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Quand j’ai combattu pour protéger ma terre et mon foyer, on a dit que j’étais un sauvage. 
Quand personne ne comprenait ni n’approuvait ma façon de vivre, on a dit que j’étais un fainéant. 
Quand je me suis efforcé de gouverner mon peuple, j’ai été dépouillé de mon autorité.

Chief Dan George,
1er juillet 1967

L’un des fléaux de la colonisation est l’expulsion par la force des peuples indigènes de leur territoire ancestral et leur réinstallation en périphérie des implantations non indigènes. Un rapport du gouvernement australien a noté en 1995 que « le sentiment de perte, le traumatisme et le chagrin non résolus associés aux expulsions forcées font partie des problèmes les plus graves auxquels sont aujourd’hui confrontées les populations indigènes. »
Tel est le contexte de la création de l’œuvre E Don Tey Wey We Dey, de Jelili Atiku, un artiste multimédia nigérian s’intéressant aux droits de l’homme et à la justice. La performance explore les thèmes de la guérison collective, de l’énergie, la force et l’enthousiasme retrouvés, de la connexion, ainsi que de la mémoire recouvrée des peuples indigènes et de leur patrimoine. Le Group Areas Act sud-africain est une référence majeure de cet œuvre ; il a favorisé l’expulsion des communautés noires et de couleur à Stellenbosch entre 1964 et 1970.
Le titre E Don Tey Wey We Dey, en pidgin nigérian, signifie littéralement « nous existons depuis longtemps ».