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5 + 1 raisons de visiter l’expo Théodore van Loon

Theodore van Loon, Pietà
Theodore van Loon, Pietà
 

1. Lorsqu’on parle de « peintre baroque flamand », on pense immédiatement à Rubens. Et pourtant, bien d’autres talents étaient actifs dans la région au XVIIe siècle. Théodore van Loon était un artiste important mais moins connu. Loin de son contemporain Rubens, il a développé un style très personnel, inspiré par le travail des peintres italiens et le clair-obscur du Caravage. 

2. Théodore van Loon combinait l’accentuation des détails et des textures, typiquement flamande avec des éléments du style italien, comme des contrastes marqués entre la lumière et l’obscurité, des compositions soignées et des couleurs éclatantes. De manière théâtrale, ses personnages grandeur nature vous font presque entrer dans ces tableaux religieux. À l’époque de Van Loon, cette approche classique était très appréciée : il a ainsi reçu des commandes prestigieuses, tant des archiducs Albert et Isabelle que de différents ordres religieux de Bruxelles et d’ailleurs. Sa commande la plus connue est sans doute celle pour la basilique de Montaigu.

3. BOZAR a demandé à des artistes contemporains d’entrer en dialogue avec les toiles de Van Loon. L’artiste italien Romeo Castellucci ouvre l’exposition avec un autel sur lequel les mystérieux cheveux d’une prostituée ont été déposés en offrande. Le musicien et plasticien Joris Van de Moortel s’est inspiré de l’intensité émotionnelle du baroque, tandis que Jan Fabre présentera sa dernière installation-performance vidéo. L’artiste médiatique Yiannis Kranidiotis a composé un soundscape haut en couleur pour les tableaux de Van Loon, tandis qu’Honoré d’O s’attaque aux images et s’interroge sur le pouvoir de l’art.

4. Théodore van Loon : un caravagesque entre Rome et Bruxelles est la première exposition solo dédiée à Van Loon. Les œuvres exposées sont issues de musées internationaux, comme le Louvre, le Musée des Beaux-Arts de Rouen, le Kunstmuseum Basel, les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles et le M-Museum Leuven, ainsi que d’églises et de collections privées belges et étrangères. Spécialement pour l’exposition, dix œuvres ont été restaurées, dont cinq par l’Institut royal du patrimoine artistique (IRPA). Par l’intermédiaire de la Fondation Roi Baudouin, ce travail a été financé par le Fonds Baillet Latour. Jamais auparavant autant d’œuvres de Van Loon n’avaient été exposées au même endroit.  

5. Van Loon a peint ses œuvres religieuses pour des églises de Bruxelles et d’ailleurs et, pour ce faire, il a collaboré étroitement avec l’architecte Wenceslas Cobergher. Pour mettre en avant ce contexte architectural et historique, BOZAR a prévu des concerts in situ. De la musique du début du XVIIe siècle sera au programme à l’église Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage à Bruxelles, ainsi qu’à la basilique de Montaigu.  

6. L’art baroque était une manière de diffuser les récits de la Bible et la réponse de l’église catholique à l’iconoclasme du protestantisme. Quel statut a l’image, pourquoi a-t-elle dû être détruite, comment l’art pictural s’est-il relevé après la Furie iconoclaste ? Grâce à Van Loon, les miracles de la foi sont à nouveau visibles. Avec des artistes contemporains et des experts, BOZAR s’interroge sur la force de l’image, sa chute et sa résurrection.  

 


Avec le soutien du Fonds Baillet Latour.
Redécouvrez ce maître bruxellois oublié dès le 10 octobre à BOZAR.

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