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La révolution de mai 68 est indissociable de la « révolution sexuelle », qui a commencé à la fin des années 50. Le slogan « Faites l’amour, pas la guerre » associe le personnel (l’érotique) au social (le politique). Utilisé lors de manifestations contre la guerre au Vietnam, il est devenu très populaire dans la contre-culture américaine. Le rejet du mariage monogame, en tant qu’instrument d’un système autoritaire patriarcal, trouve son origine dans les idées de penseurs tels qu’Emma Goldman et Wilhelm Reich. C’est ce dernier, un élève de Sigmund Freud, qui a utilisé pour la première fois l’expression « révolution sexuelle » en 1936 .
Un mois après mai 68, le pape Paul VI a publié la tristement célèbre encyclique Humanae vitae. L’interdiction de toute forme de contraception a vidé les églises.

La professeure britannique Alana Harris a écrit un livre qui explique le « schisme » de 68. Il est frappant de constater que ce sont les mêmes évêques décriés par les étudiants de Louvain qui menaient au Vatican un combat – vain – pour convaincre le pape d’autoriser la pilule. Le jeune historien anversois Wannes Dupont s’est penché sur ce paradoxe.
Chantal De Smet était à l’origine des Dolle Minas, le premier groupe féministe de notre pays. Avec la réalisatrice et performeuse Saddie Choua, nous aborderons le fil conducteur de la révolution sexuelle de 68 au mouvement #metoo d’aujourd’hui.
Discussion modérée par Cathérine Ongenae.

Le saviez-vous ?

  • Travailleurs culturels de tous les pays, unissez-vous !

    Mai ‘68 s’est étendu au Palais des Beaux-Arts. Dans la soirée du 28 mai 1968, des artistes et écrivains s’étaient rassemblés dans un café bruxellois. Tous voulaient marquer le coup avec une action collective immédiate... Et quelle action !

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  • « Les hommes peuvent participer, si les femmes mènent la danse »

    En mai 1968, des jeunes progressistes se sont révoltés. Leurs revendications ? Avoir davantage voix au chapitre et lutter contre le statu quo. « En Flandre, le combat a commencé plus tôt. Nous étions en avance sur le reste du monde », explique Chantal De Smet, ancienne « Dolle Mina ».

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  • Cuisiner avec le coeur

    Collectactif organise des tables d’hôtes, deux fois par semaine, ouvertes à tous. Le prix du repas – délicieux et équitable – est libre : les gens paient ce qu’ils veulent, ce qu’ils peuvent.

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