© Maxime Delvaux
RADAR

ENTRE ART ET ARCHITECTURE

VJENCESLAV RICHTER

Vjenceslav Richter (1917-2002) a été l’un des architectes croates majeurs de sa génération. Il doit sa solide réputation sur la scène architecturale mondiale à la conception de pavillons nationaux pour des expositions internationales. Les visiteurs ont jusqu’au 21 juillet pour découvrir la rétrospective The World as a Pavilion. Vjenceslav Richter que lui consacre BOZAR. Le Pavillon, en tant que lieu de rencontre entre l’art et l’architecture, mais aussi entre la spatialité et la légèreté, la radicalité et la temporalité. Cinq choses à savoir sur Richter pour le découvrir.

 

© Maxime Delvaux
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1. La ville idéale

À partir de 1954, Richter commence à se consacrer à la conception de « sa » ville idéale. Une ville autonome dont le temps est la pierre angulaire. À l’instar de nombre de ses contemporains modernistes, il s’est en effet efforcé de réduire à un minimum absolu les temps de déplacement des habitants. Dans cette ville totale qui s’inscrit dans une pyramide, un ascenseur vous conduit en quelque sorte de votre logement à votre lieu de travail. Un exemple d’architecture visionnaire en ces temps de coronavirus ?

 

Villa Zagorje © Wikimedia/Ex13
Villa Zagorje © Wikimedia/Ex13

2. Une villa pour Tito

Richter abandonne progressivement la recherche urbanistique au profit de la pure production architecturale. Après la Deuxième Guerre mondiale, des architectes de toute l’Europe développent des projets de construction de grande ampleur initiés par l’État pour reconstruire les villes et construire des habitations abordables pour les masses, qui deviennent la norme. Assez étonnamment, Richter réalisé très peu de commandes de grande envergure. En 1963-65, il s’est toutefois associé à Kazimir Ostrogović et a conçu la Villa Zagorje pour le leader communiste yougoslave Tito.

 

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3. le succès de l'expo 58

Il plane dans le « pavillon inégalé de la Yougoslavie » (…) l'impression inquiétante d'une pensée architecturale presque surnaturelle et ingénieuse... L’étrange sensation que cette structure a acquis cette intensité et cette pureté car elle ne semble justement ne vouloir qu’effleurer l’architecture. - K.N. Elno

Richter a conçu des villas, des musées, mais surtout... des pavillons. À mi-parcours de l'exposition, vous découvrez une maquette du pavillon national qu'il a conçu pour l'exposition universelle de 1958 à Bruxelles, l'une de ses créations les plus remarquables. Richter souhaitait au départ accrocher entièrement son pavillon à un mât central de 70 mètres de haut. Cette architecture surnaturelle se voulait être l’expression des possibilités d’une ère nouvelle, inaugurée notamment par la conquête spatiale. Au grand mécontentement de Richter, la réalisation de ce mât s'avéra beaucoup trop coûteuse. Jusqu’à la fin de sa vie, il considéra la simplification de son pavillon comme sa plus grande concession artistique. Il n’empêche que ce pavillon sans mât apparent a été encensé par la presse nationale et internationale et qu’il reste aujourd’hui un symbole de légèreté et d’ouverture. L’on peut toujours l’admirer à Wevelgem, où il a été reconverti en bâtiment scolaire.

 

© Maxime Delvaux
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4. Architecte ou artiste? 

Dans les années 1960, l'artiste brésilien Almir Mavignier, initiateur de New Tendencies arrive à Zagreb et y exporte ce mouvement. Les représentants de ce mouvement incarnent une nouvelle vision de l’art, adaptée à la nouvelle culture de l’information et de la production de masse qui est désormais la norme. S’inspirant des idées de New Tendencies, Richter crée des structures où le mouvement et la participation des spectateurs jouent un rôle central. Son Relief-metre donne la réplique au concept d'Opera Aperta d'Umberto Eco : c’est au spectateur d’achever la sculpture en interagissant avec l’œuvre, d'une manière différente à chaque fois. 

 

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5. Conception de mobilier

« L'objet – c’est tout !... architecture, peinture, sculpture, tout est objet ! » – Vjenceslav Richter

Des architectes et des artistes comme Le Corbusier et El Lissitzky ont profondément influencé Richter. Sous l’impulsion d’Isamu Noguchi et Roberto Mango, entre autres, l’artiste s’approprie également la conception de mobilier. Ses meubles ont souvent eu pour vocation de décorer des pavillons ou des musées, l’esthétique et une fonctionnalité élégante étant ici sa marque de fabrique.


Découvrez l’œuvre de Vjenceslav Richter jusqu'au 21 juillet au Palais des Beaux-Arts.

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