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Moyens scientifiques et artistiques pour structurer le chaos

Les mathématiques, les statistiques et l’accumulation de données sont-elles les moyens ultimes d’organiser ce qui semble être des phénomènes aléatoires ? Peut-être que oui. Peut-être que non. On retrouve dans le domaine des arts d’autres dimensions d’organisation de phénomènes apparemment aléatoires et du chaos.

Cette rencontre Crosstalks explore les approches scientifiques et artistiques de la gestion de la complexité présentées par des experts de la science, des plasticiens et des musiciens.


15:00 Introduction par Jean Paul Van Bendegem (philosophe / mathématicien, VUB)

15:05 Marleen Wynants (Directrice VUB Crosstalks): The first computers were women

15:30 Conférence de Lawrence Malstaf (artiste, dont la performance et installation EXHALE sera montrée le 28 avril): The anti-automaton

Présentation des aspects de sa pratique d’installations artistiques intégrant des objets animés, des anti-automates et du hasard. Le travail de Lawrence Malstaf se situe à la frontière entre l’art visuel et théâtral. Il développe des installations et des performances qui accordent une importance particulière au mouvement, au hasard, à l’ordre et au chaos, ainsi que des pièces immersives sensorielles pour visiteurs individuels. Il crée aussi des environnements mobiles de plus grande taille qui évoquent l’espace et l’orientation et utilisent souvent le visiteur comme co-acteur. Ses projets prennent la physique et la technologie comme points de départ, sources d’inspiration ou pour activer les installations. Malstaf est aussi un scénographe renommé dans le monde de la danse et du théâtre.

15:50 Michel Tombroff (ULB, University of California Santa Barbara): Tautological Limitations in Conceptual Art: A Proposal to Represent the Beauty of Truth

Nous présentons une critique de la tradition analytique de l’art conceptuel, et plus spécifiquement de la dérive tautologique qui a poussé celui-ci à se distancer des conditions esthétiques minimales et essentielles nécessaires à une expérience démocratique de l’œuvre d’art. Ensuite, nous proposons d’utiliser les mathématiques, en particulier la théorie des ensembles infinis inventée par Georg Cantor et élevée au statut d’ontologie par Alain Badiou, en tant que fondement esthétique de l’art conceptuel pour le libérer de ses limitations tautologiques et réaffirmer son ambition esthétique. Enfin, nous présentons quelques œuvres récentes visant à tester la validité empirique de cette théorie.

16:10 André Ariew (University of Missouri): Abstract statistical ideas made simple: The case of Francis Galton’s quincunx

Parfois, les concepts statistiques intimidants et abstraits peuvent être présentés de manière simple. Je prouverai ceci à l’aide d’un chapitre important de l’histoire de la biologie. Francis Galton a fabriqué un dispositif appelé « quincunx » pour expliquer le phénomène de la réversion. Grâce au quincunx, Galton a montré que la réversion est un phénomène purement statistique plutôt que – comme le prétendait Charles Darwin – biologique. Malgré sa simplicité, la présentation de Galton allait avoir des implications profondes sur le développement de la biologie évolutionnaire et des statistiques.

16:40 Q&A + pause

17:00 Isar Goyvaerts (VUB): Symmetry in music: A means of exploring the modern Western classical repertoire

Pour bon nombre de personnes, une bonne partie de la musique classique occidentale des XXe et XXIe siècles semble « chaotique » à la première écoute. Lorsqu’on la compare à des compositions d’autres époques, cette musique paraît étrange et donne peu envie d’être écoutée une seconde fois. Cette conférence s’intéresse à deux courtes pièces de deux compositeurs différents et tente de montrer comment certains concepts mathématiques peuvent aider à explorer (une partie de) ce répertoire moderne. Aucune connaissance théorique musicale ou mathématique n’est requise pour assister à cette conférence.

17:30 Bruno Letort (Ars Musica) : Le Pavillon Philips : Fusion des Arts ?

À la demande de la compagnie Philips, Le Corbusier propose de créer un Poème électronique pour l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958. C’est un collage de projections et d’ambiances colorées, qui fait un bilan du monde moderne en huit minutes, accompagné d’une musique « concrète » d’Edgar Varèse. Il est abrité dans un grand espace noir dont la conception est confiée à Iannis Xenakis qui en profite pour expérimenter pleinement des coques minces en béton pour la couverture. Ce pavillon fut pour les trois créateurs (Varèse, Le Corbusier et Xenakis) l’occasion d’expérimenter tout ce qui se faisait de plus avant-gardiste, dans le domaine des technologies de la création artistique.

18:00 Discussion ouverte

18:30 Festival cocktail