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Avec une placidité digne d’un Johnny Cash italobelge, il nous prévient d’entrée dans une protest song au texte subtilement acide :  « C’est trop facile, dis-tu, de tout peindre en bleu / Que du pipeau pour endormir les braves gens/ Mais si tu trouves que mes dires sont futiles / Et si tu penses que je me complais dans des refrains, des rengaines trop faciles... ». Adressée à un hypothétique « rebelle » qui, « du haut de ses vingt ans », condamne sans appel l’Adamo de « Tombe la neige » et des « Filles du bord de mer » aux oubliettes du romantisme fleur bleue, la chanson a de la gueule.
Du chien. Chaque parole est ciselée comme un scud drapé de velours. La mélodie pop-rock, discrètement chaloupée, trace sa route avec l’implacable bonhomie d’un classique millésimé sixties. Et les somptueux arrangements, comme ceux de tout l’album, sont signés Clément Ducol et Maxime Le Guil, deux réalisateurs surdoués de la chanson française qui en remontreraient facilement, en matière de modernité et de son, à n’importe quelle « nouvelle révélation » trendy. Bref, Adamo revient avec un vingt-cinquième album studio sous le bras et il n’est pas content.
Enfin, disons qu’à 74 ans, il a des choses à dire, et qu’il ne se gêne pas pour les dire, avec la modeste et pudique élégance qu’on lui a toujours connue et dont on lui est infiniment gré. Trop influencés par cette image de chanteur candide qui lui colle à la peau et qu’il ne renie pas, on a parfois oublié qu’il fut l’un des premiers à dénoncer le franquisme dans « Manuel » et écrivit « Inch’ Allah », chanson pour la paix, juste avant que n’éclate la Guerre des Six Jours.

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