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​​​​​​​En presence du réalisateur.
​​​​​​​(Q&A en Français)

Song for the Jungle 
​​​​​​​« Je ne saurai jamais “ce que peut le cinéma”, à part ceci : il permet à ceux et à celles qui le fabriquent, s’ils en ont le courage, de partager avec d’autres des moments de travail et de vie que la vie “réelle” ne permet que rarement. » Joignant l’acte à la parole, Jean-Gabriel Périot donne à voir une réalité sociale ancrée, que nous nous employons à ne pas regarder en face. Il plante sa caméra à Calais, quelques semaines avant le démantèlement de La Jungle, le lieu de vie ou de passage de milliers de migrants. Ils attendent de se rendre en Angleterre, ou simplement de croiser quelqu’un qui s’occuperaient enfin d’eux. Et ils errent dans ces paysages désolés, peut-être pour survivre à notre indifférence.

Nos Défaites (Our Defeats)
​​​​​​​En mai et juin 2018, Jean-Gabriel Périot a associé dix étudiants en cinéma d’un collège d’Ivry-sur-Seine à un projet artistique et politique. Les étudiants ont travaillé devant et derrière la caméra. Ils remettent en scène des grèves, des actes de résistance et des conflits sur le lieu de travail extraits de films réalisés entre la fin des années ‘60 et ’70, notamment par Jean-Luc Godard et Alain Tanner. Nos défaites présente le résultat de ce travail et y ajoute des interviews. Le réalisateur interroge les étudiants sur les scènes qu’ils viennent de jouer et sur des concepts tels que les classes sociales, les mouvements syndicaux, l’engagement politique et le contexte sociétal. Une approche simple et incisive qui offre aux spectateurs un aperçu de la manière dont une génération plus jeune perçoit la politique et le cinéma politique du passé.

Jean-Gabriel Périot explore dans son œuvre filmique les grandes thématiques socio-politiques des XXe et XXIe siècles en partant d’archives existantes et en y intégrant des témoignages et des rencontres. Il a développé son propre style de montage où « tout passe par le pouvoir des images, sans discours, sans commentaires : une pensée-cinéma ».
​​​​​​​Périot a réalisé de nombreux courts-métrages à la frontière du documentaire, de l’animation et de l’expérimental, ainsi que 4 longs-métrages : Nos défaites, De la joie dans ce combat, Lumières d’été, Une jeunesse allemande.
Le réalisateur a fait rejouer à l’identique par des jeunes d’aujourd’hui des scènes tirées de plusieurs œuvres du cinéma dit de Mai 1968 dont À bientôt, j’espère de Chris Marker et Mario Marret (1968).