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L’année 2019 marque le centenaire de la paix à Versailles et elle va voir se tenir des élections européennes dont le sens et le résultat seront particulièrement délicats. Cette collision symbolique  nous a semblé un moment tout particulièrement indiqué pour remonter le courant de l’histoire européenne jusqu’au point où tout a peut-être commencé, où tout était peut-être déjà irrémédiablement écrit ? Quoi qu’il en soit c’est un moment particulièrement indiqué pour tenter d’aller « à rebours » au fil de quatre rencontres qui nous proposent de nous pencher sur quatre dates de l’histoire européenne récente. Ce sont des dates carrefours, dont l’écho résonne jusque dans notre présent car, à chacune d’elles, une voie fut choisie qui a dessiné, en s’additionnant aux autres, le chemin nous ayant conduits à l’Europe qui est la nôtre aujourd’hui.

Remonter le temps, chacun le sait parfaitement, n’a jamais permis de le modifier. Ces dates appartiennent désormais à l’histoire. C’est donc à des historiens que nous avons demandé, au cours de ces quatre rencontres, de remonter le fil qui relie ce passé immuable à un présent qui lui, en revanche, est peut-être encore modifiable. Certes la machine à remonter le temps n’admet pas qu’on intervienne sur ce qui a déjà eu lieu, mais elle consent, elle nous engage, même, à agir pour peser sur l’avenir, forts non pas d’une émotion superficielle produite par l’écume du présent, mais d’une compréhension la plus complète possible du passé. Notre « ange de l’histoire », en quelque sorte, à la différence de celui de Walter Benjamin, ne veut pas être emporté par des vents tempétueux. Il a regard planté, bien droit, devant lui.

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