Remember to turn down the brightness and mute your phone.

Retour à l'événement

Fennesz

26 Fév.'26
- 20:30

Salle M

Fennesz présente son dernier album Mosaic (2024, Touch).

À l'occasion de sa série de concerts au Bozar, nous avons rencontré Fennesz. Cette interview a été publiée dans Bozar Magazine.

« Je suis loin d’avoir dit mon dernier mot. Je reste curieux. » 

Avant même l’avènement de la génération des ordinateurs portables, Fennesz explorait déjà les limites de son programme informatique et utilisait avec gourmandise des pédales d’effets sur sa guitare électrique. Ce printemps, le musicien viennois présente son dernier album, célèbre le 25e anniversaire de l’emblématique Endless Summer et renoue avec son complice Jim O’Rourke. Fennesz a encore bien des univers à explorer et se tourne vers l’avenir. 

À Bozar, vous avez l’occasion de présenter trois projets différents. Y a-t-il un fil conducteur dans votre travail ? 

On ne peut travailler qu’à l’intérieur de sa propre grammaire et de sa propre langue. Dans mon cas, il s’agit d’explorer mes limites et d’essayer de grandir. Dans le cadre de collaborations, j’ai le sentiment de pouvoir toujours apprendre quelque chose. Je suis loin d’avoir dit mon dernier mot. Je reste curieux. Le fil conducteur, je pense, est une approche profondément personnelle basée sur ma propre vie et mes propres souvenirs. 

Diriez-vous que votre travail porte davantage sur les souvenirs ou également sur l’exploration sonore ? 

Les deux. Il y a toujours des gens qui disent qu’il y a un côté romantique dans ma musique. Et c’est vrai. Mais en même temps, il y a aussi une approche très scientifique. J’essaie de faire coexister ces deux aspects. Je ne dois pas oublier le côté émotionnel de la musique, car il est important pour moi et c’est pourquoi j’aime aussi la musique pop et classique. Mais en même temps, je m’intéresse beaucoup à la technologie et à ce qu’elle peut m’apporter. Il y a actuellement beaucoup de discussions sur l’intelligence artificielle et je trouve cela fascinant. Je n’y suis pas opposé. Je dois juste trouver un moyen d’y entrer. 

En parlant de nouvelles technologies et en pensant au 25e anniversaire d’Endless Summer : êtes-vous nostalgique de 2001 ? 

C’est certainement un projet empreint de nostalgie. Je viens de faire la même chose avec mon album Venice de 2004 pour la Biennale de Venise, il y a quelques semaines. Préparer cet événement, c’était comme voyager dans le passé. Et ce n’est pas toujours agréable.  

Votre interprétation de l’album a-t-elle été influencée par le temps qui passe ? Avez-vous développé de nouvelles approches au fil des ans ? 

Peut-être. Je ne sais toujours pas si je dois simplement interpréter l’ancien album tel quel ou y apporter quelques modifications ici et là. Je le découvrirai au cours du processus de travail. 

Est-ce que vous avez encore cette musique dans les doigts après toutes ces années ? 

Certaines choses n’existent plus. (rires) Certains enregistrements ont disparu et d’autres sont impossibles à jouer, comme le premier morceau d’Endless Summer. Je l’avais improvisé sur une guitare à cordes en nylon via un patch Max/MSP. J’ai encore cette guitare, mais je n’ai plus le patch. Je vais donc devoir trouver des moyens de le reproduire. 

C’est intéressant. L’album n’est pas si vieux, comparé à un ancien document lacunaire, mais ici aussi, il manque quelque chose, il y a une ouverture. 

Exactement, c’est ce qui pose problème dans ce cas. J’y travaille encore mais je n’ai pas encore tout à fait trouvé ma voie. 

Endless Summer a été un succès commercial. Diriez-vous que cet album a également marqué un tournant artistique pour vous ? Ou y a-t-il d’autres projets qui ont été tout aussi importants ? 

D’un point de vue artistique, c’est en fait le premier album, Hotel Paral.lel, qui m’a fait dire : « OK, c’est dans cette direction que je veux aller ». Mais en écrivant Endless Summer, je savais que c’était plus pop que tout ce que j’avais fait jusqu’alors, et que ça toucherait probablement un public plus large. Ce n’est pas que je m’y attendais, mais je savais que ça pouvait arriver… et c’est arrivé.  

Vous allez le présenter avec l’artiste Lillevan. Comment cette collaboration est-elle née ? 

Lillevan et moi avons souvent joué ensemble au fil des décennies. J’apprécie beaucoup son langage visuel. C’est un artiste vidéo et un excellent improvisateur. Je composais en live sur scène et il faisait la même chose avec un patch vidéo. De plus, il connaît très bien Endless Summer. Nous avons joué beaucoup de morceaux ensemble, mais pas encore l’album entier. 

Ryuichi Sakamoto, Mike Patton, David Sylvian, Mark Linkous... La liste de vos collaborations donne le vertige. Celle avec Jim O’Rourke remonte à trente ans. Pourquoi n’a-t-elle pas de date d’expiration ? 

J’ai rencontré Jim il y a longtemps, dans les années 90. Avec Peter Rehberg, malheureusement décédé en 2021, nous avions formé un groupe : Fenn O’Berg. Nous avons beaucoup tourné en Europe et au Japon, car Jim vit au Japon depuis 2005, après avoir quitté Sonic Youth.  

Selon toi, quelles sont ses plus grandes qualités en tant que musicien ? 

Il sait tout faire. Il maîtrise tous les styles et tous les instruments. On pourrait dire qu’il est un homme de la Renaissance. Je reconnais immédiatement sa griffe quand c’est lui qui a produit ou même mixé un disque : son travail est toujours très subtil et raffiné. Pour moi, c’est l’un des plus grands, et j’ai beaucoup de chance de pouvoir à nouveau jouer avec lui après tant d’années. La dernière fois que nous avons joué ensemble, c’était au Japon, il y a peut-être douze ans. 

« Nous sommes comme des enfants qui jouent ensemble. L’un a une idée, l’autre la développe, puis le premier y ajoute à nouveau quelque chose. » 

Que pouvons-nous attendre du concert avec O’Rourke ? Des morceaux tirés de It’s Hard For Me To Say I’m Sorry, d’anciens morceaux de l’époque Fenn O’Berg ou de nouvelles créations ? 

Ce sera quelque chose de complètement nouveau. Nous ne savons pas encore exactement quoi, car la plupart du temps, notre travail est basé sur l’improvisation. Quand nous improvisons, Jim et moi, il se passe quelque chose de particulier : c’est comme si nous jouions des thèmes ou des morceaux à moitié finis et que l’autre y réagissait. C’est presque comme si nous composions ensemble sur scène. C’est donc très différent de l’improvisation libre qu’on trouve dans le jazz. Il n’y a pas de questions-réponses, mais nous créons quelque chose en temps réel. 

Sur votre dernier album solo Mosaic (2024), la guitare semble revenir au premier plan, elle est plus physique et plus audible. Était-ce un choix délibéré ? Elle a toujours été un point d’ancrage, n’est-ce pas ? 

Parfois, c’était délibéré, en effet. Lorsque je travaillais sur cet album, j’essayais de ne pas avoir trop d’options en studio pour éviter de m’y perdre. Je me suis donc concentré sur la guitare, quelques synthés logiciels et des effets.  

Quand je joue Mosaic en live, je fais beaucoup plus attention au son live que pour les albums précédents, car il doit vraiment être grandiose et y avoir beaucoup d’espace. J’ai donc hâte de le présenter dans la nouvelle Salle M de Bozar. Je pouvais jouer Endless Summer ou d’autres morceaux en poussant le volume dans un club punk et, d’une certaine manière, ça marchait. Mais pas avec Mosaic. Il faut un bon système de sonorisation.  

Comment trouvez-vous l’équilibre entre l’analogique et le numérique dans votre processus de création et de production ? 

Au fil des années, j’ai trouvé ma voie. Parfois, je n’utilise aucun instrument analogique et les gens trouvent le son très analogique. Et inversement ! (rires) Bien sûr, mes guitares sont analogiques et j’ai beaucoup de pédales que j’adore, mais au final, tout passe par l’ordinateur. J’ai des plug-ins sur lesquels j’ai beaucoup travaillé, je les ai modifiés jusqu’à ce qu’ils sonnent comme je le voulais. C’est toujours un mélange entre l’analogique et le numérique. J’utilise toujours de très bons égaliseurs et compresseurs analogiques, mais parfois aussi un plug-in numérique qui sonne tout aussi bien. Peu importe. Si ça sonne bien, ça sonne bien. 

Cedric Feys & Guillaume De Grieve

Ce qui est sûr, c’est que les concerts de Fennesz seront un régal pour les oreilles. Venez découvrir notre artiste phare cette saison à l’œuvre à trois reprises au printemps. 

26 Feb.'26 Mosaic 

28 Apr.’26 Fennesz & Jim O’Rourke 

20 Juni’26 Endless Summer 

Avec Fennesz, Bozar met à l'honneur une figure majeure de la musique électronique, en quête constante de renouveau depuis plus de trente ans. Avant même l’émergence d’une « génération laptop », l’Autrichien explorait les limites de ses logiciels et détournait les pédales d’effet de sa guitare électrique. Ainsi est né son style signature, de l'ambient électro-acoustique tissé de glitches. À Bozar, il présente son dernier album, célèbre les 25 ans de Endless Summer et retrouve son complice Jim O’Rourke.

Les trois concerts de Fennesz à Bozar : 

26 Fév.'26 Mosaic 

28 Avr.’26 Fennesz & Jim O’Rourke 

20 Juin'26 Endless Summer 

Bozar Maecenas

Patrick Derom Gallery • Monsieur et Madame Bertrand Ferrier • Baron en Barones Marnix Galle-Sioen • Baron Xavier Hufkens • Monsieur et Madame Laurent Legein • Madame Heike Müller • Monsieur et Madame Dominique Peninon • Monsieur et Madame Antoine Winckler • Monsieur et Madame Bernard Woronoff • Chevalier Godefroid de Wouters d'Oplinter

Bozar Honorary Patrons

Comte Etienne Davignon • Madame Léo Goldschmidt

Bozar Patrons

Monsieur et Madame Charles Adriaenssen • Madame Marie-Louise Angenent • Comtesse Laurence d'Aramon • Monsieur Jean-François Bellis • Baron et Baronne Berghmans • De heer Stefaan Bettens • Monsieur Philippe Bioul • Mevrouw Roger Blanpain-Bruggeman • Madame Laurette Blondeel • Comte et Comtesse Boël • Monsieur et Madame Thierry Bouckaert • Monsieur Thierry Boutemy • Madame Anny Cailloux • Madame Valérie Cardon de Lichtbuer • Madame Catherine Carniaux • Monsieur Jim Cloos et Madame Véronique Arnault • Mevrouw Chris Cooleman •  Monsieur et Madame Denis Dalibot • Madame Bernard Darty • De heer en mevrouw Philippe De Baere • Prince et Princesse de Chimay • De heer Frederic Depoortere en mevrouw Ingrid Rossi • Madame Louise Descamps • Madame Hélène Deslauriers • Monsieur Amand-Benoit D'Hondt • De heer Bernard Dubois • Madame Claudine Duvivier • Madame Dominique Eickhoff • Baron et Baronne William Frère • Baron et Baronne Pierre Gurdjian • De heer en mevrouw Philippe Haspeslagh - Van den Poel • Madame Susanne Hinrichs et Monsieur Peter Klein • Monsieur Jean-Pierre Hoa • Madame Bonno H. Hylkema • Madame Fernand Jacquet • Baron Edouard Janssen • Madame Elisabeth Jongen • Monsieur et Madame Jean-Louis Joris • Monsieur et Madame Adnan Kandiyoti • Monsieur Sander Kashiva • Monsieur Sam Kestens • Monsieur et Madame Klaus Körner • Monsieur Pierre Lebeau • Monsieur et Madame François Legein • Monsieur et Madame Charles-Henri Lehideux • Monsieur et Madame Philippe Le Hodey • Madame Gérald Leprince Jungbluth • Monsieur Xavier Letizia • Monsieur Bruno van Lierde • Madame Florence Lippens • Monsieur et Madame Clive Llewellyn • Monsieur et Madame Thierry Lorang • Madame Denise Louterman • Madame Olga Machiels-Osterrieth • De heer Peter Maenhout • Monsieur et Madame Alain Mallart • De heer en mevrouw Frederic Martens • Monsieur et Madame Dominique Mathieu-Defforey • De heer en mevrouw Frank Monstrey (urbion) • Madame Philippine de Montalembert • Madame Nelson • Monsieur Laurent Pampfer • Dr. Bram Peeters et Monsieur Lucas Van Molle • Madame Christine Perpette • Famille Philippson • Monsieur Gérard Philippson • Comte et Comtesse Antoine de Pracomtal • Monsieur Bernard Respaut • Madame Elisabetta Righini et Monsieur Craig Finch • Monsieur et Madame Michael Rosenthal • Monsieur et Madame Frédéric Samama • Monsieur et Madame Philippe Schöller • Monsieur et Madame Hans C. Schwab • Monsieur et Madame Tommaso Setari • Monsieur et Madame Olivier Solanet • Monsieur Eric Speeckaert • Monsieur Jean-Charles Speeckaert • Vicomte Philippe de Spoelberch et Madame Daphné Lippitt • Madame Anne-Véronique Stainier • Monsieur Didier Staquet et Madame Lidia Zabinski • De heer Karl Stas • Monsieur et Madame Philippe Stoclet • Monsieur Nikolaus Tacke et Madame Astrid Cuylits • De heer en mevrouw Coen Teulings • Monsieur et Madame Philippe Tournay • De heer en mevrouw Koen en Anouk Van Balen-Stulens • Monsieur et Madame Xavier Van Campenhout • De heer Marc Vandecandelaere • De heer Alexander Vandenbergen • Mevrouw Barbara Van Der Wee en de heer Paul Lievevrouw • Monsieur Michel Van Huffel • De heer Koen Van Loo • De heer en mevrouw Anton Van Rossum • De heer Johan Van Wassenhove • Monsieur et Madame Albert Wastiaux • Monsieur Luc Willame • Madame Danuta Zedzian • Monsieur et Madame Jacques Zucker 

Bozar Circle

Monsieur Axel Böhlke et Madame Clara Huizink • Monsieur et Madame Paul De Groote • Monsieur Rodolphe Dulait Madame Liliane Gam Madame Valeria Onofrj Sir Gabriel Smit Pergolizzi • De heer en mevrouw Remi en Evelyne Van Den Broeck• Monsieur Guillaume van Doorslaer et Madame Emily Defreyne  

Et tous les Membres qui souhaitent rester anonymes.