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En 2012, les héritiers des pères fondateurs de l’Europe ont reçu le Prix Nobel de la Paix. Quelle fierté de voir comment l’Europe était parvenue, ces soixante dernières années, à préserver la paix, la réconciliation, la démocratie et le respect des droits de l’homme. Aujourd’hui, la nouvelle génération jette un regard soucieux vers les frontières de cette même Europe. Elle y voit la guerre, la dictature et la répression. La fierté a fait place à la peur.

L’Europe, terre promise pour de nombreux laisser-pour-comptes venus du sud ou de l’est, barricade ses frontières avec du barbelé et un discours impitoyable. L’Europe, autrefois brillant exemple aux yeux du monde entier, est en passe de devenir une citadelle fortifiée. Lentement mais sûrement, ses portes se referment.

Les Européens s’accrochent à leurs certitudes vacillantes, par crainte de perdre leur prospérité. Ils semblent même prêts à renoncer partiellement à la paix, à la réconciliation, à la démocratie et aux droits de l’homme.

La foi en une Union européenne capable de donner l’exemple au monde entier a-t-elle disparu ? La nouvelle génération portera-t-elle le flambeau transmis par ses aïeuls sur le chemin de la lumière ? Ou choisira-t-elle de prendre les armes pour tenir à distance tous ceux qui sont moins bien lotis ?

Par le biais du projet « Next Generation, Please ! », BOZAR souhaite offrir l’opportunité aux jeunes d’écrire l’histoire de l’Europe de demain, dans un nouveau langage développé avec le concours d’artistes, penseurs et de responsables politiques. Vont-ils inventer de nouvelles idées, écrire un nouveau chapitre européen ? Resteront-ils sans voix, incapables de trouver les mots justes ? Peut-être murmureront-ils... ou crieront-ils à haute voix.

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