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Plus de dix ans après sa mort, Dmitri Prigov (°1940, Moscou – 2007, Moscou), artiste russe et poète très prolifique doté d’un esprit fin et d’une grande profondeur, reste largement méconnu en Europe. Dissident et non conformiste, Dmitri Prigov a été au centre du conceptualisme moscovite à partir des années 70. Avec Iliya Kabakov, Erik Bulatov et d’autres, il fait partie d’une génération d’artistes qui entendaient rompre avec les discours et l’iconographie grandioses de l’histoire (soviétique), en ridiculisant la vacuité de ses messages et en jouant avec eux. Si l’on se souvient aujourd’hui de lui comme d’un poète, Prigov était en fait un artiste polyvalent, tel Dante, qui touchait à l’art graphique, à la sculpture, à l’installation, à la performance, à l’art vidéo, à la théorie culturelle et à la musique.

 

Comment se fait-il que Prigov ne soit que rarement inclus dans le canon européen de l’histoire de l’art du XXe siècle ? Pourquoi ses œuvres sont-elles si peu présentées dans les musées européens et dans les grandes expositions internationales ? Qui est Prigov et quelle est sa place dans le panthéon des artistes et intellectuels européens ? Ces questions, et d’autres, seront abordées lors d’une discussion avec Irina Prokhorova, critique littéraire et historienne, responsable du magazine et de la maison d’édition NLO à Moscou et fervente admiratrice de Prigov, Nicolas Liucci-Goutnikov, commissaire de l’exposition « KOLLEKTSIA! Art contemporain en URSS et en Russie 1950-2000 » en 2016 au Centre Pompidou de Paris, et Elena Sorokina, historienne de l'art et commissaire d'exposition pour l'Institut Supérieur des Beaux-Arts (HISK).