© Fondation Marcel Mariën
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Marcel Mariën 100

BOZAR AT HOME

Le 29 avril 2020, nous fêtons le centième anniversaire de l’artiste, écrivain, photographe et figure de proue du surréalisme dans notre pays, Marcel Mariën (1920-1993). La crise du coronavirus tire malheureusement un trait sur l’exposition dont l’ouverture était prévue à BOZAR ce même jour, mais bonne nouvelle : vous pourrez vous balader à travers l’œuvre audacieuse, haute en couleurs et vaste de cet enfant terrible du surréalisme belge sans même quitter votre fauteuil.

Portrait de Marcel Mariën. Photo prise par Paul Magritte en 1938 © Fondation Marcel Mariën. Crédit photo Laurent de Broca
Portrait de Marcel Mariën. Photo prise par Paul Magritte en 1938 © Fondation Marcel Mariën. Crédit photo Laurent de Broca

Son œuvre est vaste et diverse car contrairement à son ami proche Magritte (complice et parfois aussi victime des énormes blagues de Marcel), Mariën ne s’est pas limité à la peinture. Il faut dire que l’adjectif « limité » ne s’applique pas à son univers. Alliant peintures, collages, assemblages et objets, toutes ses œuvres sont caractérisées par le regard singulier et souvent irrévérencieux qu’elles portent sur le monde. Mariën était un rebelle qui flirtait avec les limites. Il était aussi photographe et cinéaste, écrivait de la poésie et des essais, et s’est profilé comme un archiviste, un porte-étendard et une figure de proue du surréalisme belge.

Introduction au surréalisme en Belgique, 1991 © Fondation Marcel Mariën
Introduction au surréalisme en Belgique, 1991 © Fondation Marcel Mariën

Marcel Mariën est né le 29 avril 1920 à Anvers, d’une mère flamande et d’un père wallon (« ou vice-versa », aimait-il ajouter lui-même). Ses premières amours sont la littérature et la photographie. À l’âge de quinze ans, il croise deux œuvres de Magritte lors d’une exposition et se découvre une nouvelle passion pour l’art contemporain. Deux ans plus tard, les deux hommes se lient d’une amitié profonde et Mariën rejoint le groupe des surréalistes bruxellois. Il crée sa première œuvre : L’Introuvable (1937), une étrange lunette à un seul verre qui devient le fil rouge de toute son œuvre : renverser la forme et le sens d’objets existants.

L'oubli d'être en vie, 1967 © Fondation Marcel Mariën
L'oubli d'être en vie, 1967 © Fondation Marcel Mariën

Mariën aimait déclarer qu’il n’était pas un artiste. « Il n’y a aucun mérite à être quoi que ce soit », lit-on sur sa tombe. Il a lancé une maison d’édition, travaillé pour l’ambassade de Russie et pour une agence de publicité, ouvert un magasin de livres Place de la Reine à Schaerbeek et voyagé dans le monde entier comme steward sur un navire long courrier.

Le tombeau d'Abéloïse, 1992 © Fondation Marcel Mariën
Le tombeau d'Abéloïse, 1992 © Fondation Marcel Mariën

Son travail varié et aventureux regorge de jeux de mots, de formes et de significations détournées, avec une multiplicité de matériaux : du porno à base de papier peint à l’art des boîtes à sardines. Mariën se fiche des règles officielles, fuit la reconnaissance, remet les structures en question, se camoufle dans un quasi anonymat.

L'introduction à Herculanum, 1984 © Fondation Marcel Mariën
L'introduction à Herculanum, 1984 © Fondation Marcel Mariën

Pour célébrer son centième anniversaire, BOZAR avait prévu d’exposer une centaine de ses œuvres dans le cadre de l’exposition Marcel Mariën. Le surréalisme sans la peinture, en collaboration avec la Fondation Marcel Mariën lancée en 2017. Les mesures prises pour faire face à la crise du coronavirus nous contraignent de l’annuler.

Le fils du singe, 1975 © Fondation Marcel Mariën
Le fils du singe, 1975 © Fondation Marcel Mariën

Néanmoins, cet anniversaire vous offrira tout de même l’occasion de vous aventurer à travers l’œuvre de Mariën, car la Fondation publie aujourd’hui son catalogue raisonné (un inventaire complet et officiel des œuvres visuelles d’un artiste), disponible en ligne dans son entièreté et donc accessible depuis votre salon.

Autoportrait avec Elisabeth © Fondation Marcel Mariën
Autoportrait avec Elisabeth © Fondation Marcel Mariën