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16:00 - 17:00 : The Belgrade Phantom de Jovan Todorovic (Hungary, Serbia, Bulgaria, 2009, 80’)
En été 1979, alors que le Yougoslavie était encore dirigé par Tito, un jeune homme mystérieux défie les autorités en faisant des petites courses sauvages dans des voitures volées, en l’occurrence un Porsche blanche, à Belgrade, et ce uniquement la nuit. En provoquant la police ouvertement et en jouant avec elle au chat et à la souris, il est rapidement devenu un héros populaire. The Belgrade Phantom reconstruit les événements avec des images d’archives, des interviews et des situations mises en scène. Juste après le générique, on entend la voix du vrai Fantôme de Belgrade sur d’anciens enregistrements sur cassette. Les nouvelles images font entrer en scène un acteur à la coiffure branchée qui se retranche dans un silence profond. La bande sonore crée une véritable ambiance année ’70, et le mystère du Fantôme de Belgrade reste intact. Il est considéré comme un rebel without a cause, un James Dean yougoslave. Son comportement provocateur envers les autorités est après coup vu comme un signe du régime dictatorial en déclin. Finalement le Fantôme est arrêté de manière spectaculaire et condamné à une peine carcérale relativement courte. Peu de temps après son libération, il perd la vie dans des circonstances assez nébuleuses alors qu’il roulait dans une Lada volée.

19:30 - 20:30 : Le monde selon Ion B. d'Alexander Nanau (Roumanie, 2009, 60’)
Difficile d’imaginer le vagabond roumain Ion Barladeanu en illustre représentant du pop’art.  Ce sexagénaire, vivant en marge de la société, est pourtant le créateur de nombreux collages impressionnants qu’il a réalisés depuis les années 70.  Lorsque le galeriste Dan Popescu entendit parler de ces chefs-d’œuvre, il décida de prendre soin du sans-abri. Le documentariste Alexander Nanau suivit son étonnante histoire : l’exposition, le succès qu’elle rencontra, la reconnaissance internationale, mais aussi le retour de l’artiste dans son village natal, qu’il avait fui jadis pour échapper à sa famille qui voulait faire de lui un « ouvrier communiste ». Le film n’est pas seulement le portrait émouvant d’un homme au talent remarquable, mais il montre également à quel point la Roumanie reste encore aujourd’hui marquée par son récent passé communiste.

Dokufest 2010 - Best Balkan Documentary
GOPO Awards (Romanian National Film Awards) - Best Documentary 2010
www.theworldaccordingtoionb.com 

22:15 - 23:45 : Le village sans femmes de Srdjan Sarenac (Croatie/France, 2010, 83’)
Dans le Sud-Ouest de la Serbie, au sommet d’une montagne et à quatre kilomètres de la route la plus proche, les frères Jankovic sont demeurés dans le village de Zabrdje, où n’habite aucune femme. Dragan, Zoran et  Rodoljub, ainsi que leur voisin Velimir constituent l’ensemble de la population issue de ce qui fut jadis une communauté rurale animée. Ils vivent dans des conditions difficiles. Pas d’eau courante, pas de route, pas même la trace d’une présence féminine.  Zoran, l’aîné, rêve de se marier.  Mais aucune femme serbe ne se laisse convaincre et ne souhaite se rendre au village. La solution se trouve peut-être de l’autre côté des montagnes, en Albanie, qui connaît le problème inverse : beaucoup de femmes et peu d’hommes.  Mais le souvenir de la guerre menée au Kosovo contre les populations d’origine albanaise, est toujours présent dans les mémoires.

International Documentary Film Festival Amsterdam (IDFA) 2010
http://www.villagewithoutwomen.com