Peggy & Jacqueline Mesmaeker
RADAR

Qui est Jacqueline Mesmaeker?

Cinq choses à savoir

Les salles d'exposition du Palais des Beaux-Arts rouvriront leurs portes le 19 mai. Jusqu'au 21 juillet, vous avez la chance de découvrir quatre expositions à BOZAR, dont une toute nouvelle : Ah, Quelle Aventure ! Jacqueline Mesmaeker. Qui est cet artiste excentrique de 90 ans originaire de Bruxelles ? Éléments de réponse en 5 points.

 

Jacqueline Mesmaeker © Jimmy Kets
Jacqueline Mesmaeker © Jimmy Kets

1. Elle a commencé sa carrière dans la mode
Au début des années soixante, Jacqueline Mesmaeker commence sa carrière dans la création de mode et le stylisme, une discipline artistique davantage axée sur le concret. Sa tante lui ayant communiqué son amour pour les arts plastiques, Jacqueline Mesmaeker décide en 1974 d’étudier les beaux-arts. Ses créations textiles se muent lentement en œuvres d’art. L’aspect pratique s’éclipse au profit d’un art dépourvu de toute utilité pratique. De l’art tout simplement.  

« Mon intérêt pour des créations sans utilité immédiate est toujours allé croissant, mais je n’ai jamais voulu en mettre plein la vue. Beaucoup d’artistes veulent laisser leur empreinte sur le monde, planter un drapeau, délimiter un territoire. Je ne poursuis aucune forme d’immortalité dans mon travail. » - Jacqueline Mesmaeker dans De Standaard


Jacqueline Mesmaeker, Papier Peint (detail), 2020, courtesy of the artist
Jacqueline Mesmaeker, Papier Peint (detail), 2020, courtesy of the artist

2. On la surnomme parfois la « Louise Bourgeois belge »

On compare souvent Jacqueline Mesmaeker à l’artiste Louise Bourgeois (1911-2010), figure emblématique de l’art du XXe siècle. Tout comme la Française, Mesmaeker a suivi un parcours artistique éminemment personnel, avec sagacité et audace. Les deux femmes se sont régulièrement opposées aux goûts artistiques mainstream de leur époque et ont puisé dans leur propre histoire et leur vécu, notamment l’époque de leur enfance. L’œuvre de Mesmaeker se veut une quête permanente de la poésie dans le quotidien : dans Papier Peint (1974), elle retire l’une après l’autre les couches du papier-peint de son appartement bruxellois, faisant apparaître çà et là des fragments du papier-peint aux motifs ludiques de sa chambre d’enfant. À vous de découvrir si cette comparaison est pertinente !

 

Jacqueline Mesmaeker, Les Régentes, 1990-2020, Courtesy Galerie Nadja Vilenne, Liège
Jacqueline Mesmaeker, Les Régentes, 1990-2020, Courtesy Galerie Nadja Vilenne, Liège

3. L’histoire de l’art occidental compte parmi ses principales sources d’inspiration 

Le travail de Jacqueline Mesmaeker puise clairement dans les grands motifs de l’art occidental – la peinture, la figuration, la nature, le paysage, la lumière etc.  Tout comme nombre de ses prédécesseurs, elle explore sa propre vision de la beauté, une constante dans les arts plastiques. Mais sans manquer d’ironie, elle réussit à prendre ses distances par rapport à cet « art classique », en laissant percer le quotidien et le trivial dans ses créations. Dans Les Régentes (1990), l’artiste réinterprète ainsi à sa façon un tableau de Frans Hals. L’œuvre du dix-septième siècle devient une simple impression photo, et une composition où les flammes correspondent exactement à la position des mains.


Jacqueline Mesmaeker, Portes Roses,1975, Courtesy Galerie Nadja Vilenne, Liège
Jacqueline Mesmaeker, Portes Roses,1975, Courtesy Galerie Nadja Vilenne, Liège

4. Des poètes et écrivains l’ont aussi inspirée

L’artiste puise aussi son inspiration dans d’autres disciplines. Elle est notamment fascinée par le monde littéraire. Son œuvre est émaillée d’allusions aux ouvrages de Lewis Carroll, de Montesquieu et de Thomas Hardy, ou encore au roman noir. Dans une de ses premières œuvres, Portes Roses, sa fascination pour la littérature du XIXe siècle transparaît déjà clairement. Une série kilométrique d’aquarelles égrène mot à mot un extrait des Aventures d’Alice au Pays des Merveilles. Une œuvre qui se lit comme un paysage qu’on voit défiler assis dans un train.   

 

Jacqueline Mesmaeker, L'Androgyne, 1. Avion en phase d’approche, 1986-2013, privéverzameling
Jacqueline Mesmaeker, L'Androgyne, 1. Avion en phase d’approche, 1986-2013, privéverzameling

5. Toute petite déjà, elle était fascinée par le « temps »  

À l’âge de cinq ans, la petite Jacqueline est envoyée en Suisse dans une école spécialisée pour apprendre à marcher correctement. Elle a en effet des problèmes de motricité.  C’est dans ce petit village d’horlogers des Alpes qu’elle a vraiment découvert « le temps ». L’image d’une horloge dans son premier cahier d’école a tôt fait de la fasciner.    

« À cinq ans, j’ai tout à coup découvert un objet qui garde la trace du temps. C’était comme un miracle pour moi. Comme si j’étais éveillée et que je comprenais tout à fait inconsciemment qu’il existe quelque chose, une culture, une façon de capturer et de manipuler le temps, rien qu’en faisant tourner les aiguilles d’une horloge. […] Cette découverte a déterminé le reste de ma vie. »  – Jacqueline Mesmaeker dans De Standaard

 

Découvrez la fascination de Mesmaekers pour le temps dans l’exposition Ah, Quelle Aventure ! Jacqueline Mesmaeker, jusqu’au 21 juillet à BOZAR.

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