Le soutien de Bozar pour cet art en constante réinvention se reflète dans cette nouvelle programmation qui propose de nombreuses créations ainsi que des reprises adaptées à l’espace du Palais. Chaque performance déjoue les codes traditionnels et puise sa force dans les fragilités ou dans la capacité à s’adapter.
Des mouvements façonnés par le vêtement
Artiste pluridisciplinaire par excellence, Darius Dolatyari-Dolatdoust fait de sa pratique un terrain de rencontre entre design, vêtement, scénographie et performance. Formé entre Bruxelles et Paris aux arts appliqués, au textile, à la sculpture, au graphisme et à la danse, il conjugue ses expertises techniques et artistiques dans des performances qui explorent les relations entre forme et mouvement. À travers ses interventions, notamment au MUDAM à Luxembourg, à la Fondation Serralvès à Porto ou aux Magasins Généraux à Paris, il pense les espaces comme éléments constitutifs d’une narration. Les costumes y façonnent une atmosphère immersive, brouillant les frontières entre corps et décor. Dans ses installations, il envisage le vêtement comme extension du corps et joue des perceptions culturelles qu’il induit. Avec DRESSING et mata !, il développe ce narratif du vêtement, entre archives vivantes et spéculations imaginaires.
L’imagination comme universalité de langage
À la tête de la compagnie Ça marche, basée à Barcelone et fondée en 2015 avec Oriol López, le metteur en scène Nico Jongen s’appuie sur le théâtre, la danse et l’installation pour développer des projets immersifs, inclusifs et engagés. Par une approche presque documentaire, il développe une poétique du geste en explorant le potentiel subversif des corps non professionnels au plateau. Récemment, son travail s’est recentré sur des créations collectives avec des personnes sourdes et malentendantes. Ces collaborations ouvrent sur des possibilités de repenser les modalités de la scène en prenant en compte la diversité des modes de perception et d’expression. À travers des ateliers, il explore les interactions entre langue des signes, gestes, lumières et sons pour créer des expériences accessibles et poétiques. HAPPY END, un nouveau projet créé à Bozar, aborde la métamorphose des corps adolescents dans une ode à la force collective.
Une figure iconique de la danse expérimentale et de la performance en Espagne
L’artiste espagnole Mónica Valenciano explore les possibilités expressives du corps, sa matérialité et sa capacité à porter des récits complexes : sa démarche s’appuie sur la respiration du mouvement et l'acoustique du geste. À travers des processus mêlant mouvement, parole et espace, le corps devient un lieu où se rencontrent l’intime et le politique. Par ailleurs poète, militante et pédagogue, elle développe une approche de la performance qui saisit l’attention et les émotions dans leur immédiateté. Parallèlement à sa création à Bozar, elle rencontrera des étudiant·es dans le cadre de workshops, contribuant à ouvrir de nouveaux espaces de dialogue entre art et engagement social.