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Fieri Consort

8 Avr.'26
- 20:00

Chapelle Protestante

Maddalena Casulana (c.1544–c.1590)

Il primo libro di madrigali a cinque voci (1583)

  • Aura che mormorando al bosco
  • Così non senti mai novo furore (2a)
  • Io d'odorate frondi e di bei fiori (3a)
  • Se vedrem poi destarsi lieta e bella (4a)

Paolo Virchi (1551-1610)

Il primo libro di madrigali a cinque voci (1584)

  • SeGU’A RINAscer L’AURA

 

 

Luzzasco Luzzaschi (1545-1607)

Terzo libro di madrigali a cinque voci (1582)

  • Da l'odorate spoglie

Giaches de Wert (1535-1596) 

Il primo libro de madrigali a cinque voci (1558)

  • Cara la vita mia

Orazio Bassani (1550-1615)

  • Cara la vita mia (diminutions sur le madrigal de Giaches de Wert)

 

 

Casulana (1583)

  • Caro dolce mio Amore
  • Tu sei Clitia il sol mio

Vittoria Aleotti (c1575-after 1620)

Ghirlanda de madrigali a quattro voci (1593)

  • Hor che la vaga aurora

 

 

Marc’Antonio Ingegneri (1535-1592)

Il secondo libro de madrigali a cinque voci (1572)

  • Hor che’l ciel e la terra e’l vento tace

Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525-1594)

De floridi virtuosi, il secondo libro de madrigali à cinque voci (1585)

  • Eran le vostre lagrime

Cipriano de Rore (1515/6-1565)

Libro primo di madrigali a quattro voci (1551) (avec des diminutions par Giovanni Bassano (1558-1617))

  • Non è ch'il duol mi scemi

 

 

Casulana (1583)

  • Dolci e vaghi augelletti

de Wert

Il settimo libro di madrigali a cinque voci (1581)

  • Vaghi boschetti di soave

Virchi (1584)

  • Se ’l sol guardo e le stelle

 

 

Luzzaschi 

12 Madrigali per cantare e sonare (1601)

  • O dolcezze amarissime d’amore
  • Non sa che sia dolore

 

 

Casulana (1583)

  • Bella d'Amor guerriera
  • Perchè al viso d'Amor portava insegna

 

 

Francesca Caccini (1587-1640)

Il primo libro delle musiche (1618)

  • Lasciatemi qui solo

 

 

Luzzaschi (1601)

  • Occhi del pianto

 

 

Casulana (1583)

  • Ovunque volgi il piede
  • E se cio sia godrassi per noi (2a)

‘Stand to face me, beloved, and open out the grace of your eyes’

‘These things now for my companions I shall sing beautifully’

- Sappho

Des musiciennes du XVIe siècle telles que Raffaella Aleotti, Maddalena Casulana et Francesca Caccini s’inspirèrent de l’œuvre de Sappho (vers 630 – vers 570 av. J.-C.), une pionnière de l’Antiquité qui écrivait et chantait l’amour féminin, pour tracer les contours de leur propre univers créatif.

Le XVIe siècle fut marqué par une fascination croissante pour l’ornementation généralement associée à la féminité. Des traités virent le jour, abordant tant l’embellissement physique et musical que la nature même de la beauté, qu’elle soit inhérente à la nature ou de création humaine. Les artistes qui cherchent à imiter la nature créent inévitablement quelque chose d’artificiel, une beauté raffinée par le savoir-faire humain.

Dans les madrigaux du XVIe siècle, la beauté est omniprésente : dans les luci et les lampi des yeux étincelants, dans les mèches de cheveux dorés qui font resplendir une douce aura, dans les roses et la lumière du soleil, dans tous ces emblèmes de la poésie de Pétrarque. Ce langage de la beauté était souvent associé aux femmes, mais les hommes n’étaient pas les seuls à s’en servir. Au XVIe siècle, plus d’une centaine de poétesses, telles que Gaspara Stampa, Vittoria Colonna et Veronica Gambara, écrivaient en Italie d’une voix qui leur était propre sur la beauté, l’amour et la vertu.

Dans les années 1580, la cour de Ferrare se fit un nom grâce au Concerto delle Donne, un ensemble remarquable composé de Laura Peverara, Anna Guarini et Livia d’Arco. Elles travaillaient en étroite collaboration avec Tarquinia Molza qui, par sa virtuosité, poussa le madrigal dans une véritable métamorphose stylistique. Les chanteuses maîtrisaient l’ornementation à tel point qu’elles devinrent des virtuoses acclamées. Leurs interprétations époustouflantes attiraient des compositeurs de toute l’Italie, car tous voulaient entendre ce nouveau style.

Ferrare favorisa également la participation des femmes au débat intellectuel : la poétesse Orsina Cavaletta, par exemple, publia des poèmes et fit une apparition dans La Cavaletta, un dialogue philosophique de Torquato Tasso, où elle déclare : « Ne négligeons pas la musique, car la musique est la douceur même, et pour ainsi dire l’âme de la poésie. » Ce dialogue était issu de l’imagination de Tasso, mais la présence de Cavaletta illustre sa position réelle à la cour et démontre que la poésie et la musique n’étaient pas créées dans le vide, mais se développaient au sein d’une communauté artistique interdépendante.

Le génie musical des femmes ne se limitait pas à la cour : les couvents devinrent eux aussi des centres remarquables de civilisation artistique et culturelle. C’est ainsi que Raffaella (Vittoria) Aleotti, musicienne prometteuse, entra au couvent de San Vito à Ferrare. Elle y développa ses talents de chanteuse, de compositrice et d’instrumentiste. Elle prit rapidement la tête d’un ensemble musical composé de vingt-trois interprètes et publia aussi bien de la musique profane que sacrée.

C’est Maddalena Casulana, la première femme à avoir publié de la musique sous son propre nom, qui ouvre ce programme de concert avec un texte s’inspirant fortement du langage de Pétrarque. Elle invoque la brise pour apaiser la flamme de l’amour, devenant ainsi l’interprète musicale d’une beauté qui s’appuie sur des images de cheveux dorés et de l’éclat du soleil. Elle met en musique celle qui, dans la poésie de Pétrarque, était l’amante silencieuse : Laura.

Les chanteuses de Ferrare incitèrent également des compositeurs tels que Virchi, Giaches de Wert et Luzzaschi à écrire des madrigaux qui mettaient en valeur leur virtuosité exceptionnelle. Virchi attribuait le succès de son œuvre, selon ses propres termes, « non pas tant à mon talent qu’à la douceur des voix de ces dames de renom qui chantent mon œuvre, et qui élèvent la musique à un niveau que je n’atteindrai jamais… »

Le poème Da l’odorate spoglie d’Orsina Cavaletta inspira des compositeurs tels que Luzzaschi. Dédié à la chanteuse Laura Peverara, il l’incite à prendre la harpe et à jouer Cara la vita mia. Le virtuose de la viole de gambe Orazio Bassani proposa, sur base de ce même matériau, des diminutions raffinées pour viole bâtarde. Ensemble, ces œuvres révèlent une fascination croissante pour l’ornementation. Une question de la Renaissance se pose : l’ornementation est-elle synonyme d’une plus grande beauté, ou d’une plus grande artificialité ?

Tarquinia Molza était l’une des violistes de gambe les plus talentueuses de son époque. Réputée pour ses improvisations contrapuntiques et ses ornementations virtuoses, elle inspira de nombreux madrigaux. Elle s’essaya également à la poésie, notamment dans Eran le vostre lagrime, mis en musique par le maître de la polyphonie Palestrina, entre autres.

Le madrigal d’Ingegneri qui célèbre Molza cite le poème Hor che’l ciel de Pétrarque et s’inspire de son interprétation en solo. On ignore si elle improvisa ce madrigal ou si elle orna une composition existante, mais la partition fut malheureusement perdue. Les travaux de la spécialiste Laurie Stras nous permettent toutefois d’en présenter une reconstitution moderne. Nous illustrons cette pratique de l’interprétation en solo à l’aide des diminutions de Giovanni Bassano sur un madrigal de Cipriano de Rore, dans lequel le poète perçoit un regard féminin si puissant qu’il transforme le feu en glace. Il la compare ainsi à Béatrice de Dante, symbole de la beauté féminine spirituelle.

Les exemples musicaux les mieux conservés de cette décennie dorée sont les Madrigali (1601) de Luzzaschi, qui témoignent du style d’ornementation que le public privilégié de la cour avait l’occasion d’entendre. Chaque voix contribue à parts égales aux ornementations, tout en laissant également la place à des passages particulièrement virtuoses.

Après la mort d’Alphonse II et les bouleversements politiques qui s’ensuivirent, les développements artistiques passionnants de Ferrare connurent une fin abrupte, mais leur influence s’étendit bien au-delà de la ville. À la cour des Médicis à Florence, des femmes issues de l’élite participaient aux spectacles de la cour. Francesca Caccini naquit en 1587 dans ces cercles qui nourrirent son potentiel musical, lui permettant de créer une profusion d’œuvres sacrées et profanes virtuoses.

Pendant des millénaires, les femmes façonnèrent l’art du chant improvisé. Des hétaïres de la Grèce antique aux trobairitz occitanes en passant par les honnêtes courtisanes vénitiennes… les femmes embrassèrent l’improvisation bien avant que les compositions ne soient consignées dans des manuscrits. La culture de cour à la Renaissance perpétua la tradition de la sprezzatura (« nonchalance ») telle que décrite dans Il Cortegiano (1528) de Castiglione. Hommes et femmes devaient pratiquer l’art de l’improvisation oratoire et réagir avec esprit aux rimes. En fin de compte, l’improvisation est une forme de composition. Ce programme élargit l’angle d’approche de la célébration, qui ne se limite plus aux seuls compositeurs, pour reconnaître le groupe plus large de créatrices virtuoses dont les voix et le talent artistique sont au cœur de cette musique.

‘Someone will remember us, I say, even in another time’

- Sappho

Hannah Ely (traduit par Judith Hoorens)

 

Petites clés

  • Essayez de distinguer, dans l’introduction du madrigal de Virchi, les noms des chanteuses Guarini (Guarina), D’Arco, Laura et Molza (Molce).
  • Écoutez la phrase Cara la vita mia qui conclut Da l’odorate spoglie de Luzzaschi et ouvre Cara la vita mia de Giaches de Wert.
  • Nous interprétons Bella d’Amor guerriera de Casulana avec uniquement les trois voix supérieures accompagnées par la basse continue, en référence à la pratique d’exécution du Concerto delle Donne.

Maddalena Casulana 

Aura che mormorando al bosco

Aura, che mormorando al bosco intorno,

tempri la fiamma de l'ardente sole.

Volati, prego, hor che su'l mezzo giorno

te sola attenda e dorme il mio bel sole;

e vaga nel suo morbido soggiorno

te assidi, e cingi di rose e viole

il biondo crine e d'un sì nobil velo

che non l'offenda mai caldo, né gelo.

 

Così non senti mai novo furore 

Così non senti mai novo furore

del freddo Borea combattendo il verno,

né con turbato ciel, turbato humore

discenda not'a darti affanno interno;

e’l vivo del tuo caro ardito ardore

sia teco e nel tuo amante sempiterno:

né gelosia lo spenga, o nova fiamma,

lo scemi, o lo consumi a dramma a dramma.

 

Io d'odorate frondi e di bei fiori 

Io, d'odorate frondi e di bei fiori,

che la felice Arabia in grembo asconde,

te sacro un gran altar tra verdi allori

ch’arda mai sempre qui vicino a l'onde;

e de le Ninfe de la nobil Clori

meco la più leggiadra, in queste sponde,

canterà le tue lodi ad una ad una

finché col Sol il ciel tutto s'imbruna.

 

Se vedrem poi destarsi lieta e bella

Se vedrem poi destarsi, lieta e bella,

dal dolce sonno la mia cara luce,

e far con l'una e l'altra ardente stella

invidia al sol quando più splende è luce;

e poi, cantando in questa parte e'n quella,

con l'armonia che sol al ciel m'adduce

in novo stile, il tuo bel nome eterno

farà per queste selve estate e verno.

 

Paolo Virchi 

SeGU’A RINAscer L’AURA 

SeGU’A RINAscer L’AURA e prenda

L’ARCO

Amor soave e dolce,

Ch’ogni cor duro MOLCE,

E son nel mio dir parco,

Ma non avrà però di valor tanto

Quant’ il celeste canto

Di queste, che coi vaghi e lieti accenti

Fan gire i monti e fan fermare i venti.
 

Luzzasco Luzzaschi 

Da l'odorate spoglie (texte de Orsina Cavaletta)

Da l'odorate spoglie

sciogliete omai la mano

ch'l mio voler e disvoler mi toglie.

E quell'Arpa felice,

a cui non si disdice

stringersi col bel petto,

d'Amor fido ricetto,

togliete e con l'usata leggiadria

fateci udir: cara la vita mia.

 

Giaches de Wert 

Cara la vita mia 

Cara la vita mia,

Egli è pur vero ch’altra fiamma d’amor

Non v’ars il petto in tanto tempo

Sì turbat’ e fiero,

Poi che con gl'occh’io veggio

l’aria suave e’l bel sereno volto

E con l’orecchi ascolto

tante care d’amor dolce parole

Che furn’ al mondo sole

Per adolcir d’ogni mio crud’ aspetto,

E quel che brami sempr’ e quel ch’io cheggio

Nelle mie bracc’ io godo,

E col gioire

tempro l’aspra cagion del mio martire.



Maddalena Casulana 

Caro dolce mio Amore 

Caro dolce mio Amore

non mi fuggir, deh, Dio.

se t’ho donato il core

che più non vuoi del mio?

Deh non mi far languire

ch’altro da te non bramo

se non sol che tu m’ami quanto t’amo.

 

Tu sei Clitia il sol mio 

Tu sei, Clitia, il sol mio

e trasformato in te, Clitia, son io;

ch’a i rai del tuo bel volto

sempre mi giro e volto.

Haime! quando mai fia

ch’io sia il tuo sol, e tu la luce mia?
 

Vittoria Aleotti 

Hor che la vaga aurora 

Hor che la vaga Aurora,

sovra un caro di foco

appar in ogni loco,

co’l figlio di Latona

che’l suo dorato crine

a l’Alpi e a le campagne

à noi vicine mostra

con dolci accenti

questi la ben temprata lira suona

onde gli spirti

pellegrini intenti

odono l’armonia

che l’alme nostre al ciel erg’et invia.

 

Marc’Antonio Ingegneri 

Hor che’l ciel e la terra e’l vento tace 

Hor che 'I ciel e la terra e 'I vento tace, 

incominciò colei che l'aria molce 

con angelici accenti, e in lingua dolce

rischiara Secchia con la tosca face. 

Sentian gli spirti altrui beata pace,

tutto l'amar si trammutava in dolce. 

E giva al ciel (che più l'alma soffolce)

mio cor, che via da lei morendo giace. 

Che poi se i moti de suoi tersi avori, 

de’ vaghi lumi e del leggiadro viso,

l'occhio vedea ch'or vana vista intrica; 

che poi s'un di mi spiega i bei tesori, 

o del nome Tiran degn'et nemica,

o qua giù cieli aperti, o paradiso.
 

Giovanni Pierluigi da Palestrina 

Eran le vostre lagrime (texte de Tarquinia Molza)

Eran le vostre lagrime nel viso,

Donna, quel di a vederle

qual in vermiglio vel candide perle

ed io gridava agli occhi

con l’ardor che farete

se con l’umor m’ardete?

Quando fra’l pianto lampeggiando un riso

noi, dissero, in un loco

abbiamo l’acqua e’l foco;

ma col foco immergiamo

e con acqua abbruciamo,

perch’ abbagli l’amante, e si confonda

fra le fiamme e fra l’onda,

ne fia forza mortal che si difenda

ove il foco sommerga, e l’acqua incenda.

 

Cipriano de Rore

Non è ch'il duol mi scemi 

Non è ch'il duol mi scemi o il fuoc' allenti 

Si m’ard’ il fuoc' ogn’ or e il duol mi preme,

Nè che m’aiti chiam’ altro che morte; 

Ma mentr’ io lasso e di più viver sazio, 

Scorgo due si begli occhi ch’a un momento 

Sent’ il fuoco cangiars’ in duro ghiaccio 

E di dolcezza il duol farsi diletto Io provo con effetto 

Che sol un vostro sguardo un cor già spento 

Vivo e beato può far e felice. 

Cosi siete di me vera beatrice.

 

Maddalena Casulana

Dolci e vaghi augelletti 

Dolci e vaghi augelletti,

che per verdi boschetti

soavi versi ogn’ hor gite cantando,

fate col vostro canto

noto il mio largo pianto

a quella fera che m’infiamma e strugge,

e ride del mio male

talché mercè con lei gridar non vale,

poiché da me si fugge

et io resto gridando,

“Rendimi il cor da me già posto in bando.”
 

Giaches de Wert

Vaghi boschetti di soave 

Vaghi boschetti di soavi allori,

di palme e d’amenissime mortelle,

cedri et aranci ch’avean frutti e fiori

contesti in varie forme e tutte belle,

facean riparo ai fervidi calori

de’ giorni estivi con lor spesse ombrelle;

e tra quei rami con sicuri voli

cantando se ne giano i rosignuoli.

 

Paolo Virchi 

Se ’l sol guardo e le stelle 

Se ’l sol guardo e le stelle,

Che son del cielo i lumi,

Non fan che lor bramand’ io mi consumi.

Ma se le cose belle

Ch’ornan la terra io miro,

Desiandole ognor ardo e sospiro.

Così, se ’l canto udissi

Dell’angeliche schiere,

Non credo ch’io più gioia o più piacere

Di quel giammai sentissi

Ch’ho quando Laura ascolto,

E miro il suo bel volto,

Dicendo: ‘In Paradiso

Non è più dolce canto e più bel viso’.

 

Luzzascho Luzzaschi 

O dolcezze amarissime d’amore (texte de Giovanni Battista Guarini)

O dolcezze amarissime d’amore,

quest’è pur il mio core

quest’è pur il mio ben

che più languisco.

Che fa meco il dolor se ne gioisco?

Fuggite Amor amanti, amore amico,

o che fiero nemico!

Allor che vi lusinga, allor che ride,

condisce i vostri pianti

con quel velen che dolcemente ancide.

Non credete ai sembianti

che par soave ed è pungente e crudo

Et è men disarmato all’hor che è nudo.

 

Non sa che sia dolore (texte de Giovanni Battista Guarini)

Non sa che sia dolore

Chi da la vita sua parte e non more.

Cari lumi leggiadri

Amato volto 

Ch'amor mi dié sì tardo, e fier destino

Sì tosto oggi m'ha tolto.

Viver lungi da voi?

Tanto vicino son di mia vita al termine fatale.

Se vivo torno a voi, torno immortale.

 


Maddalena Casulana

Bella d'Amor guerriera

Bella d’Amor guerriera,

che guerra e pace porti,

ben la tua stirpe altera,

BARBARA, non par suoni altro che morti;

ma l’Angelico nome,

i begli occhi e le chiome,

il volto e gli atti accorti

spiran dolci conforti.

 

Perchè al viso d'Amor portava insegna 

Perch’al viso d'Amor portava insegna,

mosse una pellegrina il mio cor vano,

ch’ogni altra mi parea d’honor men degna;

Et lei seguendo su per l’herba verdi,

udí dir alta voce di lontano:

“Ahi, quanti passi per la selva perdi!”

Alhor mi strinsi a l’ombra d’un bel faggio,

tutto pensoso; e rimirando intorno,

viddi assai periglioso il mio viaggio,

et tornai indietro quasi a mezzo il giorno.

 

Francesca Caccini 

Lasciatemi qui solo 

Lasciatemi qui solo

Torante augelli al nido

Mentre l’anime e ‘l duolo

Spiro su questo lido

Altri meco non voglio

Ch’un freddo scoglio

E ‘l moi fatal martire

Lasciatemi morire

 

Dolcissime sirene

Che’n si pietoso canto

Raddolcite mie pene

Fate soave il pianto

Movet’ il nuoto altronde

Togliete all’onde

I crudi sdegni e l’ire

Lasciatemi morire

 

Placidissimi venti

Torante al vostro speco

Sol miei duri lamenti

Chieggo che restin meco

Vostri sospir non chiamo

Solingo bramo

I miei dolor finire

Lasciatemi morire

 

Felicissimi amanti

Torante al bel diletto

Fere escolos’o notanti

Fuggite il mesto aspetto

Sol dolcezza di morte

Apra le porte

All’ ultimo languire

Lasciatemi morire

 

Avarissimi lumi

Che su ‘l morir versate

Amarissimi fiumi

Tard’e vostra pietate

Gia mi sento mancare

O luci avar’e

Tarde al mio conforto

Gia sono e sangu’e smorto

 

Luzzasco Luzzaschi 

Occhi del pianto (texte de Giovanni Battista Guarini)

Occhi del pianto mio,

cagione è del mio duro empio martire,

lasciatemi vi prego ormai morire.

E con morte finir mio stato rio,

che’l vostro darmi aita,

talor con dolce ed amoroso sguardo,

più dogliosa mia vita

rende e cresce la fiamma onde sempr’ardo.

 

Maddalena Casulana

Ovunque volgi il piede 

Ovunque volgi il piede,

il Ciel ivi a Ragion benigno ride,

e s’indi poscia ei riede,

i fiori e l’erbe o ’l caldo o ’l ghiaccio ancide:

fermati, dunque, in queste parti alquanto,

sicché ’l humil mio dir ti honori e ’l canto.

 

E se cio sia godrassi per noi 

e se ciò fia, godrassi

per noi soave un dilettoso Maggio,

che chiaro il sol vedrassi

tener temprato l’alto suo viaggio:

meco cantando e i sacri Cigni approva,

Livia, lodar qual meraviglia nova.

Maddalena Casulana 

Aura che mormorando al bosco

Breeze, that murmuring around the wood

tempers the flame of the ardent sun,

fly you, I beg, now that at noon

my lovely Sun waits for you alone, and sleeps;

and wander into her soft rest

sit down by her and weave with roses and violets

and her golden locks such a noble veil

that heat nor cold will never bother her.

 

Così non senti mai novo furore 

Thus you will never hear the new furore

of the cold Borea combatting the winter,

nor will with turbulent heavens, turbulent water

come down [at night] to give you internal trouble;

and the life of your sweet, bold ardor

will be with you and in your lover forever:

Nor will jealousy extinguish it, o new flame,

or diminish it, or consume it bit by bit.

 

Io d'odorate frondi e di bei fiori  

I, of the fragrant plants and the beautiful flowers,

that happy Arabia hides in her breast,

I will consecrate a grand altar in the green laurels

that will burn forever here by the waves;

and the loveliest of the noble Cloris’s Nymphs,

with me on these shores,

will sing your praises to each other

until the sky darkens all [from] the Sun.

 

Se vedrem poi destarsi lieta e bella 

And we will then see her wake up, happy and beautiful,

from sweet sleep, my dear light,

and make one and another burning star

envious of the Sun, since her light is brighter;

and then, singing in this place and in that,

in harmony with which the Sun leads me to heaven

in a new style, your beautiful eternal name

will make summer and winter for these woods.

 

Traduction par Prof. Laurie Stras
 

Paolo Virchi 

SeGU’A RINAscer L’AURA 

May the dawn breeze (aura) be reborn, and

May sweet and gentle

Cupid take up his bow (arco),

Which softens (molce) every hard heart,

And in my modest opinion

These things will not be so worthy

As the celestial singing

Of these [women], who with their alluring and joyous strains

Cause mountains to move, and winds to cease.

 

Traduction par Martin Morell
 

Luzzasco Luzzaschi 

Da l'odorate spoglie (texte de Orsina Cavaletta)

From those fragrant garments

now release your hand,

Which undoes my will and my unwillingness.

And that happy harp,

Which does not seem unbecoming

Pressed against your lovely breast,

Faithful refuge of Love,

Take it up, and with your usual grace

Let us hear: “my dear life.”


Giaches de Wert 

Cara la vita mia 

My dear life,

It is true that no other flame of love

Has burned in your breast for so long,

So troubled and fierce,

Since with my eyes I see

The gentle air and the beautiful serene face,

And with my ears I hear

Such dear words of sweet love,

Which bring sunshine to the world

To soften all the cruel torments of waiting,

And that which I had always desired and asked for,

I enjoy in my arms,

And with joy

I temper the bitter cause of my suffering.


Maddalena Casulana 

Caro dolce mio Amore 

My dear, sweet Love,

do not fly from me, oh God!

If I have given you my heart,

What more do you want than mine?

Oh, do not make me languish,

since I long for nothing other than you,

save only that you love me as much as I love you.

 

Tu sei Clitia il sol mio 

You are, Clizia, my sun

and I am transformed, Clizia, in you;

that to the rays of your face

I ever turn and face.

Oh, when will it ever be

that I might be your sun, and you my light?

 

Traduction par Prof. Laurie Stras
 

Vittoria Aleotti 

Hor che la vaga aurora 

Now that the lovely dawn

upon her chariot of fire,

appears in every place

with the son of Latona,

who shows his golden hair

to the Alps and to the countryside

Around us,

With sweet accents

He sounds the well-tuned lyre,

so that wandering spirits, intent,

hear the harmony

which invites and raises our souls to heaven.

 

Marc’Antonio Ingegneri 

Hor che’l ciel e la terra e’l vento tace 

'Hor che 'l ciel e la terra e 'l vento tace',

began she who soothes [Molze] the air

with angelic accents, and in sweet tongue

illuminates the Secchia with the Tuscan torch [i.e. the words of Petrarch]. 

The others' souls felt a blessed peace

all bitterness transformed into sweetness.

And there rose to heaven (that comforts the soul still more)

my heart, which parted from her lies dying.

What, then, if the movements of her polished ivories,

of her beautiful eyes and charming face,

the eye could see, which is now snared by empty visions; 

If what, then, if one day she reveals her beautiful treasures to me,

Oh she who is worthy of but opposed to the tyrant's name [Roman tyrant Tarquinius],

Oh heavens opened to us below on earth, oh paradise?

 

Traduction par Prof. Laurie Stras
 

Giovanni Pierluigi da Palestrina 

Eran le vostre lagrime (texte de Tarquinia Molza)

Were there tears upon your face,

my lady, that day I saw you,

like white pearls in a vermilion veil,

and I cried out to my eyes

with passion, what will you do

if, with these tears, you burn me?

When between the tears a smile flashed,

we, as we say, in one moment

Have both water and fire;

but with fire we immerse ourselves

and with water burn ourselves,

for the dazzled lover is tossed between

flames and floods.

Nor can mortal power defend itself

when fire drowns and water burns.
 

Cipriano de Rore

Non è ch'il duol mi scemi 

It is not that my pain diminishes or the fire relents.

Indeed the fire burns me every hour and the pain oppresses me,

Nor that I call upon any other help but death,

But while I become weary of living any longer,

I behold two beautiful eyes that in a moment

Feel the fire turn to hard ice

And the pain turn to sweetness and delight,

I know with certainty that just one glance from you

Will make my spent heart

Live, blessed and happy.

Thus you are to me a true Beatrice

 

Maddalena Casulana

Dolci e vaghi augelletti 

Sweet and lovely little birds

that among the green groves

wander singing sweet verses

make my immense weeping

manifest with your song

to that wild one who inflames and torments me

and laughs at my pain,

so much so that is not worth pleading with her,

since she flees from me

and I remain, wailing,

“Give me back the heart that I have already exiled.”

 

Traduction par Prof. Laurie Stras 

 

Giaches de Wert

Vaghi boschetti di soave 

Beautiful groves of sweet laurels,

palms, pleasant myrtles, 

cedars and citrus trees bearing both fruit and flower

display themselves in various forms, all beautiful,

giving shade from the intense heat

of summer days with their thick canopy:

and among those branches swiftly fly 

the nightingales, singing on the wing. 

 

Paolo Virchi 

Se ’l sol guardo e le stelle 

If I behold the sun and stars,

Which are the eyes of heaven,

They do not make me waste away in yearning for them.

But if I behold the beautiful things

That adorn the earth,

I burn and sigh with desire for them.

Thus, were I to hear the singing

Of the hosts of angels,

I do not believe that I would feel

Greater joy or pleasure

Than when I listen to Laura,

And gaze upon her fair countenance,

Saying, “In Paradise

No song is sweeter or face more fair.”

 

Traduction par Martin Morell

 

Luzzascho Luzzaschi 

O dolcezze amarissime d’amore (texte de Giovanni Battista Guarini)

Oh bittersweet love,

this is indeed my heart

this is indeed my love

that causes me to languish most.

What does this pain do to me, even as I rejoice in it?

Flee from Love, lovers, friends,

Oh what a fierce enemy!

All the while he flatters you, while he smiles,

He spices your tears

With venom that sweetly kills

Don’t believe his appearances,

That seem gentle but are sharp and cruel,

And are even less harmless when he is naked.

 

Non sa che sia dolore (texte de Giovanni Battista Guarini)

He does not know what pain is, 

who gives his life and does not die.

Dear graceful eyes,

Beloved face,

Which love gave me so late, and fierce destiny

Has taken from me so soon today.

Living far from you?

I am so close to the end of my life.

If I live, I will return to you, and return immortal.


Maddalena Casulana

Bella d'Amor guerriera

Beautiful warrior of Love

you, who bring war and peace,

Indeed, your proud lineage,

Barbara[no], seems to announce nothing but deaths.

But the angelic name,

the beautiful eyes and the hair,

the face and the quick movements

whisper sweet comforts.

 

Traduction par Prof. Laurie Stras

 

Perchè al viso d'Amor portava insegna 

Because she bore Love’s colours in her face

a pilgrim moved my proud heart –

all others seemed less worthy of honour;

and I following her along green grass,

I heard a loud voice cry out from far away:

“How many steps you are wasting in the forest!”

So I clung to the shade of a beautiful beech,

all thoughtful; and looking around

I saw how dangerous was my journey;

and I turned back around noon.

 

Traduction par Prof. Laurie Stras

 

Francesca Caccini 

Lasciatemi qui solo 

Leave me alone

Return, birds, to your nests

While my soul and my pain

I give up on these shores

I want no other with me

Than a cold rock

And my fated death

Leave me to die

 

Sweetest sirens

Who with such merciful song

Sweeten my suffering

And soften my weeping

Go elsewhere to swim

Dampen the waves

Of cruel scorn and its ire

Leave me to die

 

Calmest winds

Return to your cave

I only ask that my hard laments

Remain with me

I do not call upon your sighs

Alone I wish

To end my sufferings

Leave me to die

 

Happiest lovers

Return to your beautiful pleasures

Wild beasts, birds and fish,

Flee from this sad countenance

Only the sweetness of death

Should open its doors

To this final languishing

Leave me to die

 

Most avaricious eyes

That at death spill

The bitterest rivers

Your pity comes too late

Already I feel myself fail

Oh stinging eyes

Slow to comfort me

I am already bloodless and dead.

 

Luzzasco Luzzaschi 

Occhi del pianto (texte de Giovanni Battista Guarini)

Eyes,cause of my tears,

And of my harsh, ungodly torment,

let me die, I beg you.

And with death end my wretched state,

for your offered help,

Occasionally with sweet and loving glances,

makes my life even more unbearable

and increases the flame with which I always burn.

 

Maddalena Casulana

Ovunque volgi il piede 

Wherever you turn your step,

Heaven there, with Reason, kindly laughs,

and then afterwards, if he goes away,

the flowers and the grass are killed by heat or ice:

Stop, then, in this place for a while,

so that I may honour you with my humble speech and song.

 

E se cio sia godrassi per noi 

And if that comes to pass, may you enjoy

through us a sweet and delightful May,

and may you see the bright sun,

holding tempered his high journey:

singing with me, and the sacred swans show,

Livia, to praise such a new marvel.

 

Traduction par Prof. Laurie Stras

 

Sauf indication contraire, traductions par Hannah Ely

Fieri Consort

Se produisant sans chef, Fieri propose des programmes innovants et captivants, avec une spécialisation dans le riche et varié répertoire italien des XVIe et XVIIe siècles. Qu’il s’agisse de concerts a cappella, accompagnés d’instruments anciens, avec des artistes invités ou même avec la participation du public, leurs interprétations se distinguent par leur ingéniosité et s’appuient sur l’expérience et le savoir collectif de l’ensemble. Fieri a publié cinq albums à ce jour ; son premier disque, Tears of a Lover, a été choisi comme album du mois par BBC Music Magazine. Leur sixième enregistrement paraîtra prochainement et mettra à l’honneur la musique de Maddalena Casulana, première femme à publier sous son propre nom. 

Hannah Ely

direction musicale

Installée à Bruxelles, la soprano britannique Hannah Ely est membre fondatrice, soprano et administratrice du Fieri Consort. Spécialisée dans les répertoires de la Renaissance et du Baroque, elle se produit en tant que soliste en Belgique, au Danemark, en Allemagne, en Suisse et au Royaume-Uni avec des ensembles de musique ancienne tels que Il Gardellino, l’Orchestra of the Age of Enlightenment et Alia Mens Ensemble. Elle collabore également régulièrement avec divers ensembles vocaux de petite taille à travers l’Europe, notamment Collegium Vocale Gent, Huelgas Ensemble, Vox Luminis, Stile Antico et The Tallis Scholars.

Ces dernières années, elle s’est particulièrement intéressée aux diminutions, à l’ornementation et aux pratiques d’accompagnement, notamment aux côtés d’Oliver Webber et du Monteverdi String Band. Elle forme par ailleurs le duo Accenti avec le gambiste Harry Buckoke. Ensemble, ils explorent les pratiques d’interprétation du madrigal pour voix soliste, en s’intéressant notamment à l’ornementation et à l’intabulation aux XVIe et XVIIe siècles.

soprano

Lucinda Cox

Hannah Ely 


mezzo-soprano

Stephanie Dillon 


ténor

Christopher Fitzgerald-Lombard

Thomas Kelly


basse

Ben Rowarth 


luth

Toby Carr 

 

viole de gambe

Harry Buckoke

Dans le cadre de Bellezza e Bruttezza, Bozar explore, en collaboration avec trois ensembles de premier plan, la fascinante tension entre beauté et laideur dans la musique des XVIe et XVIIe siècles. Graindelavoix examine la notion de « laideur » à travers l’œuvre de Cipriano de Rore, le compositeur novateur qui, selon le directeur artistique Björn Schmelzer, a introduit une nouvelle force brute dans la musique grâce à son chromatisme audacieux. Car la laideur ne peut-elle pas être une source de beauté, se demande Schmelzer. L’ensemble italien La Fonte Musica (2 juin'26) se concentre sur Anchor che col partire, l’un des madrigaux les plus influents de la Renaissance et un symbole intemporel de beauté. Le chef Michele Pasotti tisse le chef-d’œuvre de De Rore avec des arrangements de contemporains pour en faire une suite continue où la beauté adopte des formes toujours plus riches. Avec Fieri Consort (8 Avr.'26), la directrice artistique Hannah Ely apporte une perspective féminine au thème de la beauté. Son programme réunit des œuvres, entre autres, de Maddalena Casulana, Raphaella Aleotti et Francesca Caccini – trois compositrices exceptionnelles qui ont fait entendre leur voix dans un monde musical encore largement dominé par les hommes.

Bozar Maecenas

Patrick Derom Gallery • Monsieur et Madame Bertrand Ferrier • Baron en Barones Marnix Galle-Sioen • Baron Xavier Hufkens • Monsieur et Madame Laurent Legein • Madame Heike Müller • Monsieur et Madame Dominique Peninon • Monsieur et Madame Antoine Winckler • Monsieur et Madame Bernard Woronoff • Chevalier Godefroid de Wouters d'Oplinter

Bozar Fine Art Circle Founding Members

Mr and Mrs Ravi Bhansali • De Heer en Mevrouw Dirk Cavens • Monsieur Simon Devolder • Baron Xavier Hufkens • Monsieur Charles Riva

Bozar Patrons

Monsieur et Madame Charles Adriaenssen • Madame Marie-Louise Angenent • Madame Joséphine d’Ansembourg • Monsieur Werner d’Ansembourg • Comtesse Laurence d'Aramon • Monsieur Jean-François Bellis • Baron et Baronne Berghmans • De heer Stefaan Bettens • Monsieur Philippe Bioul • Mevrouw Roger Blanpain-Bruggeman • Madame Laurette Blondeel • Comte et Comtesse Boël • Monsieur et Madame Thierry Bouckaert • Monsieur Thierry Boutemy • Madame Anny Cailloux • Madame Valérie Cardon de Lichtbuer • Madame Catherine Carniaux • Monsieur Jim Cloos et Madame Véronique Arnault • Mevrouw Chris Cooleman • Monsieur Emile Culot • Madame Marguerite Culot • Monsieur et Madame Denis Dalibot • Madame Bernard Darty • De heer en mevrouw Philippe De Baere • Prince et Princesse de Chimay • De heer Frederic Depoortere en mevrouw Ingrid Rossi • Madame Louise Descamps • Madame Hélène Deslauriers • Monsieur Amand-Benoit D'Hondt • De heer Bernard Dubois • Madame Claudine Duvivier • Madame Dominique Eickhoff • Baron et Baronne William Frère • Baron et Baronne Pierre Gurdjian • De heer en mevrouw Philippe Haspeslagh - Van den Poel • Madame Susanne Hinrichs et Monsieur Peter Klein • Monsieur Jean-Pierre Hoa • Madame Bonno H. Hylkema • Madame Fernand Jacquet • Baron Edouard Janssen • Madame Elisabeth Jongen • Monsieur et Madame Jean-Louis Joris • Monsieur et Madame Adnan Kandiyoti • Monsieur Sander Kashiva • Monsieur Sam Kestens • Monsieur et Madame Klaus Körner • Monsieur Pierre Lebeau • Monsieur et Madame François Legein • Monsieur et Madame Charles-Henri Lehideux • Monsieur et Madame Philippe le Hodey • Madame Gérald Leprince Jungbluth • Monsieur Xavier Letizia • Monsieur Bruno van Lierde • Madame Florence Lippens • Monsieur et Madame Clive Llewellyn • Monsieur et Madame Thierry Lorang • Madame Denise Louterman • Madame Olga Machiels-Osterrieth • De heer Peter Maenhout • Monsieur et Madame Alain Mallart • De heer en mevrouw Frederic Martens • Monsieur et Madame Dominique Mathieu-Defforey • De heer en mevrouw Frank Monstrey (urbion) • Madame Philippine de Montalembert • Madame Nelson • Dr. Bram Peeters et Monsieur Lucas Van Molle • Madame Christine Perpette • Famille Philippson • Monsieur Gérard Philippson • Comte et Comtesse Antoine de Pracomtal • Monsieur Bernard Respaut • Madame Elisabetta Righini et Monsieur Craig Finch • Monsieur et Madame Michael Rosenthal • Monsieur et Madame Frédéric Samama • Monsieur et Madame Philippe Schöller • Monsieur et Madame Hans C. Schwab • Monsieur et Madame Tommaso Setari • Monsieur et Madame Olivier Solanet • Monsieur Eric Speeckaert • Monsieur Jean-Charles Speeckaert • Madame Apolline de Spoelberch •Monsieur Guillaume de Spoelberch • Monsieur Paul de Spoelberch • Vicomte Philippe de Spoelberch et Madame Daphné Lippitt • Madame Anne-Véronique Stainier • Monsieur Didier Staquet et Madame Lidia Zabinski • De heer Karl Stas • Mevrouw Caroline Steyaert • Monsieur et Madame Philippe Stoclet • Monsieur Nikolaus Tacke et Madame Astrid Cuylits • De heer en mevrouw Coen Teulings • Monsieur et Madame Philippe Tournay • De heer en mevrouw Koen en Anouk Van Balen-Stulens • Monsieur et Madame Xavier Van Campenhout • De heer Marc Vandecandelaere • De heer Alexander Vandenbergen • Mevrouw Barbara Van Der Wee en de heer Paul Lievevrouw • Monsieur Michel Van Huffel • De heer Koen Van Loo • De heer en mevrouw Anton Van Rossum • De heer Johan Van Wassenhove • Monsieur et Madame Albert Wastiaux • Monsieur Luc Willame • Madame Danuta Zedzian • Monsieur et Madame Jacques Zucker 

Bozar Circle

Monsieur Axel Böhlke et Madame Clara Huizink • Monsieur et Madame Paul De Groote • Monsieur Rodolphe Dulait Madame Liliane Gam Madame Valeria Onofrj Sir Gabriel Smit Pergolizzi • De heer en mevrouw Remi en Evelyne Van Den Broeck• Monsieur Guillaume van Doorslaer et Madame Emily Defreyne  

Et tous nos Membres qui souhaitent rester anonymes.