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En pèlerinage vers Van Loon

Une grande exposition réunit les œuvres de Théodore van Loon au Palais des Beaux-Arts. Toutes ? Non ! Car certaines sont à découvrir dans leur environnement historique, par exemple dans le lieu de pèlerinage surprenant de Montaigu (Scherpenheuvel en néerlandais). Les peintures monumentales de Van Loon qui s’y trouvent n’ont pas seulement été rafraîchies, elles seront aussi accompagnées d’une bande-son impressionnante avec un concert in situ.

Theodoor van Loon see the light at Scherpenheuvel | Teaser

La plus prestigieuse commande de la vie de Théodore van Loon le mena à Montaigu, où l’architecte Wenceslas Coberger construisit une église audacieuse en forme d’étoile à sept branches. L’architecte et le peintre s’étaient sans doute déjà rencontrés à Rome et avaient collaboré dans le cadre du projet de la chapelle Saint-Hubert du château de chasse des archiducs Albert et Isabelle, à Tervuren.

Autour de sa basilique en forme d’étoile, Coberger dessina une nouvelle ville à sept coins avec, en son centre, la Vierge Marie. Celle-ci décida, à la fin du Moyen-Âge, de s’installer quelques temps dans un chêne de Zichem – selon quelques témoins oculaires entêtés. Le culte de Marie qui en découla dans la région au XVIIe siècle fut largement stimulé par les autorités : l’amour du peuple pour la mère de Jésus était l’un des éléments les plus aptes à déclencher la colère protestante. Les sept branches de l’étoile, symbole de Marie, font référence à ses sept souffrances et ses sept vertus.

Van Loon se mit donc au travail pour créer ce qui allait devenir le plus grand cycle de sa carrière : sept toiles gigantesques sur la vie de Marie. Une dans chacune des sept chapelles latérales, et une sur le maître-autel. L’histoire débute dans l’intimité des regards échangés entre Joachim et Anne, un couple désespéré qui apprend soudain qu’il aura, enfin, un enfant. Elle se termine avec l’impressionnante assomption placée sur le maître-autel, là où s’élevait autrefois le chêne miraculeux.

L’ordre original des peintures a sans doute évolué au fil des siècles (notamment en fonction du parcours des pèlerins à l’intérieur de la basilique), et nous ne pouvons pas, à l’heure actuelle, le reconstituer avec certitude. Ces derniers mois, les tableaux ont été libérés de leurs cages du XIXe siècle. Le verre épais et sale de l’époque a été retiré et les toiles ont été rafraîchies.

À quoi ressemblent aujourd’hui les peintures ? Pour le savoir, il faut vous rendre à Montaigu. Le cycle de Van Loon consacré à Marie est visible gratuitement tous les jours dans la basilique. Les 16 et 17 novembre, BOZAR y organisera des concerts d’œuvres composées en l’honneur de Marie par des compositeurs flamands, italiens et espagnols de l’époque de Van Loon. Avant et après le concert, un guide vous fera découvrir les peintures.

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