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Dans l'immédiat après-guerre en 1918, les nouveaux états post-impériaux d'Europe Centrale, de l'Est et du Sud-ouest s'engagèrent dans le projet ambitieux de créer des villes nouvelles et des capitales nationales. Cherchant à remédier aux destructions occasionnées par la guerre et poussées par l'envie de moderniser les villes et d'intégrer un nouveau discours national dans l'urbanisme des nouvelles capitales, les gouvernements s'entourèrent, dans l'entre-deux guerres, d'architectes et d'urbanistes pour lancer une politique de transformation radicale des villes impériales multi-ethniques. C'est en retraçant l'histoire des visions concurrentes dans la construction de ces capitales et autres villes, que nous avons pu faire émerger les multiples tensions qui y présidèrent, entre la recherche d'une identité nationale, l'aspiration à l'européanisation et un élan de modernisation encouragé par l'admiration transnationale des technologies modernes. Telles sont les nombreuses contradictions qui ont façonné les villes européennes de Prague ou Bucarest, Bratislava ou Sarajevo, Budapest ou Kaunas. 

L'objectif de cette conférence internationale de deux jours est de revenir sur les recherches récentes et de s'interroger sur la manière dont l'histoire de ces villes pourrait être écrite aujourd'hui, au-delà de la construction d'un récit national ou d'une célébration de l’expérimentation avant-gardiste. Les nationalismes et les modernismes ne furent pas les seuls ressorts poussant au développement de ces lieux certes différents, mais interconnectés. Quelles sont les autres forces qui ont redessiné les villes de l'entre-deux guerres dans l'Europe Centrale, de l'Est et du Sud-ouest ? Quel est le rôle de l'héritage impérial dans chaque cas ? Quel rôle ont joué les nouvelles technologies et infrastructures, les nouveaux matériaux ? Comment les pratiques immatérielles héritées du passé et l'apparition de nouveaux objets dans la vie quotidienne ont-elles participé à la création de nouvelles versions nationales de la modernité ?  

Conférences d'ouverture par Martin Kohlrausch (KU Leuven).

PROGRAMME 16/11

11.00 - 13.00 DIALOGUE 1: NOUVELLES CAPITALES DE NOUVEAUX ÉTATS : HELSINKI ET KAUNAS 
Laura KOLBE – Au lendemain de la Guerre civile à Helsinki en 1918: Pro Helsingfors – Plan général et le fantasme d'une capitale moderne
Marija DREMAITE – Architecture de l’optimisme : le phénomène Kaunas 1919-1939

PAUSE DÉJEUNER

14.00 - 16.00 DIALOGUE 2: ARCHITECTURE NATIONALE (?) ARCHITECTURE PAR DES ARCHITECTES TRANSATIONAUX À TALLINN ET ZAGREB
Mart KALM – Architecture de l'entre-deux-guerres à Tallinn : est-elle uniquement estoniennes ? 
 KLARIN – Les concours comme moyen d'échange de théories et de pratiques de planification urbanistique dans la Croatie de l'entre-deux guerres

18.00 - 20.00 CONFÉRENCE A LA MAISON DE L'HISTOIRE EUROPEENNE ​(Rue Belliard 135, 1000 Bruxelles)
Martin KOHLRAUSCH – Les architectes modernistes et l’expérience de l’Europe centrale durant l’entre-guerre

PROGRAMME 17/11

11.00 - 13.00 DIALOGUE 3: CAPITALES EN EXPANSION : RIGA ET BUCAREST
Carmen POPESCU – Une histoire de deux modernités : l'architecture à Bucarest dans l'entre-deux guerres.
Ieva ZIBARTE  (National Library of Latvia)– Repousser les limites : le quartier Teika à Riga. 

PAUSE DÉJEUNER

14.00 - 16.00 DIALOGUE 4: VISIONS CONCURRENTES DE MODERNITÉ : BUDAPEST, GDYNIA ET LVIV
Andras FERKAI – La Hongrie : entre mythe national et modèles internationaux
Andrzej SZCZERSKI – La modernité et la nouvelle Pologne : les cas Gdynia et Lviv  

PAUSE CAFÉ

16.30 - 18.30 DIALOGUE 5: EXPÉRIMENTATION SOCIALE ET ARCHITECTURALE:  PRAGUE, LUBLJANA, ZLIN ET BRNO
Bogo ZUPANČIČ – Bâtir une capital - Plečnik's Ljubljana
Vladimír ŠLAPETA  – Brno et Zlín, villes d'architecture moderne en Tchécoslovaquie.