Communiqué de presse

Publié le 7 mars '26

Picture Perfect

Beauty through a contemporary lens

Que signifie la « beauté » aujourd’hui ? Qui en décide ? Et comment les images façonnent-elles la perception de nous-mêmes et de ceux et celles qui nous entourent ? Avec Picture Perfect. Beauty Through a Contemporary Lens, Bozar
présente, du 7 mars au 16 août 2026, une grande exposition qui explore la construction, la circulation et la contestation de la beauté à travers la photographie, le cinéma et la vidéo, des années 1970 à nos jours.

Réunissant les oeuvres de 65 artistes de tous les continents et de toutes les générations, Picture Perfect examine le rôle central des médias visuels dans la production, le renforcement et la remise en question des normes de beauté
occidentales dominantes. À la fois critique et émancipatrice, l’exposition se présente comme un manifeste, comme une déclaration qui entend défier les canons établis, mais aussi élargir et redéfinir la beauté comme un espace de
liberté, de multiplicité et d’humanité.

La beauté à travers l’objectif 

Qu’on le veuille ou non, la quête de la beauté imprègne notre quotidien. Du miroir de la salle de bain aux réseaux sociaux, des couvertures de magazines aux cliniques de chirurgie esthétique, la pression de l’apparence « parfaite » est devenue une réalité omniprésente. Une peau jeune et dénuée d’imperfections, un corps tonique et un sourire impeccable sont autant de critères quotidiens à l’aune desquels nous mesurons notre estime de nous-mêmes. 

« Le choix d’oeuvres relevant de médias liés à l’objectif souligne le lien fort entre beauté et photographie », explique Christel Tsilibaris, commissaire de l’exposition. « Il éclaire en outre l’importance cruciale de ce médium en tant qu’outil de promotion des tendances esthétiques et des produits de beauté. Aujourd’hui central dans notre quotidien et toujours à portée de main dans nos smartphones, l’appareil photo aura joué un rôle pionnier dans l’amélioration des apparences et la création de buts inatteignables. »

 

Déconstruction 

« Le moment est venu d’élargir et de redéfinir le concept de beauté », souligne Christel Tsilibaris. « Les artistes de Picture Perfect abordent de manière critique les normes de beauté occidentales, mais surtout, ils et elles rejettent tout jugement en proposant la beauté comme un espace de liberté et d’humanité. »

Conçue comme une déclaration critique, l’exposition se déroule à travers des mouvements entremêlés de déconstruction et de récupération. Elle retrace les fondements historiques des normes de beauté occidentales, perpétuées à travers des siècles d’histoire de l’art et renforcées par les médias de masse et les algorithmes numériques. À partir des années 1970, les artistes ont commencé à confronter et à démanteler ces canons hérités à travers l’autoportrait, la performance, l’appropriation et des stratégies documentaires. Dans le même temps, de nombreux artistes ont revendiqué la beauté comme une force relationnelle et un vecteur d’émancipation, proposant de nouveaux langages visuels qui embrassent la vulnérabilité, la diversité, le vieillissement, la queeritude et l’hybridité.

 

Réappropriation du regard 

La photographie occupe une place centrale dans l’exposition. Historiquement déterminante dans la définition des normes de beauté, elle a promu les tendances esthétiques et les produits à travers le monde. Mais elle contient également les germes de la critique. Plutôt que de s’opposer catégoriquement à l’esthétisation, Picture Perfect embrasse l’ambiguïté de l’objectif, mettant en avant le dialogue entre l’oeuvre d’art, l’artiste et le public. L’exposition décentralise le regard, élargit la représentation et questionne qui a le pouvoir de définir la désirabilité. Tout en abordant les dimensions oppressives de la beauté, l’exposition résiste à la moralisation. Elle crée plutôt un espace de réflexion et encourage les visiteurs à s’interroger sur leur façon de voir. « Picture Perfect nous encourage à ouvrir les yeux et à porter un regard neuf sur les normes de beauté physique que la société tente de nous imposer », explique Zoë Gray, directrice des expositions à Bozar. 

« Cependant, dans un monde où les jugements sont parfois hâtifs, cette exposition est tout sauf moralisatrice. Elle est au contraire ouverte, généreuse, ludique et inspirante. Elle renforce l’estime de soi tout en présentant le travail d’un large éventail d’artistes, des plus confirmé.e.s aux plus émergent.e.s. » La beauté est abordée comme une force pouvant à la fois contraindre et autonomiser. À une époque où les procédures esthétiques et les filtres numériques intensifient l’examen minutieux des apparences, Picture Perfect répond avec urgence, affirmant que la beauté n’est pas un objet statique, mais un terrain dynamique de lutte et de possibilités. 

 

Échos 

Après avoir exploré l’amour en 2024 avec l’exposition Love is Louder, la beauté physique est la deuxième exposition thématique de Bozar consacrée à ce qui nous motive en tant qu’êtres humains. Elle fait également écho à l’exposition Bellezza e Bruttezza (20 février → 14 juin 2026) qui s’intéresse à la beauté et à la laideur durant la Renaissance.
Zoë Gray résume : « Picture Perfect examine le rôle de l’appareil photo dans la création, la perpétuation et la déconstruction des idées établies sur la beauté physique. Axée sur les médias photographiques depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui, elle complète parfaitement l’exposition parallèle Bellezza e Bruttezza, Picture Perfect 7 mars → 16 août‘26 4 révélant la continuité des normes de beauté occidentales à travers les âges, mais aussi la manière dont les artistes contemporains remettent en question ces traditions et ces archétypes. »

Bozar Arcade

Bozar Arcade, l’espace dédié aux oeuvres d’art numériques interactives et aux jeux vidéo à Bozar, est inclus dans l’exposition Picture Perfect, dans la dernière salle. 
Depuis plusieurs années, le jeu vidéo et la culture numérique ont fortement pris pied à Bozar. L’événement biannuel Bozar Arcade aborde des sujets de société à travers la vision d’artistes et de créateurs de jeux vidéo indépendants. 
Pour son édition 2026, Bozar Arcade marque le chapitre final de l’exposition Picture Perfect. En résonance avec toutes les oeuvres de l'exposition, il présente une sélection d’oeuvres vidéoludiques existantes ainsi qu’une création originale avec laquelle le public peut interagir directement. 

Commissariat de Bozar Arcade :
Emma Dumartheray, Exhibitions & Bozar Digital Coordinator 
Jafar Hejazi, Digital Dramaturge Bozar 

Picture Perfect présente les oeuvres de: 
Ibrahim Ahmed, Yumna Al-Arashi, Francesca Allen, Sarah Amrani, Susan Anderson, Eleanor Antin, Alexandra Barancovà & Jae Perris, Baloji, Valérie Belin, François Bellabas, Kwame Brathwaite, Nakeya Brown, Juno Calypso, William Cobbing, John Coplans, Eli Cortiñas, Nicola Costantino, Laure Cottin Stefanelli, Mélanie Courtinat, Sara Cwynar, Rineke Dijkstra, Philippe Durand, Sylvie Fleury, Bryce Galloway, Moshtari Hilal, Anne Horel, Sanja Iveković, Yuki Kihara, Sandra Lazzarini, Ethel Lilienfeld, Linder, Lucy&Bart, Luna Maurer, James McColl, Ana Mendieta, Haley Morris-Cafiero, Zanele Muholi, Zed Nelson, J.D. ‘Okhai Oijekere, ORLAN, Frida Orupabo, Guillaume Pauli, Andrés Pérez, Cara Phillips, Momo Pixel, Angelo Plessas, Marilou Poncin, Chantal Regnault, Pipilotti Rist, Martha Rosler, Errol Stanley Sawyer, Cindy Sherman, Marianna Simnett, Sin Wai Kin, Ruofu Sun & Alice Yu, Ryudai Takano, Amélie Testenoire – Lafayette, Maria Tsagkari, Kristina Varaksina, Hiroshi Watanabe, Hannah Wilke, Hank Willis Thomas, Roel Wouters, Garry Winogrand, Aviya Wyse. Soutien: NextGenerationEU, Pro Helvetia, The Swiss Arts Council, Creative Europe, Programme of the European Union, Goethe-Institut, Halaqat

Soutien: NextGenerationEU, Pro Helvetia, The Swiss Arts Council, Creative Europe, Programme of the European Union, Goethe-Institut, Halaqat