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Ron Athey performeur, concept – Sean Griffin mise en scène – Opera Povera Environnement sonore – Hermes Pittakos masque – Christian Landon perruques – Graham Kolbeins vidéographie – Antigona Gonzalez éclairages – Ediger-Seto Robin A. vidéographie

Vivant aujourd’hui dans l’Amérique de Trump, le body artist californien Ron Athey éprouve la nécessité pour un artiste, face à la montée du fascisme, d’inventer des rituels. Il s’inspire de la société secrète que l’écrivain Georges Bataille avait initiée sous l’occupation nazie et assemble dans Acephalous Monster des textes de Bataille, mais aussi du poète beat Brion Gysin et de la performeure et musicienne Genesis P-Orridge. Il convoque également les figures du Minotaure, d’Hitler et de Louis XVI de France. Ainsi accompagné, il peut entrer dans l’ère de « la mort de Dieu » que prophétisait Nietzche. Dieu est à vrai dire mort depuis longtemps dans l’univers de l’artiste, qui a, lui, survécu à l’endoctrinement religieux de son enfance, au SIDA qui a marqué son œuvre, et à l’extrême droite américaine qui voulait sa peau. Seule la perturbation est efficace, pense Athey, qui pour perturber dispose de sa voix de prédicateur dévoyé, de son corps étrangement modifié et harnaché, et de son savoir-faire des images inoubliables, entre retables chrétiens et attractions de foire.

 

Une commande du Performance Space (New York). Une coprésentation du Studio Thor et de Bozar pour le festival Trouble #10.