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"Une inconnue lit et commente les lettres qu’elle reçoit d’un ami - un caméraman indépendant qui voyage à travers le monde et qui est particulièrement attaché aux «deux extrêmes de la survie» : le Japon et l’Afrique (représentée ici par la Guinée Bissau et les îles du Cap-Vert). Le caméraman se questionne (comme le font les cameramen, du moins ceux que l'on voit dans les films) sur la signification de cette représentation du monde dont il est l'instrument et sur le rôle de la mémoire qu'il contribue à créer. Un de ses amis japonais donne sa réponse en attaquant les images de la mémoire, en les brisant sur le synthétiseur. Un cinéaste saisit cette situation et en fait un film, mais plutôt que de présenter les personnages et de montrer leurs relations, réelles ou supposées, il préfère mettre en avant les éléments du dossier à la manière d’une composition musicale, avec des thèmes récurrents , des contrepoints et des fugues en miroir: les lettres, les commentaires, les images recueillies, les images créées, ainsi que certaines images empruntées. De cette manière, naît de ces souvenirs juxtaposés un souvenir fictif." (Chris Marker)