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Giorgi Gigashvili – ECHO Rising Star

7 Juin'26
- 11:00

HLB Stage

Clara Schumann (1819-1896) 
Variationen über ein Thema von Robert Schumann, op. 20 (1853) 

Natalie Beridze (°1979) 
Holy Atoms (commande ECHO & Konzerthaus Dortmund, Kölner Philharmonie, Philharmonie Luxembourg et NOSPR Katowice ; création belge) 

Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) 
Lieder ohne Worte, op. 19 (1829-31) 

 Fanny Mendelssohn (1805-1847) 
Vier Lieder ohne Worte, op. 8 (publ. 1850) 

 
Concert sans pause. Introduction par Maarten Sterckx, Music Programmer Bozar. 

Durée ca. 1h 

Avec le soutien du Stichting van Well van der Snoek. 

Petites clés : 

  • Remarquez comment, dans les variations de Clara Schumann, le thème reste toujours facilement reconnaissable malgré la diversité des caractères, à l’image d’un personnage qui revêt sans cesse de nouveaux atours.
  • Il est intéressant de comparer les différents Lieder ohne Worte des Mendelssohn. Contrairement au plaisir apparemment sans effort et idéalisé des petites œuvres de Felix, Fanny semble rechercher une expression plus tourmentée.
  • En raison de l’alternance, au niveau rythmique, de temps courts et faibles, le groove entraînant de Holy Atoms est souvent légèrement irrégulier. Essayez de suivre le rythme en battant du doigt ou des orteils. 

Faire chanter le piano 

Avec Fanny Mendelssohn et Clara Schumann, ce programme met à l’honneur deux compositrices dont l’œuvre laissera sans doute à jamais le sentiment d’un potentiel inexploité. Prisonnières d’un schéma de rôles imposé par l’esprit du temps, aucune d’elles n’a pu vraiment déployer pleinement son talent. On ne peut que se réjouir qu’il soit aujourd’hui de moins en moins surprenant de commenter un programme dans lequel les compositrices éclipsent leurs collègues masculins à raison de trois contre un. Un deuxième fil conducteur traverse également ce programme : la volonté d’imiter au piano les capacités mélodiques de la voix humaine. Un choix thématique qui n’étonne guère quand on sait que Georgi Gigashvili a découvert son amour pour la musique en chantant à tue-tête des chansons pop lorsqu’il était enfant. 

Abraham Mendelssohn n’a certainement pas révolutionné les mœurs en inculquant ceci à sa fille Fanny Mendelssohn, dès son plus jeune âge : « Peut-être que Félix fera de la musique son métier, mais en ce qui te concerne, elle ne pourra et ne devra jamais être qu’un ornement, et non l’essence même de tes activités. […] Persévère dans cette conviction et cette attitude, car elles sont féminines, et seule la féminité honore les femmes. » Son frère Felix suit la même ligne de pensée : les femmes ne sont pas censées composer. Impossible pour lui d’intervenir pour faire publier l’œuvre de sa sœur, étant donné « sa vision et sa conviction ».  

Il n’est donc pas étonnant que Fanny ait largement réprimé son désir de publier sa musique. Ce n’est qu’un an avant sa mort, après de longues insistances de l’éditeur Bote & Bock, qu’elle accepta de publier de sept numéros d’opus. À cette occasion, Felix retourna remarquablement sa veste : « Je te souhaite de ne connaître que les joies de l’écriture et non ses misères, que le public te jette des roses et jamais du sable, et que l’encre d’imprimerie ne t’oppresse jamais… mais en réalité, je n’en doute pas. » Mieux encore, après la mort de Fanny, Felix fit paraître quatre autres opus, dont les Lieder ohne Worte, op. 8

En 1832, c’est lui, Felix, qui donna naissance à ce genre romantique par excellence, même s’il eut quelques difficultés à lui trouver une appellation appropriée. Il envisagea d’abord Mélodies ou Romances, avant d’opter (sur une suggestion de Fanny, qui plus est) pour Lieder ohne Worte, un titre qui résume parfaitement la quête éternelle visant à transposer le chant de la voix humaine au clavier. Le fait que l’opus 19 de Mendelssohn contienne, outre ses six premiers Lieder ohne Worte, six lieder avec paroles, ne fait que renforcer l’inspiration vocale qui nourrit ces œuvres. 

Outre ce caractère très chantant, le titre Lieder ohne Worte évoque l’intimité du salon, un espace musical propice à la confession personnelle. Les Lieder ohne Worte des frère et sœur Mendelssohn s’apparentent ainsi presque à des journaux intimes. Ils semblent composés avec une grande spontanéité et liberté d’expression. Bien que la suggestion d’un texte imaginaire semble indiquer le contraire, il n’existe aucun programme spécifique sous-jacent, ce qui laisse libre cours à l’imagination de l’auditeur.  

Contrairement à Fanny Mendelssohn, la jeune Clara Wieck fut encouragée par son père tyrannique à développer pleinement son talent musical. Friedrich Wieck estimait même que sa fille devait renoncer à la couture et au tricot afin de ne pas nuire au développement de sa technique pianistique. Cette éducation rigoureuse porta toutefois ses fruits. Aux yeux de la presse musicale, Clara était, en tant que pianiste, l’égale de ses collègues masculins : « son jeu est non seulement élégant comme celui de Moscheles, brillant et fougueux comme celui de Kalkbrenner, sentimental comme celui de Liszt, excellent et gorgé d’étrangetés comme celui de Chopin, mais aussi animé en tout point par un génie délicieux. » 

Tout au long de ces succès, un homme était constamment derrière le dos de Clara : d’abord son père, puis son mari, Robert Schumann. Ce dernier adopta une attitude assez ambiguë face aux ambitions musicales de sa bien-aimée. Bien qu’il la reconnaisse comme son égale musicale et son âme sœur – « tu me complètes en tant que compositeur, tout comme je te complète » –, l’identité de Clara en tant que femme prima toujours à ses yeux sur celle d’artiste, tout comme il estimait que sa propre création artistique l’emportait sur celle de Clara, qui resterait principalement interprétative. 

Lorsqu’elle se remit à composer en 1853, après une pause de sept ans, Clara était donc en proie au doute. « Une faible et nouvelle tentative de sa vieille Clara », c’est ainsi qu’elle décrivit ses Variations sur un thème de Robert Schumann. La composition lui était devenue difficile après ces longues années d’inactivité : « Mes dernières bonnes années s’en vont, mes forces aussi. Je peux à peine dire à quel point je me sens découragée. » 

Clara choisit le thème de ses variations dans le recueil Bunte Blätter, op. 90 de Robert. Un an plus tard, ce même thème inspira également leur jeune ami Johannes Brahms pour ses propres Variations sur un thème de Robert Schumann, op. 9. Sur une suggestion de Brahms, Clara ajouta une deuxième citation dans la coda de la dernière variation. Le thème de Schumann y dialogue, à la main gauche, avec celui de la Romance variée, op. 3 de Clara, une mélodie portant une signification particulière pour le couple Schumann. Bien des années auparavant, Robert avait en effet lui-même basé ses Impromptus sur une Romance de Clara Wieck, op. 5

Dans ses variations, Clara se révèle être l’âme sœur de son mari sur le plan esthétique. L’œuvre est techniquement exigeante, voire rebelle, mais loin de toute démonstration virtuose creuse. Alors que Brahms, dans ses variations, retourne complètement le thème de Schumann, Clara reste très proche de l’original. Le chant prime, baigné à chaque instant dans une lumière changeante. 

Si Natalie Beridze avait composé Holy Atoms au XIXe siècle, les critiques lui auraient sans doute reproché un style trop « masculin ». Beridze lance en effet un défi de taille à l’interprète : comment conserver son sang-froid et sa précision à une vitesse supersonique ? Holy Atoms est un tourbillon vertigineux où le moindre accent mal placé peut faire s’effondrer toute la construction. Le pianiste ne peut se permettre aucun moment de faiblesse ni de manque de concentration. Beridze, principalement active dans le monde de la pop et de la musique électronique, est partie à la recherche de son identité géorgienne dans cette œuvre qui marque sa première création pour piano solo. Elle utilise des structures rythmiques irrégulières issues de la musique ethnique et considère cette pièce comme un reflet du caractère géorgien : rebelle, mais toujours avec un sens de l’humour et du plaisir, même au cœur des plus grandes épreuves. 

Elias Van Dyck

 

Giorgi Gigashvili

piano

Né à Tbilissi, en Géorgie, en 2000, Giorgi Gigashvili a étudié le piano sans jamais envisager de faire carrière en tant que pianiste professionnel. Passionné par les chants populaires de son pays, il aime arranger et interpréter cette musique ; il a même participé à la version géorgienne de « The Voice », remportant le premier prix à l’âge de treize ans. Parallèlement, parmi ses nombreuses activités créatives, il a fréquenté l’École centrale de musique Paliashvili pour enfants surdoués et est entré au Conservatoire d’État de Tbilissi dans la classe de Revaz Tavadze.  

En avril 2019, il a remporté le 1er prix au Concours international de piano de Vigo, dont Martha Argerich était la présidente du jury. En 2021, il a reçu le Prix spécial Hortense Anda-Bührle lors du quinzième Concours Géza Anda à Zurich ; cela a permis à la Fondation Géza Anda de le recommander pour participer au KlavierOlymp à Bad Kissingen, où il a remporté le premier prix et le prix du public. En mars 2023, Giorgi a célébré un autre grand succès : il a remporté le 2e prix au Concours international de piano Arthur Rubinstein et s’est également vu décerner le Prix du jury junior, le Prix de la meilleure musique de chambre et 5 des 6 prix du public. Au printemps 2024, il a reçu le Prix Terrence Judd-Hallé ; à l’automne 2024, il s’est vu décerner le Prix de la musique de l’économie allemande et le Prix du public des Festspiele Mecklenburg-Vorpommern.  

Son premier album, Meeting my Shadow, est sorti en avril 2023 chez Alpha Classics. L'album a été très bien accueilli dès sa sortie : il révèle toute la palette de ses couleurs et met à l'honneur Scarlatti, Beethoven, Scriabine et Messiaen. Son album solo, consacré à des œuvres de Prokofiev, a sorti chez Alpha en janvier 2026.  

Dans le cadre de sa nomination en tant qu’ECHO Rising Star 2025/26, il se produira dans les plus grandes salles européennes, notamment au Barbican Centre de Londres, au Bozar de Bruxelles, à la Fondation Gulbenkian de Lisbonne, à la Philharmonie de Paris, à l’Elbphilharmonie de Hambourg, au Concertgebouw d’Amsterdam, à la Philharmonie de Cologne, le Konzerthaus de Dortmund, le Palau de la Música de Barcelone, le Müpa de Budapest, la Philharmonie de Luxembourg, le Wiener Konzerthaus, et bien d’autres encore.  

Il s’est par ailleurs engagé auprès de l’Orchestra della Svizzera Italiana, de la Kammerakademie de Potsdam, de l’Orchestre d’État de Hambourg, de l’Orchestre philharmonique de Munich et de l’Orchestre philharmonique d’Israël. La tournée de récitals avec Lisa Batiashvili en Europe et en Amérique du Nord au printemps 2026 constituera un moment fort particulier. Giorgi allie sa carrière de pianiste classique à sa passion pour la musique électronique et expérimentale : « Georgian on my mind » est un programme mettant en vedette la chanteuse Nini Nutsubidze et qui associe des chants folkloriques géorgiens à des pièces classiques de Chopin ou Bartók, par exemple. « Serious Music », avec Nikala, est une expérience scénique unique en son genre où le classique rencontre la modernité, une synthèse de musique académique et électronique. Ces deux projets, ainsi que la première mondiale de l’œuvre composée par Giorgi pour orchestre, piano et électronique, ont été présentés dans le cadre de sa bourse au Beethovenfest de Bonn en septembre 2024.  

Giorgi a étudié avec Kirill Gerstein à la Hochschule für Musik Hanns Eisler de Berlin et avec Nelson Goerner à Genève. Il bénéficie du soutien de la Fondation Lisa Batiashvili, de la stArtacademy de Bayer Kultur et de la Fondation Orpheum pour la promotion des jeunes solistes. Giorgi a été sélectionné comme BBC New Generation Artist 2023-2025 et a été nominé pour le prix ECHO Rising Star pour la saison 2025/26. Depuis 2025, il est Steinway Artist. 

Giorgi Gigashvili a été nommé « Rising Star » pour la saison ’25-’26 par la Konzerthaus Dortmund, la Kölner Philharmonie, la Philharmonie Luxembourg et NOSPR Katowice dans le cadre du réseau European Concert Hall Organisation (ECHO). Durant sa tournée européenne, l’artiste est invité à se produire à Bozar et à donner un concert privé pour les résidents du Petit-Château (Centre d’arrivée des réfugiés), en collaboration avec les associations Fedasil et Orfeo

Bozar Maecenas

Patrick Derom Gallery • Monsieur et Madame Bertrand Ferrier • Baron en Barones Marnix Galle-Sioen • Baron Xavier Hufkens • Monsieur et Madame Laurent Legein • Madame Heike Müller • Monsieur et Madame Dominique Peninon • Monsieur et Madame Antoine Winckler • Monsieur et Madame Bernard Woronoff • Chevalier Godefroid de Wouters d'Oplinter

Bozar Fine Art Circle Founding Members

Mr and Mrs Ravi Bhansali • De Heer en Mevrouw Dirk Cavens • Monsieur Simon Devolder • Baron Xavier Hufkens • Monsieur Charles Riva

Bozar Patrons

Monsieur et Madame Charles Adriaenssen • Madame Marie-Louise Angenent • Madame Joséphine d’Ansembourg • Monsieur Werner d’Ansembourg • Comtesse Laurence d'Aramon • Monsieur Jean-François Bellis • Docteur Amine Benyakoub • Baron et Baronne Berghmans • De heer Stefaan Bettens • Monsieur Philippe Bioul • Mevrouw Roger Blanpain-Bruggeman • Madame Laurette Blondeel • Comte et Comtesse Boël • Monsieur et Madame Thierry Bouckaert • Monsieur Thierry Boutemy • Madame Anny Cailloux • Madame Valérie Cardon de Lichtbuer • Madame Catherine Carniaux • Madame Paloma Castro Martinez de Tejada • Monsieur Jim Cloos et Madame Véronique Arnault • Mevrouw Chris Cooleman • Monsieur Emile Culot • Madame Marguerite Culot • Monsieur et Madame Denis Dalibot • Madame Bernard Darty • De heer en mevrouw Philippe De Baere •  De heer Frederic Depoortere en mevrouw Ingrid Rossi • Madame Louise Descamps • Madame Hélène Deslauriers • Monsieur Amand-Benoit D'Hondt • De heer Bernard Dubois • Madame Claudine Duvivier • Madame Dominique Eickhoff • Baron et Baronne William Frère • Baron et Baronne Pierre Gurdjian • De heer en mevrouw Philippe Haspeslagh - Van den Poel • Madame Susanne Hinrichs et Monsieur Peter Klein • Monsieur Jean-Pierre Hoa • Madame Bonno H. Hylkema • Madame Fernand Jacquet • Baron Edouard Janssen • Madame Elisabeth Jongen • Monsieur et Madame Jean-Louis Joris • Monsieur et Madame Adnan Kandiyoti • Monsieur Sander Kashiva • Monsieur Sam Kestens • Monsieur et Madame Klaus Körner • Madame Marleen Lammerant • Monsieur Pierre Lebeau • Monsieur et Madame François Legein • Monsieur et Madame Charles-Henri Lehideux • Monsieur et Madame Philippe le Hodey • Madame Gérald Leprince Jungbluth • Monsieur Xavier Letizia • Monsieur Bruno van Lierde • Madame Florence Lippens • Monsieur et Madame Clive Llewellyn • Monsieur et Madame Thierry Lorang • Madame Denise Louterman • Madame Olga Machiels-Osterrieth • De heer Peter Maenhout • Monsieur et Madame Alain Mallart • De heer en mevrouw Frederic Martens • Monsieur et Madame Dominique Mathieu-Defforey • De heer en mevrouw Frank Monstrey (urbion) • Madame Philippine de Montalembert • Madame Nelson • Dr. Bram Peeters et Monsieur Lucas Van Molle • Madame Christine Perpette • Famille Philippson • Monsieur Gérard Philippson • Comte et Comtesse Antoine de Pracomtal • Monsieur Bernard Respaut • De heer en mevrouw Guy en Martine Reyniers • Madame Elisabetta Righini et Monsieur Craig Finch • Monsieur et Madame Michael Rosenthal • Monsieur et Madame Frédéric Samama • Monsieur et Madame Philippe Schöller • Monsieur et Madame Hans C. Schwab • Monsieur et Madame Olivier Solanet • Monsieur Eric Speeckaert • Monsieur Jean-Charles Speeckaert • Madame Apolline de Spoelberch • Monsieur Guillaume de Spoelberch • Monsieur Paul de Spoelberch • Vicomte Philippe de Spoelberch et Madame Daphné Lippitt • Madame Anne-Véronique Stainier • Monsieur Didier Staquet et Madame Lidia Zabinski • De heer Karl Stas • Mevrouw Caroline Steyaert • Monsieur et Madame Philippe Stoclet • Monsieur Nikolaus Tacke et Madame Astrid Cuylits • De heer en mevrouw Coen Teulings • Monsieur et Madame Philippe Tournay • Dr. Philippe Uytterhaegen • De heer en mevrouw Koen en Anouk Van Balen-Stulens • Monsieur et Madame Xavier Van Campenhout • De heer Marc Vandecandelaere • De heer Alexander Vandenbergen • Mevrouw Barbara Van Der Wee en de heer Paul Lievevrouw • Monsieur Michel Van Huffel • De heer Koen Van Loo • De heer en mevrouw Anton Van Rossum • De heer Johan Van Wassenhove • Monsieur et Madame Albert Wastiaux •  Monsieur Luc Willame • Madame Danuta Zedzian • Monsieur et Madame Jacques Zucker 

Bozar Circle

Monsieur Axel Böhlke et Madame Clara Huizink • Monsieur et Madame Paul De Groote • Monsieur Rodolphe Dulait • Madame Liliane Gam Madame Valeria Onofrj Mevrouw Natasja Peeters • Sir Gabriel Smit Pergolizzi • De heer en mevrouw Remi en Evelyne Van Den Broeck • Monsieur Guillaume van Doorslaer et Madame Emily Defreyne  

Et tous nos Membres qui souhaitent rester anonymes.