Remember to turn down the brightness and mute your phone.

Retour à l'événement

Palestine, a Song of the Land

14 Sept.'26
- 20:00

Salle Henry Le Bœuf

Palestine, a Song of the Land

Au bord de la Méditerranée, là où se croisent les vents de l’Asie et de l’Afrique, la Palestine s’élève comme un carrefour de civilisations. Depuis des millénaires, cette terre chargée d’histoire a vu se mêler langues, cultures et croyances, façonnant une identité singulière, tissée de mémoire et de transmission.

Ici, la tradition musicale est un fil invisible qui relie les générations. Les chants populaires, les danses rituelles et les instruments ancestraux comme le Ney, le Oud, le qanûn ou le daf racontent les récits du quotidien, les célébrations de la vie, mais aussi les blessures du temps. À Deir al-Balah, au cœur de la bande de Gaza, les voix des femmes résonnent dans les cours et les places, portant des chants d’amour, de départ, de fierté et de résistance, dans une langue vibrante et poétique. En Galilée et en Cisjordanie, le patrimoine musical palestinien ne se contente pas de perpétuer le passé — il le transforme, l’adapte, le fait vivre. Il s’agit d’une culture de l’écoute et de la réponse, profondément collective, où la musique devient à la fois récit intime et mémoire partagée.Ce concert rend hommage à cette richesse. Il puise dans la force des traditions orales, dans la beauté des chants de henné  « les chants de la terre et de la vie quotidienne », ancrés dans la noblesse des poèmes populaires et dans la douceur des mélodies rurales pour donner voix à une  Palestine vivante, créative, debout.

En résonance avec l’histoire millénaire de la région, cette soirée est un acte de célébration. Elle est aussi un espace de transmission, un souffle d’avenir porté par les artistes d’aujourd’hui qui refusent que le silence prenne le pas sur la mémoire. Dans chaque note, une histoire. Dans chaque chant, une vie. La terre de Palestine chante, et ce chant traverse les frontières.

Ramzi Aburedwan

Scène 1: Racines

Le spectacle s’ouvre sur la Palestine, sur cette terre qui nourrit, rassemble et donne un sentiment d’appartenance. Les champs, les récoltes, les arbres, le vent, les fleurs et la pluie composent un paysage familier, façonné par les saisons et les gestes de ceux qui la cultivent.

À travers ces chants se dessine un attachement profond à cette terre d’origine, habitée, travaillée et aimée. C’est sur elle que se tissent les liens entre les générations, que se transmettent les traditions et que s’ancre une vie collective.

Morceaux: Hayyed an el jaysh ya Ghabbish, Safar Dawleh, Tarweeda Shamali, Al baydar el sahra, Shorbaneh Shorbaneh

Scène 2: La Terre

De cet attachement naît une célébration de la Palestine dans toute sa richesse. L’olivier, la vigne, les jardins, les vallées, les champs et les récoltes composent un paysage vivant, intimement lié aux activités et aux traditions.

Le travail agricole, les savoir-faire et les célébrations prennent place dans cet environnement. La terre devient ainsi le lieu où se rencontrent la nature, le travail, la fête et la vie collective, et où s’exprime une culture profondément enracinée en Palestine.

Morceaux: Mawwal Zaytouneti, Qata’n al-Nasrawiyyat, Ya Tallet Khaylina, Laya O laya Ya Benaya, Yamma Shalabiyaa, Mawwal, Ataba and Mejana, A song of the Harvest, Weilli Zaman, Ya Karamna Fil Alali, Ya Reitak Mbarakeh, Haddi Ala Wardi, Maddi Deyatik Ya Mreim-Stretch Out Your Hands, O Mary, Mili Alayna Ya Ghusn al-Balah, Nahoura - Radiant

Scène 3: Vie quotidienne

De cette terre surgit le quotidien des villages palestiniens. Les chants suivent le rythme des saisons, des travaux des champs, des rencontres et des fêtes, faisant entendre une vie où les gestes ordinaires côtoient les grands moments de la communauté.

L’humour, la séduction, la musique et la dabké donnent à ces scènes une dimension joyeuse et populaire. Les familles, les voisins et les proches partagent les tâches, les plaisirs et les célébrations, dans une vie où les liens communautaires occupent une place essentielle.

Morceaux: Ah Ya Abu Milawiyye, Ya Zari’in el Simsim - Ma Qoltillak Ya Ammeh, Meili Meili Ya Shajarat el Sreis, Meili Andna Ya Bent Meili, Bel Heil Ya Oud el Qana, Teshileh, Shalet Shalet, Shalet, Lamen Hal Dar el Kebireh, Enna Enna, Shalet Shalet Shalet, Ya Romman Ala el Ein, Ya Mhammel Hemel et Tuffah, Sheikh el Dabike, Teshileh, Ya Teir et Tayir

Scène 4: Amour et mariage

Au cœur de cette vie collective, l’amour et le mariage prennent une place particulière. Les chants accompagnent les différentes étapes de la rencontre et de la fête : la séduction, les fiançailles, les préparatifs, le henné, l’arrivée du marié et la cérémonie.

L’amour devient alors une affaire de famille et de communauté. Les cortèges, les chevaux, les chants et la dabké accompagnent les réjouissances, tandis que tendresse, désir, humour et joie se mêlent aux traditions. Le mariage apparaît comme un moment où les liens se célèbrent et se renforcent, au cœur de la vie palestinienne.

Morceaux: Rannet Swayra, Wein Emmak Ya Mohammad, Hahaylo Yommo, Hannou El Arayes, Mbarak el malboos, Tala el zein men el hammam, Ya Nas Sallo Aal Nabi, Arisna Sheikh esh-Shabab, Ya Rakeban, A Sham A Shmaliyyeh, Wal Dar Dari / Qulou La Emmo, Daba ya Qalbi Daba, Saff el Barari, Ya Yamma Hass el Farah, Al Bunniye, Al Bunniye

Scène 5: Exil, mémoire et transmission

Mais à ces images de vie, de fête et de partage répond également l’expérience de l’absence, née de la dépossession de la terre. L’exil forcé entraîne un double éloignement : celui de la terre natale et celui des êtres qui lui sont chers. Le souvenir fait alors surgir la Palestine, la maison, la famille et les paysages familiers. Les oliviers, les champs, les vergers et les villages deviennent les repères d’une terre désormais lointaine et les dépositaires d’une histoire familiale et collective.

Ces chants expriment ainsi la douleur de cette double séparation. Pourtant, malgré la distance, la parole, la mémoire et le chant permettent de maintenir un lien avec la Palestine et avec les proches. La mémoire ne conserve pas seulement le souvenir d’un lieu : elle transmet également une culture, des traditions et une histoire. Par le chant, ce qui a été transmis par les générations précédentes continue ainsi de vivre dans le présent.

Morceaux: Men Yom Hajart, Mawwal Ya Toutet ed Dar, Haddi Ya Bahr, Wallah La Azra’ak fid Dar

Scène 6: Résistance et dignité

De cette mémoire naît aussi une force : celle de rester debout face à l’épreuve et de préserver ce qui relie à la Palestine. Cette force peut être comprise comme une forme de résilience, par laquelle la douleur de l’exil et de la dépossession se transforme en volonté de transmettre, de préserver et de faire vivre une mémoire collective. Ces chants font ainsi entendre une parole de fierté, de courage et de dignité. À travers les figures du cavalier, du cheval, du sabre et du cortège, ils évoquent la bravoure, la loyauté et la capacité à affronter l’épreuve sans renoncer à ce qui fonde l’identité.

Cette résilience s’exprime également dans la solidarité, la fidélité aux proches et la volonté de préserver une identité collective malgré les bouleversements et la distance. Portés par leurs rythmes et leur énergie, ces chants ne se contentent pas de témoigner d’une histoire et d’une mémoire : ils participent à leur transmission et à leur perpétuation. Ils deviennent ainsi un moyen de réaffirmer une présence palestinienne, de maintenir les liens avec la terre et avec les générations précédentes, et de faire de la mémoire non seulement le souvenir d’un passé, mais aussi une force pour continuer à avancer.

Morceaux: Mawwal Safar Dawleh, Ya Setti, Al Ouf Mish’al, Al Henna, Sabal Oyoun, Shayye’ou la Awlad Ammo, Ya Hal Aris El Leileh, Zeino el marj, Wal’abi Ya L’aybeh, Wa Attili Ya Njoum, Wein el Zeineh Tejil / Al Hawa

Scène 7: Espoir et retour

De cette force surgit l’espoir du retour. La montagne, le village, la maison, le jardin, les arbres, le vent et la pluie font renaître les paysages de Palestine et le désir de les retrouver.

Le retour est porté comme une promesse : retrouver sa terre, rouvrir la maison, reprendre place dans un paysage aimé. Les images de la pluie, des arbres qui rever­dissent et des graines qui donnent naissance à de nouvelles pousses disent une confiance dans la renaissance. Malgré l’épreuve et la distance, l’espoir d’une vie retrouvée demeure.

Morceau: Ya Taleen ‘Ain al-Jabal, Youma Mouil El Hawa / About a Human, Helalala Liya, Al Rozana, Hezz er Romh, Wein A Ramallah, Jafra, W Hayya Yar Raba’, Ala Dal’ouna, Ya Zarif et Toul

Scène 8: Finale – Le chant de la terre

Et c’est finalement la Palestine qui rassemble toutes ces voix. Elle est à la fois paysage, lieu de vie, mémoire, héritage et horizon d’avenir. Les chants la célèbrent dans sa beauté, mais aussi dans la force des liens qui attachent à elle celles et ceux qui la portent. La dabke (danse traditionnelle) participe elle aussi à cette expression collective : par ses pas, ses rythmes et les mouvements partagés, elle fait du corps un lieu de mémoire et d’appartenance. Comme les chants, elle permet de faire vivre et de transmettre un héritage culturel, tout en affirmant une présence palestinienne.

Des gestes du quotidien aux grands moments de la vie, de l’absence au souvenir, de la dignité à l’espérance, les différentes scènes font entendre les multiples façons dont la Palestine peut habiter les êtres. Dans ce spectacle, le chant et la dabke deviennent ainsi des actes de transmission. Par la voix comme par le mouvement, ils font vivre les paroles, les mélodies, les gestes et les rythmes, relient les générations et maintiennent vivante la mémoire de cette terre. Ils transforment ainsi la mémoire en une expérience collective et partagée, où l’héritage palestinien continue de se transmettre, de s’affirmer et de se perpétuer.

Morceaux: Mawtini, Tallet End Hbob er Rih

Ramzi Aburedwan

direction musicale et bouzouki

« Chaque artiste est un rêveur, ou devrait l’être. À travers la musique, nous pouvons rêver et casser les frontières. » Pour Ramzi Aburedwan, altiste, joueur de bouzouq, compositeur, arrangeur et directeur artistique palestinien, la musique est avant tout un espace de liberté et de rencontre.

Son univers mêle tradition musicale palestinienne, tarab arabe, polyphonies occidentales, spiritualité soufie et improvisation, dans un dialogue constant entre les cultures. Fondateur et directeur musical de plusieurs ensembles, il crée notamment Dal’Ouna, qui associe traditions du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, compositions originales, improvisations jazz et lyrisme bluesy. Son album Reflections of Palestine (2012) reçoit le prix du meilleur projet acoustique indépendant (IAP) dans la catégorie musiques du monde.

Avec Al Manara, fondé avec le pianiste belge Eloi Baudimont, il poursuit cette recherche en faisant dialoguer mélodies palestiniennes, polyphonies européennes, instruments arabes et européens, compositions personnelles et poésie de Mahmoud Darwich. En 2010, il fonde également l’Ensemble National de Palestine pour la musique arabe (PNEAM), dédié à la redécouverte et à la transmission du patrimoine classique arabe en Palestine.

Le Jérusalem Soufi Ensemble témoigne quant à lui de son intérêt pour la musique sacrée et la tradition soufie, associant voix de muezzins palestiniens et instruments issus des traditions arabes et soufies.

Ramzi Aburedwan compose et dirige également de grandes créations pour le Festival des musiques sacrées de Fès, parmi lesquelles Un ciel plein d’étoiles, Spirit on the Water, Savoirs ancestraux et Fès, mémoire du futur. À la Philharmonie de Paris, il dirige notamment Hommage aux grandes Divas et Ma valise est mon pays, consacré à Mahmoud Darwich.

Son engagement dépasse la scène : en 2002, il fonde Al Kamandjâti, association dédiée à l’éducation musicale en Palestine et dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban. Pour l’ensemble de son parcours artistique et de son engagement, il reçoit en 2017 le prix international de la paix de la Fondation Gandhi.

Lamar Mireb

chant

Lamar est chanteuse professionnelle et enseignante spécialisée dans le chant oriental. À travers ses interprétations, elle célèbre la richesse de la langue arabe, de la poésie et de l’expression, tout en insufflant une sensibilité contemporaine aux grands classiques de la musique arabe.

Dès son enfance, elle étudie le clavier et la clarinette, avant de se former au chant occidental. Elle poursuit ensuite sa formation à l’Académie de musique et de danse de Jérusalem, où elle se spécialise dans la musique orientale.

En 2015, elle publie sa première œuvre dédiée à la musique orientale, une étape décisive dans son parcours artistique. La sortie de « Aynayki Enwani » lui ouvre notamment les portes du Festival de musique de Fès, au Maroc, et marque le début d’une exploration plus large des musiques arabes et du monde.

Son univers musical s’articule autour du tarab arabe, des instruments traditionnels et d’arrangements inspirés des musiques du monde, enrichis d’une dimension orchestrale. Elle chante l’amour sous toutes ses formes et place la langue arabe au cœur de son travail, qu’elle soit classique ou dialectale. Son interprétation se distingue par sa virtuosité, sa profondeur mélodique et son attachement à des textes poétiques d’une grande richesse.

Henna Haj Hasan

chant

Henna Haj Hasan est une auteure-compositrice-interprète palestinienne basée à Ramallah, ainsi qu’une artiste spécialisée dans le live looping. Utilisant uniquement sa voix, des effets et une pédale de boucle, elle crée en direct sur scène des paysages sonores riches et multicouches.

À la croisée des mélodies arabes et des textures indie-électroniques, sa musique explore les thèmes de l’identité, de la féminité et de la résistance. Elle a sorti plusieurs singles, collaboré avec des artistes à l’international et travaille actuellement sur son premier album.

Moneim Adwan

chant

Moneim Adwan, compositeur, chanteur et virtuose palestinien de l’oud, développe une œuvre singulière à la croisée des traditions musicales arabes et de la création contemporaine.

Son langage musical puise dans le maqâm arabe, le folklore palestinien et les traditions méditerranéennes, qu’il confronte à des formes et des écritures contemporaines. Sa musique explore des thèmes universels tels que l’exil, l’identité, la mémoire, la résilience et l’appartenance, tout en faisant de la poésie et de la voix des éléments essentiels de son expression.

Cette démarche s’incarne notamment dans Kalila wa Dimna, créé en 2016 au Festival d’Aix-en-Provence, un opéra en arabe et en français qui connaît depuis un important rayonnement international. Moneim Adwan compose également pour le théâtre, le cinéma et la scène, et collabore avec de nombreuses institutions artistiques en Europe et dans le monde arabe.

À travers ses créations, il fait dialoguer héritage et modernité, sans jamais dissocier la musique de la mémoire et de la transmission. Son œuvre se distingue ainsi par une volonté constante de renouveler les formes musicales arabes tout en préservant leur richesse poétique et culturelle.

Canaan Orchestra

Créé en 2016 à l’occasion de l’ouverture du Festival de Fès par le compositeur, musicien et chef d’orchestre Ramzi Aburedwan, le Cannan Orchestra est un ensemble à vocation internationale, placé sous sa direction artistique. Né d’une volonté de créer un espace de rencontre entre les cultures, l’orchestre réunit des musiciens de Palestine, du monde arabe, d’Europe et de différents horizons internationaux. Sa démarche s’appuie sur une sensibilité musicale issue du monde arabe, tout en embrassant une diversité d’influences et de traditions, dans une approche résolument universelle.

Depuis sa création, le Cannan Orchestra s’est produit à plusieurs reprises au Festival de Fès, en 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2023. Il a également porté de grands projets artistiques sur des scènes internationales, notamment à la Philharmonie de Paris avec Grande Diva, ainsi qu’à Bahreïn. L’orchestre a par ailleurs participé à un projet consacré à l’œuvre du grand poète palestinien Mahmoud Darwish.

À travers ces créations, le Cannan Orchestra favorise le dialogue entre les répertoires, les artistes et les cultures. Il se distingue par sa capacité à réunir des musiciens d’horizons multiples autour de projets ambitieux et fédérateurs.

Sous la direction de Ramzi Aburedwan, il développe ainsi des créations originales et accompagne de grands spectacles en Europe et à l’international. Le Canaan Orchestra porte une vision de la musique comme langage universel, fondé sur la rencontre, le partage et la liberté de création. 

Chorale Saba

La Chorale Saba est une formation chorale féminine parisienne, fondée en 2025 à l’initiative de l’artiste palestinien ABO GABI, en collaboration avec l’association culturelle Diyarna.

Composée de plus de 40 membres, la chorale œuvre à documenter, préserver et faire vivre l’héritage du chant féminin collectif arabe traditionnel, en contribuant à sa transmission et à sa promotion.

La formation fait sienne la devise « Nous chantons la terre par les voix de nos grands-mères », qui guide et inspire son travail artistique et culturel.

Extrait du recueil “Je serai parmi les amandiers” — Hussein Al-Barghouti. Editions Sindbad · Traduction de Marianne Weiss 

Si tu viens à la montagne

et que tu ne me trouves pas,

cherche-moi parmi les amandiers

 

Je ne cherche pas une patrie,

mais le sens d’un lieu où l’âme puisse trouver sa place

 

Tout ce qui est sur terre m’appelle,

comme si j’étais le dernier fils de la terre

 

Le chemin vers Dieu

passe parfois par une pierre sauvage

 

Dans la nature sauvage

les choses deviennent plus vraies

 

Extrait du poème « La Terre », publié dans le recueil Noces de Mahmoud Darwich, traduit de l’arabe. 

Ma Dame la terre ! 

Quel est l’hymne qui s’avancera sur ton visage ondulant, après moi ?

Quel est l’hymne qui sied à cette rosée et à cet encens ?

Comme si les temples se renseignaient maintenant sur les prophètes de la Palestine à ses origines perpétuelles.

Voici le verdoiement de l’horizon, le rougeoiement des pierres.

Voici mon chant

Et la sortie du Christ de la blessure et du vent,

Vert comme les plantes qui recouvrent ses clous et mes chaînes.

Voici mon chant

Et l’ascension de l’adolescent arabe vers Jérusalem et le rêve.

 

Extrait du “Poème de la Terre”, publié dans le recueil La Terre nous est étroite, de Mahmoud Darwich. Éditions Poésie/Gallimard · Traduction d’Elias Sanbar 

Où est le glaive qui, sans se briser, accomplira la traversée entre ma respiration et mon expiration! Voici mon étreinte pastorale à l’apogée de l’amour. Mon départ dans l’existence.

Entremêlez-vous végétaux, et participez de l’insurrection de mon corps et du retour de mon rêve vers mon corps.

La terre jaillira lorsque j’accomplirai ces cris étouffés par la timidité villageoise et les rigoles des champs.

En mars, nous entrerons dans l’obsession des souvenirs et les végétaux poussent sur nous et grimpent en direction de tous les commencements.

—-

Patrie des prophètes… Sois au complet !

Patrie des semeurs… Sois au complet !

Patrie des martyrs… Sois au complet !

Patrie des désemparés… Soit au complet !

Et les pentes des montagnes prolongent ce chant,

Et les chants en toi prolongent l’olivier qui m’a caché.

 

Extrait du recueil “Je serai parmi les amandiers” — Hussein Al-Barghouti. Editions Sindbad · Traduction de Marianne Weiss

S’il y a un secret que tu as du mal à garder, creuse un trou dans le sol et dépose-le là, puis recouvre-le de terre, enterre-le bien. Il reviendra à toi quand vient le printemps : chaque fleur, chaque herbe qui poussera de ce terreau fera revenir le secret à la surface de la terre, mais personne d’autre que toi ne pourra l’entendre ! 

 

Poème de Tawfic Zayyad, traduit par Anas Alaili

Hormis le pain quotidien

Le cœur de ma femme

Et le lait de mes enfants,

Je ne possède rien,

Si ce n’est la poésie,

le pouvoir d’allumer le feu

et de deviner l’avenir.

Je ne possède rien,

Si ce n’est la terre de mon pays,

Le ciel de mon pays

Et les fleurs de mon pays.

Je ne vénère rien

si ce n’est le peuple laborieux,

les gens simples et ordinaires,

Et leurs mains,

Rien d’autre n’est sacré pour moi.

J’ai beau vivre dans l’épreuve,

Je mourrai heureux

Si mes mots

Peuvent apporter de la joie à quelques uns

Et si un enfant

Peut les lire un jour

Dans un cahier.

 

Extrait du “Poème de la Terre”, publié dans le recueil La Terre nous est étroite, de Mahmoud Darwich. Éditions Poésie/Gallimard · Traduction d’Elias Sanbar 

Je suis l’espoir simple et accueillant, m’a dit la terre.

L’herbe est pareille à l’échange du salut à l’aube.

…….

Je suis l’éternel épris, le captif évident. Les orangers empruntent mon verdoiement et deviennent l’obsession de Jaffa.

Je suis la terre depuis que je connais Khadija.

Il ne me connaissent pas, pour me tuer.

Les plantes de la Galilée peuvent faire leurs premiers pas entre les doigts de ma main et dessiner ce lieu réparti entre mon assiduité et l’amour de Khadija.

Voici la possibilité du nouveau départ dans l’existence, de mars jusqu’à la migration de l’air.

Ce sable et sablonneux

Ces nuages sont nuageux

Et voici le front de Khadija.

Je suis l’éternel épris, le captif évident.

Le parfum de la terre me réveille à l’orée du jour…

Et mes chaînes de fer réveillent la terre dans le soir précoce.

Voici la possibilité du nouveau départ dans l’existence.

Ceux qui partent à la vie ne s’informent pas sur leur propre destinée.

Ils s’ enquièrent de la terre : Est-elle sortie de son sommeil ?

Ma fillette la terre ! 

T’ont-ils connue, pour t’égorger ?

 

Extrait du poème « À propos d’un être humain » de Mahmoud Darwich, extrait du recueil Feuilles d’olivier (1964), traduit de l’arabe. 

Ils ont bâillonné sa bouche de chaînes,

Ils ont lié ses mains

au rocher des morts,

Puis ils ont dit :

Tu es un meurtrier.

Ils lui ont pris son pain,

ses vêtements,

ses étendards,

Ils l’ont jeté
dans la cellule des morts,

Puis ils ont dit :

Tu es un voleur.

Ils l’ont chassé
de tous les ports,

Ils lui ont pris
sa jeune bien-aimée,

Puis ils ont dit :

Tu es un réfugié.

Ô toi dont les yeux
et les mains saignent,

La nuit passera.

Aucune geôle
n’est éternelle,

Pas plus que
l’entrelacs des chaînes.

Néron est mort,

Mais Rome n’est pas morte.

Elle continue de combattre

avec ses yeux.

Et si les grains
d’un seul épi de blé meurent,

Toute la vallée
se couvrira d’épis.

 

Extrait du poème “La Terre”, publié dans le recueil Noces, de Mahmoud Darwich, traduit de l’arabe. 

Le chanteur chante

Le feu et les étrangers.

Le soir était soir

Et le chanteur chantait.

 

Ils l’interrogeaient :

Pourquoi chantes-tu ?

Et il répondait :

Parce que je chante.

 

Il fouillèrent sa poitrine,

Ne trouvèrent que son cœur.

Fouillèrent son cœur, 

Ne trouvèrent que son peuple.

 

Il fouillèrent sa voix, 

Ne trouvèrent que sa tristesse.

Fouillèrent sa tristesse,

Ne trouvèrent que sa prison,

Fouillèrent sa prison,

Ne trouvèrent qu’eux-mêmes, enchaînés.

 

Derrière les collines,

Le chanteur s’endort, solitaire.

En mars,

Les ombrages s’élèvent de son corps

 

Extrait du “Poème de la Terre”, publié dans le recueil La Terre nous est étroite, de Mahmoud Darwich. Éditions Poésie/Gallimard · Traduction d’Elias Sanbar 

Et les souvenirs pleuvent sur un village à la frontière.

Là-bas nous sommes nés, mais nous n’avons pas dépassé la ligne d’ombre des cognassiers.

Comment vous échappez-vous de mes chemins, ombrages des cognassiers ?

En mars, nous entrons dans le premier amour, 

La première prison

Et, la nuit, les souvenirs pointent de la langue arabe.

L’amour m’a dit un jour : Je suis entré seul dans le rêve.

Je me suis égaré en lui et il s’est égaré en moi. J’ai dit :

Multiplie-toi et tu verras le fleuve, venant à toi.

En mars, la terre découvre ses fleuves.

 

Extrait du “Poème de la Terre”, publié dans le recueil La Terre nous est étroite, de Mahmoud Darwich. Éditions Poésie/Gallimard · Traduction d’Elias Sanbar 

Patrie, éloignée de moi… comme mon cœur,

Patrie proche… comme ma prison,

Pourquoi chanter

Un lieu comme mon visage est le lieu ?

Pourquoi chanter

Pour un enfant qui dort sur le safran,

Quand l’extrémité du sommeil dissimule un poignard

Et que ma mère me donne le sein

Et s’éteint, sous mes yeux,

Touchée par une brise d’ambre 

 

Extrait du “Poème de la Terre”, publié dans le recueil La Terre nous est étroite, de Mahmoud Darwich. Éditions Poésie/Gallimard · Traduction d’Elias Sanbar 

Je nomme la tourbe, prolongement de mon âme.

Je nomme mes mains, trottoir des plaies.

Je nomme les gravats, ailes.

Je nomme les oiseaux, amandes et figues.

Je nomme mes côtes, arbres.

Et du figuier de la poitrine, je détache une branche,

Je la lance telle une pierre

Et je détruis le char des conquérants.

 

Extrait du “Poème de la Terre”, publié dans le recueil La Terre nous est étroite, de Mahmoud Darwich. Éditions Poésie/Gallimard · Traduction d’Elias Sanbar 
Je suis la terre

Et la terre, c’est toi

Khadija ! Ne referme pas la porte.

Ne pénètre pas dans l’oubli.

En mars, cinq filles sont passées devant les lilas et les fusils.

Elles sont tombées à la porte d’une étoile primaire. Sur les doigts, la craie prend les couleurs des oiseaux. En mars, la terre nous a divulgué ses secrets.

 

Extrait du “Poème de la Terre”, publié dans le recueil La Terre nous est étroite, de Mahmoud Darwich. Éditions Poésie/Gallimard · Traduction d’Elias Sanbar 

Enchaînée de leurs rêves pour qu’ainsi tu descendes à nos plaies, l’hiver ?

T’ont-ils connue pour t’égorger ?

Enchaînée de leurs rêves pour qu’ainsi tu t’élèves vers les nôtres, au printemps ?

Je suis la terre…

Vous qui allez au grain de blé dans son berceau,

Labourez mon corps !

Vous qui allez à la montagne de feu,

Passez sur mon corps !

Vous qui allez au rocher de Jérusalem, 

Passez sur mon corps !

 

Mais vous, gens de passage sur mon corps,

No passareis !

Je suis la terre dans un corps,

No passareis !

Je suis la terre dans son éveil,

No passareis !

Vous qui traversez la terre dans son éveil,

Je suis la terre.

No passareis !

No passareis !

No passaran!

 

Extrait du poème “Je marche, le corps droit”, publié dans le recueil Les Cortèges du Soleil, de Samih el Qasem, traduit de l’arabe

Je marche

Mon cœur est une lune rouge,
mon cœur est un jardin,
où poussent les épines,
où fleurit le basilic.

Mes lèvres sont un ciel qui pleut,
tantôt du feu,
tantôt de l’amour.

Dans ma paume, un rameau d’olivier,
et sur mon épaule, mon cercueil.

Et je marche, et je marche.

 

Extrait du poème “Nous avançons vers notre aube” de Mahmoud Abu Hashhash, traduit de l’arabe

Nous avançons vers notre aube, le sourire aux lèvres,
Notre seul rendez-vous est le jasmin.

Notre droit dessine notre chemin,
Et notre chemin dessine notre maison,
Notre maison de beauté éclatante.

Nous reviendrons tous
Vers la terre du soleil,
La terre de nos espérances.

Notre promesse est notre serment :
Nous y reviendrons ensemble,
Depuis les exils de la peine et de l’espoir.

Et notre rêve,
Lui, n’a jamais cessé de fleurir.

Dans l’horizon, ô Palestine,
Tu es l’horizon lui-même.

Une fleur dans nos cœurs,
Une goutte de rosée.

Tu es la qibla de tous les regards,
La qibla de tous les regards…

 

Libre… à jamais.

Même si le temps
Nous emporte loin de toi,

Nous n’accepterons jamais
Une autre terre que la tienne.

Ô espoir de ceux qui sont proches et de ceux qui sont loin,
Ô espoir de ceux qui sont proches et de ceux qui sont loin,

Dans la nuit comme dans la lumière.

Ô terre des histoires,
Ô notre mère,

Nous sommes ici,
Tes enfants fidèles.

Tu seras toujours pour nous
Une patrie,
Toujours une patrie,

Et un chant de vie.

 

Extrait du poème « Mawtini », écrit par Ibrahim Tuqan, traduit de l’arabe

Ma patrie (mon pays), ma patrie
Vigueur et beauté, splendeur et pureté, sur tes collines
Vie et délivrance, bonheur et espoir, dans tes airs
Te verrai-je, te verrai-je
En paix et prospère, victorieuse et honorée ?
Te verrai-je, dans ton éminence, atteindre les étoiles ?

Ma patrie, ma patrie
La jeunesse ne renoncera jamais, ira jusqu’au bout jusqu’à la mort, pour ton indépendance
Nous boirons de la mort mais nous ne serons jamais aux ennemis, tels des esclaves
Nous ne voulons pas, nous ne voulons pas
D’une perpétuelle honte ou d’une existence malheureuse
Nous n’en voulons pas, nous retrouverons notre gloire passée

Ma patrie, ma patrie
Lame et plume et non paroles et conflits, notre emblème
La gloire, nos promesses et un devoir à remplir nous émeut et nous pousse
Notre fierté, notre fierté
Une noble cause et une bannière flottante
Oh toi là-bas, dans ta grandeur, contraignant tes agresseurs

 

Poème de Neeamat Hassan, traduit en français par Nada Yafi

Être mère à Gaza

C'est ne pas dormir

 

C'est tendre l'oreille

Dans le noir

Tâter ses moindres franges

Trier un à un tous les sons

En choisir un, de quoi créer

Un conte à sa mesure

En faire une berceuse

Et quand tout le monde dort

Se dresser comme un bouclier

Face à la mort !

 

Etre mère à Gaza

C'est ne pas pleurer

C'est ramasser la peur

La colère

Et les prières

A plein poumons

Attendre que les avions

Finissent de rugir

Pour libérer le soupir

 

Ére mère à Gaza

C'est ne pas pouvoir être comme les autres mères

 

C'est faire du pain frais grâce au sel de ses yeux

Et voir ses tout-petits mangés par la patrie.

 

Poème d'Anas Alaili

Le pays qui a rétréci comme un nuage d’été                                                                                    se dispersera bientôt                                                                                                                          laissant de petites taches sur la carte ! 

Tu en mordras les extrémités avec tes dents                                                                                    tes ongles acérés                                                                                                                                en le tirant vers les os de ta cage thoracique

Espérant qu’il suffise pour une danse collective                                                                           
pour une promenade matinale en quête d’oxygène                                                                          ou pour une compétition sportive improvisée

Espérant qu’il suffise pour une leçon de conduite                                                                           
pour un coup d'accélérateur audacieux   
ou pour une escapade en montagne au printemps prochain

Le pays qui s’évanouira sous tes pieds                                                                                              comme une poignée de poussière dans l’air                                                                                      tu le planteras de nouveaux oliviers                                                                                                   de boutures d’amandiers et de caroubiers                                                                                        pour qu’elles s’enfouissent loin dans la terre !

Mais tu n’en trouveras pas le nom dans les dictionnaires                                                                ni dans les guides de voyage                                                                                                              tu le verras dans de vieux registres                                                                                                    des photos sur le mur                                                                                                                          avec des noms et des symboles que plus personne ne consulte.

Le pays dont tu connais                                                                                                                      les traits aussi bien que les attributs divins,                                                                                      dont que tu connais même les chemins de terre                                                                              le pays qui te semble aussi familier que le visage de tes enfants                                                    se dissipera comme une poussière silencieuse

ou alors il restera sur place                                                                                                                pour t’apparaître avec de nouveaux reliefs                                                                                       dessinés                                                                                                                                              sur un écran dans un bureau lointain !

Ramzi Aburedwan, direction musicale et bouzouk
Lamar Mireb, chant
Henna Haj Hasan, chant
Moneim Adwan, chant

Canaan Orchestra:
Mohamad Al Habbash, oud
Mahran Moreb, oud
Khalil Khoury, qanûn
Moslem Rahal, nay
Antonio Chakour, violon
Mohammed Alrjoob, violon
Sama Zaknoon, violon
Nawras Al Hajj Ibrahim, contrebasse
Dimitrios Mikelis, piano, oud
Micheal Geyre, accordéon, claviers, effets
Youssef Hbeisch, percussions
Iyad Abu Laila, percussions
Yanal Staiti, percussioins

Omar Sawafta, bande son Yarghoul
Firas Baba, danse en chorégraphie
Abir Yahya, danse
Katrien de Ruysscher, narratrice

Chœur Saba: Dima Hourani, Rasha Al Naddaf, Salam Alaridi, Gina Besmar, Lina Mouhamade, Sarah Al Najjar, Rouba Hassan, Sarah Hussein

Production artistique

Ramzi Aburedwan, conception, direction artistique & arrangements
Khaled Saddouq, transcription
Dimitrios Mikelis, Assistent transcriptie, édition et arrangements
Aurélie Chauleur (Palestine Museum), images
Tayseer Barakat, Bashar Shammout & Sliman Mansour, peintures

Sources et références

Le répertoire présenté dans ce spectacle est, pour l’essentiel, issu du patrimoine traditionnel palestinien, notamment à travers les travaux et collectes menés par les institutions Nawa, Popular Art Center, El-Funoun Dance Troupe et el Ashiqin ensemble, à l’exception des morceaux suivants:

  • Safar Dowleh et Ah Ya Abu Milawiyye : paroles et musiques adaptées par Saad el Husseini, d’après une source d’El Funoon.
  • Al Baydar el Sahra et Tallet End Hbob el Rih : paroles de Wassim el Kurdi, musique composée et adaptée par Suheil Khouri.
  • Morceaux consacrés à Gaza : adaptations de Moneim Adwan et Ramzi Aburedwan.
  • Youma Mouil El Hawa :  paroles et musiques adaptées par Hussein Nazek
  • Mawtini: paroles de Ibrahim Touqan et musique de Mohamad Flayfel

Textes 

  • Extraits de La Terre nous est étroite, de Mahmoud Darwich. Éditions Gallimard · Traduction d’Elias Sanbar
  • Extraits de Je serai parmi les amandiers — Hussein Al-Barghouti
  • Editions Sindbad · Traduction de Marianne Weiss
  • Extraits de poème de Tawfiq Zayyad · Traduction de Anas Alaili
  • Extraits de poème de Samih el Qasem · Traduction de Anas Alaili
  • Extraits de poème de Mahmoud Abu Hashhash · Traduction de Anas Alaili
  • Extraits du poème “Je ne pleure pas” de Fadwa Touqan · Traduction de Anas Alaili
  • Extraits du poème “Mawtini” de Ibrahim Touqan · Traduction de Anas Alaili
  • Extraits du poème de Neeamat Hassan · Traduction de Nada Yafi
  • Extraits de poème de Anas Alaili· Traduction de Anas Alaili

Production
Christophe Olivier, lumières
Théo Haddad, coordination artistique
Stéphane Rami, production

Avec le soutien du Goethe-Institut et de l'Union européenne dans le cadre du programme Halaqat.

Bozar Maecenas

Patrick Derom Gallery • Monsieur et Madame Bertrand Ferrier • Baron en Barones Marnix Galle-Sioen • Baron Xavier Hufkens • Monsieur et Madame Laurent Legein • Madame Heike Müller • Monsieur et Madame Dominique Peninon • Monsieur et Madame Antoine Winckler • Monsieur et Madame Bernard Woronoff • Chevalier Godefroid de Wouters d'Oplinter

Bozar Fine Art Circle Founding Members

Mr and Mrs Ravi Bhansali • De Heer en Mevrouw Dirk Cavens • Monsieur Simon Devolder • Baron Xavier Hufkens • Monsieur Charles Riva

Bozar Patrons

Monsieur et Madame Charles Adriaenssen • Madame Marie-Louise Angenent • Madame Joséphine d’Ansembourg • Monsieur Werner d’Ansembourg • Comtesse Laurence d'Aramon • Monsieur Jean-François Bellis • Docteur Amine Benyakoub • Baron et Baronne Berghmans • De heer Stefaan Bettens • Monsieur Philippe Bioul • Mevrouw Roger Blanpain-Bruggeman • Madame Laurette Blondeel • Comte et Comtesse Boël • Monsieur et Madame Thierry Bouckaert • Monsieur Thierry Boutemy • Madame Anny Cailloux • Madame Valérie Cardon de Lichtbuer • Madame Catherine Carniaux • Madame Paloma Castro Martinez de Tejada • Monsieur Jim Cloos et Madame Véronique Arnault • Mevrouw Chris Cooleman • Monsieur Emile Culot • Madame Marguerite Culot • Monsieur et Madame Denis Dalibot • Madame Bernard Darty • De heer en mevrouw Philippe De Baere •  De heer Frederic Depoortere en mevrouw Ingrid Rossi • Madame Louise Descamps • Madame Hélène Deslauriers • Monsieur Amand-Benoit D'Hondt • De heer Bernard Dubois • Madame Claudine Duvivier • Madame Dominique Eickhoff • Baron et Baronne William Frère • Baron et Baronne Pierre Gurdjian • De heer en mevrouw Philippe Haspeslagh - Van den Poel • Madame Susanne Hinrichs et Monsieur Peter Klein • Monsieur Jean-Pierre Hoa • Madame Bonno H. Hylkema • Madame Fernand Jacquet • Baron Edouard Janssen • Madame Elisabeth Jongen • Monsieur et Madame Jean-Louis Joris • Monsieur et Madame Adnan Kandiyoti • Monsieur Sander Kashiva • Monsieur Sam Kestens • Monsieur et Madame Klaus Körner • Madame Marleen Lammerant • Monsieur Pierre Lebeau • Monsieur et Madame François Legein • Monsieur et Madame Charles-Henri Lehideux • Monsieur et Madame Philippe le Hodey • Madame Gérald Leprince Jungbluth • Monsieur Xavier Letizia • Monsieur Bruno van Lierde • Madame Florence Lippens • Monsieur et Madame Clive Llewellyn • Monsieur et Madame Thierry Lorang • Madame Denise Louterman • Madame Olga Machiels-Osterrieth • De heer Peter Maenhout • Monsieur et Madame Alain Mallart • De heer en mevrouw Frederic Martens • Monsieur et Madame Dominique Mathieu-Defforey • De heer en mevrouw Frank Monstrey (urbion) • Madame Philippine de Montalembert • Madame Nelson • Dr. Bram Peeters et Monsieur Lucas Van Molle • Madame Christine Perpette • Famille Philippson • Monsieur Gérard Philippson • Comte et Comtesse Antoine de Pracomtal • Monsieur Bernard Respaut • De heer en mevrouw Guy en Martine Reyniers • Madame Elisabetta Righini et Monsieur Craig Finch • Monsieur et Madame Michael Rosenthal • Monsieur et Madame Frédéric Samama • Monsieur et Madame Philippe Schöller • Monsieur et Madame Hans C. Schwab • Monsieur et Madame Olivier Solanet • Monsieur Eric Speeckaert • Monsieur Jean-Charles Speeckaert • Madame Apolline de Spoelberch • Monsieur Guillaume de Spoelberch • Monsieur Paul de Spoelberch • Vicomte Philippe de Spoelberch et Madame Daphné Lippitt • Madame Anne-Véronique Stainier • Monsieur Didier Staquet et Madame Lidia Zabinski • De heer Karl Stas • Mevrouw Caroline Steyaert • Monsieur et Madame Philippe Stoclet • Monsieur Nikolaus Tacke et Madame Astrid Cuylits • De heer en mevrouw Coen Teulings • Monsieur et Madame Philippe Tournay • Dr. Philippe Uytterhaegen • De heer en mevrouw Koen en Anouk Van Balen-Stulens • Monsieur et Madame Xavier Van Campenhout • De heer Marc Vandecandelaere • De heer Alexander Vandenbergen • Mevrouw Barbara Van Der Wee en de heer Paul Lievevrouw • Monsieur Michel Van Huffel • De heer Koen Van Loo • De heer en mevrouw Anton Van Rossum • De heer Johan Van Wassenhove • Monsieur et Madame Albert Wastiaux •  Monsieur Luc Willame • Madame Danuta Zedzian • Monsieur et Madame Jacques Zucker 

Bozar Circle

Monsieur Axel Böhlke et Madame Clara Huizink • Monsieur et Madame Paul De Groote • Monsieur Rodolphe Dulait • Madame Liliane Gam Madame Valeria Onofrj Mevrouw Natasja Peeters • Sir Gabriel Smit Pergolizzi • De heer en mevrouw Remi en Evelyne Van Den Broeck • Monsieur Guillaume van Doorslaer et Madame Emily Defreyne  

Et tous nos Membres qui souhaitent rester anonymes.