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Un portrait de la Terre à l’Anthropocène. Ce documentaire visite 7 lieux qui ont été profondément métamorphosés par l’homme. Des montagnes entières déplacées en Californie, un tunnel découpé dans la roche au col du Brenner, une mine à ciel ouvert en Hongrie, une carrière de marbre en Italie, une mine de cuivre en Espagne, une mine de sel utilisée pour stocker des déchets radioactifs à Wolfenbüttel et un paysage de sables bitumineux au Canada. D’abord vus du ciel comme des peintures abstraites, ces lieux sont ensuite explorés à même le sol. Le film mêle des images de machines en marche à des échanges avec les travailleurs. Parallèlement aux témoignages sur le déroulement du travail, les dégâts environnementaux et les évolutions technologiques, Erde rend ce monde visible d’une manière unique en le dépouillant avec subtilité : des masses de matière grise, des collines, des montagnes. Les dimensions sont gigantesques, les proportions hors de contrôle : le monde échappe à l’entendement humain. « Il y a toujours une machine plus grande, un moteur plus puissant, et quand rien ne marche, il y a toujours la dynamite. On gagne toujours. » Vraiment ?  

Le documentariste autrichien Nikolaus Geyrhalter aborde de façon frontale les phénomènes sociaux en marge de notre perception avec une caméra statique aux compositions larges et géométriques. Qu'il s'agisse d'explorer le terrain de Tchernobyl (Pripyat) après la catastrophe, de réfléchir sur un monde post-humain (Homo Sapiens) ou d'enquêter sur la production alimentaire moderne (Our Daily Bread), les films de Geyrhalter sont tout simplement des œuvres d'art surprenantes. Uber die Jahre (Over the Years) a été montré à BOZAR en 2017.