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« J’ai appris à aimer tout ce qui ne symbolise pas la perfection, et c’est précisément ce que je montre sur scène. »

Orthopédagogue de formation, le chorégraphe Alain Platel explore un langage gestuel lié à l’inconscient, à l’arbitraire, à ce qui échappe au contrôle. Dans cette quête, il a collaboré avec des enfants en situation de handicap, s’est penché sur le syndrome de Gilles de la Tourette et s’est laissé inspirer par les images d’archives dans lesquelles le psychiatre Arthur Van Gehuchten (1861-1914) a capturé les mouvements tortueux, apparemment dénués de sens, de ses patients hystériques. Où se situe la frontière entre la maîtrise physique et la perte de contrôle, entre la possession de son corps et le fait d’être possédé ? Avec l’œuvre foisonnante d’Alain Platel pour fil conducteur, nous observons les points communs entre la danse et les mouvements du quotidien, qu’ils soient intentionnels ou involontaires.