1939 par son ami Zoltán Székely sera interprété ce soir par Augustin Hadelich, sacré «Instrumentiste de l’année 2017» par Musical America.

La Sixième Symphonie (1893) de Tchaïkovsky ajoute une autre passion interdite au programme. « Le voir, l’entendre, le sentir proche de moi … est nécessaire à mon bonheur. » La Sixième du grand maître russe, intitulée « Pathétique », est dédiée à Vladimir – Bob – Davydov, son neveu et amant secret. Tchaïkovsky décède quelques jours après la première. Dans son testament, il nomme Bob héritier de ses droits musicaux.