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Le 2 mai 1968, la revue d’extrême droite Minute écrivait : « Ce Cohn-Bendit, parce qu’il est juif et allemand, se prend pour un nouveau Karl Marx. »
Dans l’Humanité, le journal du parti communiste, Georges Marchais écrivait que les étudiants étaient dirigés « par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit ».
Le lendemain, les étudiants de la Sorbonne ont répliqué : « Nous sommes tous des juifs allemands ».
Paul Goossens, leader étudiant à Louvain en 1968, est revenu sur ce slogan dans un essai remarquable dans « De Standaard » : « Ce n’était pas une opposition gratuite aux autorités mais un slogan qui présentait un nouveau “nous”. Ni ethnique, ni national, ni religieux. Un “nous” qui voulait en finir pour de bon avec les racines de l’Holocauste et de l’autodestruction européenne. C’était notre “plus jamais ça”. C’était notre alternative aux nations, aux États et aux régimes qui se croyaient tellement supérieurs qu’ils s’imposaient à coup de guerres, de camps de concentration et de dictatures. Nous avons ainsi renoué avec l’esprit des Lumières, mais aussi insufflé un nouvel élan au  projet multinational de l’Union européenne. »

D’après l’historien américain Samuel Moyn, les droits de l’homme sont notre dernière utopie. Mais ils restent sous pression. Comment pouvons-nous les préserver ? Devons-nous les actualiser ? Et la lutte pour plus de droits de l’homme peut-elle être dissociée du combat pour plus d’égalité ?
La professeure à l’ULB Justine Lacroix est une éminente spécialiste des droits de l’homme. Sergio Jaramillo Caro est l’ambassadeur de Colombie en Belgique. Il jouit d’une riche expérience puisqu’il a dirigé les négociations entre le gouvernement colombien et les rebelles armés des FARC en 2017. Brigitte Herremans est Policy officer Middle East and North Africa à BOZAR.
Discussion modérée par Karl van den Broeck (BOZAR).

Le saviez-vous ?

  • Travailleurs culturels de tous les pays, unissez-vous !

    Mai ‘68 s’est étendu au Palais des Beaux-Arts. Dans la soirée du 28 mai 1968, des artistes et écrivains s’étaient rassemblés dans un café bruxellois. Tous voulaient marquer le coup avec une action collective immédiate... Et quelle action !

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  • Cuisiner avec le coeur

    Collectactif organise des tables d’hôtes, deux fois par semaine, ouvertes à tous. Le prix du repas – délicieux et équitable – est libre : les gens paient ce qu’ils veulent, ce qu’ils peuvent.

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  • « Il n'y a pas de droits de l'homme sans justice sociale »

    « Trump Isn’t a Threat to Our Democracy. Hysteria Is. » Tel est le titre de l’article d’opinion publié par Samuel Moyn dans The New York Times, un an après l’investiture du nouveau président américain. Mais détrompez-vous, Moyn n’est pas un fan de Donald.

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