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BOZAR a commandé la première anthologie orale de Vava Dudu, créatrice de mode, musicienne, peintre et icône parisienne. Ses poèmes, qu’elle publie sur des vêtements, se déclinent au rythme de la mode et de la musique dans un exercice exceptionnel aux accents pop et punk. Traduite du français vers l’anglais par l’artiste new-yorkais Geo Wyeth, et éditée par l’écrivain et commissaire d’art castillan Alberto García del Castillo, cette anthologie sera présentée à l’occasion d’une soirée exceptionnelle de musique et lectures de poésie.

 

Vava a fait ses débuts dans l’industrie de la mode dans les années 90. Après avoir travaillé avec de grands stylistes comme Jean-Paul Gaultier, pour qui elle a dessiné des corsets, Vava s’est fait un nom en créant une collection d’accessoires en perles anciennes. En 2001, elle a décroché le prestigieux prix de l’ANDAM (Association nationale française pour le développement des arts de la mode) pour sa collaboration avec Fabrice Lorrain, tous les deux préférant customiser des vêtements déjà existants – plutôt que de suivre la voie classique de fabrication – en les détournant ou en écrivant des messages dessus. En 2002, Vava, Nikolu et Stéphane Argillet fondent un groupe d’électro-punk baptisé La Chatte. Vava est la parolière et chanteuse du groupe. Peu de temps après, elle s’est mise à écrire des poèmes sur des vêtements de seconde main qu’elle avait choisi de relooker, en se basant sur son expérience d’écriture pour son groupe La Chatte. Ces poèmes sont écrits à la main en français sur des vêtements réinventés à la sauce punk. Ils ont tous été reproduits en de nombreux exemplaires et sous de nombreuses formes, et sont écrits et peints par Vava à l’occasion d’expositions, d’ateliers, de concerts et autres événements. Certaines pièces sont proposées à la vente, tandis que d’autres sont conservées dans le studio de Vava à Paris. Courrèges et d’autres grandes maisons de couture ont récemment fait appel aux talents de Vava. Pour immortaliser ses poèmes, Vava coud, dessine et utilise des marqueurs.

 

Geo travaille dans le monde de la musique, de la performance, de la sculpture narrative et de la vidéo. Son projet actuel, Muck Studies Dept., associe de la musique afro-américaine, une enquête sur l’industrie extractive et des techniques de journalisme d’investigation dans le but de troubler les eaux marécageuses de l’histoire raciale et du concept de « patrie ». Parmi les nombreux lieux qui ont déjà exposé le travail de Geo, citons : le New Museum, le Stedelijk Museum, le MoMA PS1, l’opéra national néerlandais, Triangle France, l’Anthology Film Archives, The Kitchen, TENT, Arsenic, Biquini Wax, LA MoCA, New York Live Arts, The Studio Museum in Harlem, Boston ICA, le théâtre La MaMa, Human Resources, The Pyramid Club, Joe’s Pub et bien d’autres. Geo est aussi une des personnes cofondatrices de l’espace social Tender Center, à Rotterdam, destiné à la communauté queer. En 2015 et 2016, Geo a été résident à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten, à Amsterdam. Aujourd’hui, Geo enseigne au Dutch Art Institute (DAI), se concentrant sur des techniques de performance personnifiées, sur le storytelling et sur le souvenir.

 

Alberto est surtout connu pour avoir rédigé, en 2017, la biographie de l’homme-sirène, musicien et entertainer franco-italien Steev Lemercier. Alberto a récemment écrit des scénarios et interprété les paroles d’Esther Newton, d’Ocaña et de Luis Zapata, cette dernière performance l’ayant amené à collaborer avec la chercheuse et écrivaine mexicaine Susana Vargas Cervantes. Alberto a publié deux autres ouvrages, Midpoint et Retrospective, en plus d’avoir écrit pour des périodiques comme Girls Like Us, Petunia et la revue du Musée de le Photographie d’Anvers. Aux côtés de Marnie Slater, il est commissaire du collectif artistique queer basé à Bruxelles Buenos Tiempos, Int.