Nikola Meeuwsen
12 Fév.'26
- 20:00
Salle M
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Sonate pour piano n° 4 en mi bémol majeur, KV 282 (1774-1775)
- Adagio
- Menuetto I and II
- Allegro
Dmitri Sjostakovitsj (1906-1975)
Sonate pour piano n° 2 en si mineur, op. 61 (1943)
- Allegretto
- Largo
- Moderato
pause
Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)
Variations sérieuses, op. 54 (1841)
- Thème: Andante sostenuto
- Variation 1
- Variation 2: Un poco più animato
- Variation 3: Più animato
- Variation 4
- Variation 5: Agitato
- Variation 6: A tempo
- Variation 7: Con fuoco
- Variation 8: Allegro vivace
- Variation 9
- Variation 10: Moderato
- Variation 11: Cantabile
- Variation 12: Tempo del Tema
- Variation 13: Sempre assai leggiero
- Variation 14: Adagio
- Variation 15: Poco a poco più agitato
- Variation 16: Allegro vivace
- Variation 17
- Coda: Presto
Alexander Skrjabin (1872-1915)
Deux Poèmes, op. 32 (1903)
- Poème nr. 1
Robert Schumann (1810-1856)
Carnaval, op. 9 (1834-1835)
- Préambule
- Pierrot
- Arlequin
- Valse noble
- Eusebius
- Florestan
- Coquette
- Réplique
- Lettres dansantes
- Chiarina
- Copin
- Estrella
- Reconaissance
- Pantalon et Colombine
- Valse allemande
- Paganini
- Aveu
- Promenade
- Pause
- Marche des Davidsbündler contre les Philistins
Un tour d’horizon de trois siècles de musique pour piano
« Les salons, même si je n’en attends pas grand-chose, sont ennuyeux ; le public ne s’intéresse qu’à la musique triviale et ostentatoire, et ne tolère rien de sérieux ou de solide... »
C’est en ces termes que Felix Mendelssohn-Bartholdy crachait son venin en 1825 sur les goûts musicaux du public de l’époque. Ces propos nous donnent un aperçu du type de spectacle qui régnait alors sur scène : des prestations brillantes et ostentatoires données par des virtuoses aux allures de stars. C’est pourtant à partir de ces concerts virtuoses que se développa le récital tel que nous le connaissons aujourd’hui. Peu à peu, des compositions « sérieuses et solides », telles que des sonates et d’autres œuvres instrumentales autonomes de compositeurs anciens et contemporains, firent leur apparition dans les programmes des interprètes solistes. Le programme de ce concert, qui inclut des œuvres issues de trois siècles d’histoire de la musique, s’inscrit parfaitement dans cette tradition.
Classicisme expérimental
La Sonate pour pianoforte n° 4 en mi bémol majeur, KV 282 de Wolfgang Amadeus Mozart nous ramène en 1775. Mozart, alors âgé de 19 ans, composa cette œuvre dans un style classique, tout en cherchant clairement à trouver sa propre voix au sein du genre, tant sur le plan structurel que sur le plan du contenu. La présence de trois mouvements et la structure en forme sonate du premier mouvement sont conventionnelles. Mais à ces deux niveaux, il trouve sa liberté à l’intérieur du cadre. Au lieu de suivre l’ordre habituel de deux mouvements rapides avec un mouvement lent au milieu, Mozart inverse cet ordre : il commence par un Adagio. Il raccourcit ensuite la reprise en omettant simplement le premier thème. Dans le reste de l’œuvre, on retrouve toutefois les éléments stylistiques caractéristiques de la période classique : des mélodies chantantes soutenues par des triades arpégées, des phrases symétriques et une simplicité cristalline.
Romantisme sérieux et épique
Les séries de variations étaient un genre très apprécié des adeptes de la démonstration technique sans effort. Le plus souvent, on y faisait référence en ajoutant l’adjectif « brillantes ». Comme nous l’avons vu, Mendelssohn nourrissait une aversion profonde pour ce genre d’éclat superficiel. Il composa néanmoins lui aussi quelques séries de variations, dont les Variations sérieuses de 1841 constituent le summum.
Le titre en révèle immédiatement l’intention : il s’agit de variations « sérieuses ». La virtuosité en fait partie, mais elle est au service de la musique et jamais une fin en soi. La bravoure réside plutôt dans les différentes transformations rythmiques et texturales du thème chromatique, ainsi que dans la tension qui s’accumule jusqu’à un final culminant. Mendelssohn s’inscrit ainsi dans la tradition des 32 Variations en ut mineur, WoO 80 (1810) de Beethoven. Ceci ne relève pas tout à fait du hasard, car il composa les Variations sérieuses à la demande d’un éditeur voulant publier un « album Beethoven » (ironiquement intitulé Dix Morceaux brillants), dont les recettes devaient servir à financer une statue en bronze du compositeur à Bonn.
Mendelssohn trouva en Robert Schumann un allié dans cette lutte. Bibliophile, Schumann formula la résistance en termes plus épiques, présentant le tout comme une croisade de la « Confrérie de David » contre la décadence musicale des Philistins. Imaginée par Schumann, la Confrérie de David rassemble des personnages fictifs et réels issus de son entourage immédiat, qu’il citait régulièrement dans ses écrits. Mais ils apparaissent également dans sa musique, comme dans le cycle pour piano Carnaval de 1835. L’œuvre raconte l’histoire d’un bal masqué où défilent différents personnages. Certaines d’entre elles proviennent du groupe de David, comme Florestan et Eusebius, mais Schumann s’inspira également de la commedia dell’arte, comme en témoignent des personnages tels que Pierrot, Arlequin, Pantalon et Colombine. À la fin, on entend une marche solennelle des confrères qui s’élèvent contre les Philistins, symbolisés dans la partition par un thème désuet « du XVIIe siècle ».
Mysticisme et modernisme impitoyable
Le compositeur russe Alexandre Scriabine s’inspira également de la littérature. Il est d’ailleurs parfois qualifié de « symboliste » musical et donc de disciple du mouvement littéraire du même nom du XIXe et du début du XXe siècle. À travers leur art, les symbolistes partaient à la recherche d’un monde caché aux sens, appelé « au-delà ». Ce même voile de mysticisme allait influencer de plus en plus l’univers sonore de Scriabine, au point qu’il finit par créer un langage harmonique qui lui était propre et qui rompait avec les conventions. L’Andante cantabile des Deux Poèmes, op. 32 (1903) – remarquez à nouveau le lien littéraire – est encore principalement ancré dans la tradition chopinesque, mais il lève déjà un coin du voile. L’œuvre est plongée dans une sorte d’ambiance fantomatique, générée par des accords altérés et une anti-métrique, mais aussi par des instructions impénétrables telles qu’inafferando (une orthographe erronée de l’italien inafferabile, qui signifie « insaisissable »).
La Sonate pour piano n° 2 de Chostakovitch s’ancre quant à elle dans une réalité implacable. En 1942, le pianiste et compositeur Leonid Nikolaïev, ancien professeur de Chostakovitch au conservatoire de Saint-Pétersbourg, mourut de la typhoïde. En tant que pédagogue, Nikolaïev avait formé toute une série de pianistes de haut niveau, qu’il encourageait surtout à développer leur propre langage. Il accordait une grande importance à la connaissance des œuvres clés anciennes, ce qu’il faisait clairement comprendre à ses étudiants. D’une certaine manière, la Deuxième Sonate pour piano – dédiée à Nikolaïev – est une rétrospective de ce que Chostakovitch apprit de son mentor. On retrouve ainsi plusieurs allusions historiques dans les mouvements de la sonate, des techniques d’accompagnement (néo-)mozartiennes dans l’Allegretto à une valse dans le Largo, en passant par une série de thèmes et de variations dans le Moderato. En revanche, l’œuvre reste typiquement Chostakovitch, car les styles sont présentés de manière fragmentaire et avec la dissonance nécessaire.
Petites clés
- Chostakovitch entame la troisième partie avec un thème à une seule voix, qui revient dans les neuf variations suivantes sous une forme transformée, mais toujours très reconnaissable.
- Remarquez comment les variations de Mendelssohn s’enchaînent sans interruption et génèrent une tension qui culmine dans une reprise finale tourbillonnante du thème initial.
- Schumann imagina deux personnages pour représenter sa double personnalité : le rêveur Eusebius et le turbulent Florestan. Dans les cinquième et sixième morceaux de Carnaval, ils sont clairement représentés en musique.
Iwein Van Bouwelen
Nikola Meeuwsen
piano
Les critiques saluent Nikola Meeuwsen (° 2002) pour sa riche palette de couleurs, sa vision artistique captivante et son style personnel, qui équilibre force et poésie. Il puise une grande partie de son inspiration dans le style individualiste et expressif de musiciens tels que Horowitz, Cortot, Heifetz, Kreisler, Rachmaninoff, Cziffra et Gould. En 2025, Nikola est devenu le premier pianiste néerlandais à remporter le premier prix du Concours musical international Reine Élisabeth de Belgique. Cette victoire a immédiatement donné un élan à sa carrière internationale : Nikola était déjà un soliste très demandé dans les salles de concert à travers toute l’Europe et, pour la saison 2025/26, il entame de grandes tournées en Chine, en Corée, au Japon et au Brésil. Chambriste dévoué, Meeuwsen a collaboré avec des artistes confirmés tels que Janine Jansen, Augustin Dumay, Denis Kozhukhin, Inmo Yang et Yamen Saadi. Il a également travaillé avec des chefs d’orchestre tels que Ricardo Minasi, Tarmo Peltokoski, Martin Rajna, Thomas Zehetmair et Antony Hermus.
Bozar Maecenas
Patrick Derom Gallery • Monsieur et Madame Bertrand Ferrier • Baron en Barones Marnix Galle-Sioen • Baron Xavier Hufkens • Monsieur et Madame Laurent Legein • Madame Heike Müller • Monsieur et Madame Dominique Peninon • Monsieur et Madame Antoine Winckler • Monsieur et Madame Bernard Woronoff • Chevalier Godefroid de Wouters d'Oplinter
Bozar Honorary Patrons
Comte Etienne Davignon • Madame Léo Goldschmidt
Bozar Patrons
Monsieur et Madame Charles Adriaenssen • Madame Marie-Louise Angenent • Comtesse Laurence d'Aramon • Monsieur Jean-François Bellis • Baron et Baronne Berghmans • De heer Stefaan Bettens • Monsieur Philippe Bioul • Mevrouw Roger Blanpain-Bruggeman • Madame Laurette Blondeel • Comte et Comtesse Boël • Monsieur et Madame Thierry Bouckaert • Monsieur Thierry Boutemy • Madame Anny Cailloux • Madame Valérie Cardon de Lichtbuer • Madame Catherine Carniaux • Monsieur Jim Cloos et Madame Véronique Arnault • Mevrouw Chris Cooleman • Monsieur et Madame Denis Dalibot • Madame Bernard Darty • De heer en mevrouw Philippe De Baere • Prince et Princesse de Chimay • De heer Frederic Depoortere en mevrouw Ingrid Rossi • Madame Louise Descamps • Madame Hélène Deslauriers • Monsieur Amand-Benoit D'Hondt • De heer Bernard Dubois • Madame Claudine Duvivier • Madame Dominique Eickhoff • Baron et Baronne William Frère • Baron et Baronne Pierre Gurdjian • De heer en mevrouw Philippe Haspeslagh - Van den Poel • Madame Susanne Hinrichs et Monsieur Peter Klein • Monsieur Jean-Pierre Hoa • Madame Bonno H. Hylkema • Madame Fernand Jacquet • Baron Edouard Janssen • Madame Elisabeth Jongen • Monsieur et Madame Jean-Louis Joris • Monsieur et Madame Adnan Kandiyoti • Monsieur Sander Kashiva • Monsieur Sam Kestens • Monsieur et Madame Klaus Körner • Monsieur Pierre Lebeau • Monsieur et Madame François Legein • Monsieur et Madame Charles-Henri Lehideux • Monsieur et Madame Philippe Le Hodey • Madame Gérald Leprince Jungbluth • Monsieur Xavier Letizia • Monsieur Bruno van Lierde • Madame Florence Lippens • Monsieur et Madame Clive Llewellyn • Monsieur et Madame Thierry Lorang • Madame Denise Louterman • Madame Olga Machiels-Osterrieth • De heer Peter Maenhout • Monsieur et Madame Alain Mallart • De heer en mevrouw Frederic Martens • Monsieur et Madame Dominique Mathieu-Defforey • De heer en mevrouw Frank Monstrey (urbion) • Madame Philippine de Montalembert • Madame Nelson • Monsieur Laurent Pampfer • Dr. Bram Peeters et Monsieur Lucas Van Molle • Madame Christine Perpette • Famille Philippson • Monsieur Gérard Philippson • Comte et Comtesse Antoine de Pracomtal • Monsieur Bernard Respaut • Madame Elisabetta Righini et Monsieur Craig Finch • Monsieur et Madame Michael Rosenthal • Monsieur et Madame Frédéric Samama • Monsieur et Madame Philippe Schöller • Monsieur et Madame Hans C. Schwab • Monsieur et Madame Tommaso Setari • Monsieur et Madame Olivier Solanet • Monsieur Eric Speeckaert • Monsieur Jean-Charles Speeckaert • Vicomte Philippe de Spoelberch et Madame Daphné Lippitt • Madame Anne-Véronique Stainier • Monsieur Didier Staquet et Madame Lidia Zabinski • De heer Karl Stas • Monsieur et Madame Philippe Stoclet • Monsieur Nikolaus Tacke et Madame Astrid Cuylits • De heer en mevrouw Coen Teulings • Monsieur et Madame Philippe Tournay • De heer en mevrouw Koen en Anouk Van Balen-Stulens • Monsieur et Madame Xavier Van Campenhout • De heer Marc Vandecandelaere • De heer Alexander Vandenbergen • Mevrouw Barbara Van Der Wee en de heer Paul Lievevrouw • Monsieur Michel Van Huffel • De heer Koen Van Loo • De heer en mevrouw Anton Van Rossum • De heer Johan Van Wassenhove • Monsieur et Madame Albert Wastiaux • Monsieur Luc Willame • Madame Danuta Zedzian • Monsieur et Madame Jacques Zucker
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Monsieur Axel Böhlke et Madame Clara Huizink • Monsieur et Madame Paul De Groote • Monsieur Rodolphe Dulait • Madame Liliane Gam • Madame Valeria Onofrj • Sir Gabriel Smit Pergolizzi • De heer en mevrouw Remi en Evelyne Van Den Broeck• Monsieur Guillaume van Doorslaer et Madame Emily Defreyne
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