12

Rappelez-vous. Le livre de Salman Rushdie, Les versets sataniques, avait été jugé blasphématoire en 1989 par le Guide de la révolution iranienne, et son auteur fut frappé d’une fatwa. Salman Rushdie, britannique d’origine indienne, avait beau être l’une des figures majeures de la littérature contemporaine occidentale immergée dans le monde oriental, et le chantre de sa beauté et de ses paradoxes. Il fut contraint, malgré tout, à la clandestinité. Ces années de réclusion forcée sont au centre des mémoires qu’il publie chez Plon sous le titre énigmatique de Joseph Anton. Énigmatique ? Pas tout à fait, lorsque l’on connaît la passion de Salman Rushdie pour Joseph Conrad et Anton Tchekhov. La juxtaposition des deux prénoms vint à l’esprit de Rushdie lorsqu’on lui suggéra de prendre un pseudonyme consécutivement à la menace de mort qui pesait sur lui. Il revient sur cette période de sa vie à l’occasion d’une rencontre exceptionnelle au Palais.