Salle Henry Le Boeuf

Les salles principales

La Salle Henry Le Bœuf

Conçue entièrement par Victor Horta, la Salle Henry Le Bœuf offre une harmonie visuelle et une qualité acoustique reconnues par des légendes de la musique. Inaugurée le 19 octobre 1929, la salle fut plus tard baptisée du nom de cet homme d’affaire et banquier qui contribua activement à la vie musicale bruxelloise et, en l’occurrence, à la création de ce haut lieu musical. En 90 ans d’existence, elle a vu défiler la crème des interprètes. Voici un bref portrait de ce lieu mythique.

Qui, en pénétrant dans la Grande Salle, n’a jamais levé les yeux au plafond pour ressentir l’ouverture offerte par un tel espace ? Qui n’a pas été frappé·e par l’accord charmant entre le rouge écarlate de ses sièges de velours, son parquet en bois, la blancheur de ses colonnades nues et ses rares dorures ? Entre splendeur et sobriété, chaque élément de la salle a été pensé par son concepteur, l’architecte belge Victor Horta, pionnier de l’Art nouveau ayant évolué vers l’Art déco, pour susciter chez le public un sentiment de bien-être et de ravissement.

Une symphonie pour les yeux, un spectacle pour les oreilles

Si Victor Horta élabora seul le plan de la Grande Salle, celui-ci devait répondre à diverses exigences. Eugène Ysaÿe, célèbre virtuose du violon, souhaitait que les interprètes s’y sentissent entouré·es par le public. Le projet de salle devait en outre offrir une capacité importante (2150 places assises) tout en assurant au public une expérience d’écoute optimale. Henry Le Bœuf échangea une importante correspondance avec l’architecte afin de garantir la qualité de l’acoustique, de l’éclairage, ou encore le confort des sièges et leur espacement.

« Notre salle est suffisamment grande et je tiens à ce que tout le monde soit à l’aise. »
- Henry Le Bœuf

La nature du matériau utilisé, à savoir le béton armé, poussa Horta à opter pour une forme « d’œuf » qui confère charme et singularité au lieu. Ce matériau se révélait en effet peu coûteux, générait peu de pertes en matériaux et était livrable rapidement, contrairement à l’acier prévu initialement. « La qualité de l’acoustique découle en grande partie de la mise en place des matériaux », confia Horta dans ses Mémoires.

Une sonorité flatteuse pour les violons

L’acoustique de la Grande Salle a évolué au cours du temps. À l’origine, elle avait pour caractéristique de rehausser le son des cordes. Il s’agissait de flatter l’un des goûts musicaux prédominant à l’époque, la Belgique étant alors réputée pour son école de violon. Des études menées en 1945 et 1960 placèrent cette acoustique au niveau de celles du Musikverein de Vienne, du Concertgebouw d’Amsterdam ou encore du Symphony Hall de Boston.

De fait, avant d’entamer le projet, Horta avait étudié l’acoustique du Concertgebouw ou encore de l’Opéra Garnier à Paris. Il s’inspira également du Mormon Hall de Salt Lake City dont il put apprécier l’acoustique lors de son exil aux Etats-Unis durant la première Guerre mondiale. Le chef d’orchestre Arturo Toscanini, qui se produisit au Palais des Beaux-Arts avec l’Orchestre Philharmonique de New York en 1930 et 1934, aurait déclaré à l’issue d’un de ses concerts : « C'est ici que je me suis entendu pour la première fois. »

En quête d’un idéal

Suite à l’incendie qui toucha la salle en 1967, il fut décidé, pour des raisons de sécurité, de détruire la scène en bois à laquelle Horta avait attribué une fonction de caisse de résonance, et de la remplacer par une scène en béton. Cette intervention, le remplacement des fauteuils et l’installation d’une moquette dégradèrent considérablement l’acoustique du lieu.

Dès les années 1990 et jusqu’en 2017, plusieurs vagues de restauration se succédèrent pour tenter de retrouver l’acoustique originale. La scène en béton fut supprimée, la moquette ôtée au profit d’un parquet en bois, les sièges remplacés, les portes aménagées pour favoriser l’isolation sonore, etc. En 2000, Pierre Boulez salua la réussite de la première étape de restauration :

« J’ai été l’hôte du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles pour trois concerts avec le London Symphony Orchestra au printemps dernier. Ayant déjà donné des concerts dans cette salle avant cette récente rénovation, je puis témoigner que les conditions acoustiques y sont infiniment meilleures qu’auparavant. Le son est plus vivant, plus soutenu, on entend mieux l’ensemble des instruments, leur équilibre, leur mélange et leurs qualités individuelles. Il est heureux que cette salle, pour historique qu’elle soit, ait ainsi trouvé une nouvelle jeunesse et qu’elle serve ainsi de manière plus efficace le propos pour lequel elle a été construite : servir au mieux la vie musicale par des moyens acoustiques appropriés. »

Nikolaus Harnoncourt, de son côté, salua la sonorité « merveilleuse, claire, transparente » de ce lieu qu’il considérait comme « une des plus belles salles d'Europe en matière d’acoustique. »

Des souvenirs par milliers

De son inauguration à aujourd’hui, la Salle Henry Le Bœuf a accueilli un nombre incalculable de productions prestigieuses. Le jazz de Cab Calloway et de Louis Armstrong y a résonné, de même que les accords fiévreux de Django Reinhardt ou le chant sublime de Billie Holiday. Les plus grands chefs d’orchestre, tels Kleiber, Karajan ou Abbado, y ont dirigé des phalanges illustres. Sans oublier les solistes Ravi Shankar, Papa Wemba, Montserrat Figueras, Marianne Faithfull, Yehudi Menuhin, Ivry Gitlis ou Daniel Barenboim qui s’y est produit dès l’âge de 13 ans ! Le Concours Reine Elisabeth, les Jeunesses Musicales, le BIFFF, Balkan Trafik!, les Nuits Sonores… Comment honorer la mémoire d’un tel lieu sans reléguer dans l’ombre tant de souvenirs impérissables ?

Orgue - façade

L'orgue

Derrière son buffet inspiré d'un dessin de Victor Horta, l'orgue du Palais des Beaux-Arts recèle une histoire mouvementée.

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Prestigieuse et unique. Des stars telles que Cecilia Bartoli ou Nick Cave s’y produisent.

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