Remember to turn down the brightness and mute your phone.

Return to the event

Six Pianos

19 May'26
- 20:00

Henry Le Boeuf Hall

Julia Wolfe (° 1958)

my lips from speaking (1993)
 

Steve Reich (° 1936)

Six Pianos (1973)


Julius Eastman (1940-1990)

Gay Guerrilla (ca. 1980)

 

Concert sans pause

Durée : 70'

Ebony and Ivory

Ce programme nous replonge dans la scène avant-gardiste bouillonnante du New York des années 1970. Des compositeurs comme Philip Glass, Terry Riley et Steve Reich, aujourd’hui considérés comme les grands maîtres vénérés de la musique minimaliste, étaient alors de jeunes innovateurs presque inconnus, interprétant leurs œuvres radicales dans des galeries d’art du downtown et les lofts d’artistes amis, entourés d’un petit cercle de musiciens complices. Nulle part ce minimalisme radical et épuré des débuts n’apparaît avec autant de clarté que dans les premières œuvres de Steve Reich.

Dans ses premières compositions, Reich développa une technique qu’il appelait le « phase shifting », où un fragment identique répété en boucle par différents instruments se décale progressivement en accélérant ou ralentissant légèrement. Ces déphasages créent des canons complexes à l’intérieur desquels d’autres musiciens peuvent faire émerger des motifs mélodiques « internes ».

En 1973, Reich eut l’idée de composer une œuvre pour tous les pianos d’un magasin de pianos. Finalement, il n’en retint « que » six pour une pièce qui, tant par son titre (Six Pianos) que par son usage exclusif d’un même instrument, semble prolonger la rigueur processuelle des premières œuvres fondées sur le déphasage. Pourtant, Six Pianos introduit déjà davantage de contrastes et de variations. L’œuvre se divise en trois parties partageant le même motif rythmique de base, mais chacune dans une tonalité différente (ré majeur, mi dorien et si mineur) et dans un registre plus aigu du clavier, créant une vaste vague ascendante sur le plan harmonique et sonore. Les motifs canoniques restent centraux, mais ils sont désormais construits note par note, ce qui confère à la pièce une dimension plus dramatique. Dès que deux ou plusieurs pianos ont établi un motif complet en canon, les pianistes restants ajoutent des figures qui mettent brièvement en lumière des mélodies internes surgissant de la combinaison canonique des autres instruments, avant de s’effacer à nouveau.

Enfant terrible

L’énergie de Six Pianos a sans doute encouragé d’autres minimalistes à écrire pour plusieurs pianos. Le fait que l’œuvre figure sur le disque Drumming, publié l’année suivante chez Deutsche Grammophon — un enregistrement qui contribua fortement à la diffusion internationale du minimalisme — lui donna encore davantage de valeur iconique. Il est plausible que cette inspiration ait joué un rôle dans les œuvres pour plusieurs pianos composées par Julius Eastman entre 1979 et 1980. Mais là où Reich privilégie des titres abstraits et des processus musicaux impersonnels, Eastman fait entendre une intensité passionnée et choisit des titres provocateurs qui ajoutent une dimension profondément personnelle.

Julius Eastman (1940-1990) était un chanteur virtuose — il s’illustra notamment dans l’enregistrement des Eight Songs for a Mad King de Peter Maxwell Davies et chanta au sein de l’ensemble de Meredith Monk, dont on peut encore entendre sa voix sur Dolmen Music. Comme compositeur, il s’appropria avec une fraîcheur remarquable les inspirations du minimalisme. Son immense talent contrastait cependant avec une vie tumultueuse. Noir et homosexuel dans une société profondément discriminatoire, Eastman mena une existence flamboyante qui bascula progressivement dans une spirale d’alcool et de drogues durant les années 1980. Expulsé de chez lui, il survécut un temps comme sans-abri à Tompkins Square Park avant de mourir presque anonymement dans un hôpital de Buffalo.

Lorsque les huissiers expulsèrent Eastman de son appartement, une grande partie de ses partitions et enregistrements disparut également. Nous devons à la quête inlassable de la compositrice Mary Jane Leach le fait qu’Eastman ait été sauvé de l’oubli et qu’un nombre important de ses œuvres ait pu être retrouvé. En 2005, Leach réunit dans un coffret de trois CD tous les enregistrements alors disponibles de ses œuvres, attirant enfin l’attention sur l’originalité de son langage musical.

Ce qui frappe immédiatement chez Eastman, c’est la manière presque provocatrice dont il revendique son identité ethnique et sexuelle. Gay Guerrilla (1980) et Evil Nigger (1979) réapproprient des termes historiquement péjoratifs, bien avant que plusieurs générations de rappeurs ne jouent avec le « N-word ». Dans une introduction donnée lors d’un concert à la Northwestern University où ces œuvres étaient programmées, Eastman soulignait le pouvoir cathartique du réemploi de ces mots chargés : « Ce que j’entends par nigger, c’est (…) une personne ou une chose qui incarne quelque chose de fondamental et refuse la superficialité. » L’« ebony and ivory » des touches du piano devient ainsi chez Eastman le symbole des tensions raciales aux États-Unis.

Ce qui impressionne le plus dans Evil Nigger, c’est l’énergie de la pulsation continue et des notes répétées à grande vitesse, chaque piano ajoutant progressivement de nouvelles hauteurs jusqu’à ce que tout soit interrompu par une cadence de type baroque (ré-la-sib-fa-sol-la-ré) jouée à l’unisson, avant que le processus ne recommence.

Gay Guerrilla est plus complexe encore : un motif rythmique y apparaît immédiatement en contrepoint, tandis que des harmonies plus dissonantes se développent progressivement. Le plus marquant reste toutefois l’apparition progressive du choral luthérien Ein feste Burg ist unser Gott. Le passage d’une écriture chorale à la Bach vers un contrepoint minimaliste, puis vers une affirmation de « Gay Pride » avant l’heure, résume parfaitement les éléments originaux, stimulants et contradictoires qui rendent la musique énergique de Julius Eastman si fascinante.

Maarten Beirens 

Dans la série « Echoes of the 20th Century », nous racontons l'histoire derrière douze compositions emblématiques du XXe siècle. Le 19 mai, six pianistes interpréteront des œuvres de Steve Reich et Julia Wolfe, ainsi qu’une pièce explosive de Julius Eastman. Avec son œuvre radicale, brute et puissante, le compositeur afro-américain Julius Eastman (1940-1990) est l’auteur d’un chapitre unique de l’histoire de la musique minimaliste. Pourtant, il fut méconnu de son vivant et son œuvre faillit disparaître. Qui était donc ce personnage énigmatique ?

Dans un premier temps, la carrière d’Eastman se déroula assez favorablement. Remarquant son talent, le compositeur et chef d’orchestre Lukas Foss l’invita à rejoindre un groupe de compositeurs avant-gardistes à SUNY Buffalo, un vivier créatif où nombre de ses premières œuvres furent jouées. Il y rencontra Petr Kotik, avec qui il fonda le S.E.M. Ensemble, qui interprétait notamment des œuvres de Cage, Feldman et Oliveros. Eastman tourna avec cet ensemble et jouissait d’une réputation de pianiste et chanteur doué. En tant qu’interprète, il connut le succès dans le monodrame intense Eight Songs for a Mad King de Peter Maxwell Davies et collabora avec des noms prestigieux tels qu’Arthur Russell et Meredith Monk.

Entre-temps, Eastman composait une musique dans un style qui lui était propre. Alors que les premières compositions minimalistes de figures telles que Reich et Glass suivaient généralement un processus rigoureux, Eastman travaillait sans règles trop strictes, construisant sa musique de manière très progressive. Dans ses œuvres, Eastman développe un son grandiose à partir d’un motif simple, ajoutant couche après couche. Outre les éléments déjà présentés, chaque couche contient de nouvelles notes, rythmes ou harmonies. Une fois l’intensité maximale atteinte, la pièce se désintègre lentement. Un principe baptisé « musique organique » par Eastman lui-même. Dès le début des années 1970, il intégra également à sa guise des éléments hétérogènes dans ses compositions. Ainsi, le joyeux Stay On It (1973) repose sur un riff pop syncopé. Eastman répète ce motif à l’infini, mais le laisse progressivement s’enliser dans des passages dissonants et statiques, avant de le faire réapparaître enrichi de subtils changements harmoniques. Grâce à ce mélange passionnant, Eastman est considéré comme l’un des précurseurs du post-minimalisme, un style qui n’a pris son essor que dix ans plus tard. Avant même que des compositeurs comme Julia Wolfe ne s’y aventurent dans les années 1990, Eastman avait abattu les murs entre l’uptown (la scène classique et académique) et le downtown (le circuit expérimental) à New York.

La musique d’Eastman se caractérise par une franchise (émotionnelle) prononcée et une forte charge politique mettant sa propre identité en jeu : « Ce que j’essaie d’accomplir, c’est d’être pleinement ce que je suis : pleinement noir, pleinement musicien, pleinement homosexuel ». Avec des titres provocateurs tels que Evil Nigger (1979), Gay Guerrilla (vers 1980) et Crazy Nigger (vers 1980), Eastman récupère des termes controversés et oblige son public à se positionner vis-à-vis de la charge politique et sociale de son œuvre. 

Dans Gay Guerrilla, une pièce à l’instrumentation libre souvent interprétée sur quatre pianos, il répète de manière obsessionnelle une figure rythmique (court-court-long) jusqu’à former un mur sonore massif. Au cœur de l’œuvre, Eastman introduit soudain une citation de l’hymne luthérien Ein feste Burg ist unser Gott. Un choix intrigant : cet hymne qui invite à la ténacité et contient des connotations de lutte (« Notre Dieu est une forteresse puissante, un bouclier et une arme fiables ») devient partie intégrante d’un appel puissant à l’émancipation.  

Eastman, qui enseignait au SUNY Buffalo au début des années 1970, quitta l’établissement en 1975 après une interprétation controversée d’une œuvre de Cage. Durant les années 1980, il fut progressivement marginalisé. Il devint sans domicile fixe, perdant ainsi une grande partie de ses partitions, et mourut en 1990 à l’âge de 49 ans. Le regain d’intérêt actuel pour son œuvre est dû à son amie, la compositrice Mary Jane Leach, qui commença à la fin des années 1990 à rassembler et à mettre à disposition des enregistrements et des partitions. 

Cedric Feys

Frederic Croene

piano

Frederik Croene est un pianiste et compositeur belge dont le travail explore l’identité stratifiée et en perpétuelle mutation du pianiste classique. Diplômé du Conservatoire de Bruxelles en 1999, il développe une pratique artistique singulière où virtuosité instrumentale et composition expérimentale se rencontrent. Avec le concept Le Piano Démécanisé (2010), il ouvre une nouvelle voie mêlant piano, piano démantelé, théorie expérimentale et approche conceptuelle. Croene interprète un vaste répertoire classique et collabore avec des compositeurs tels que Michael Beil, Johannes Kreidler, Simon Steen-Andersen, Stefan Prins, Michael Finnissy, Enno Poppe et Frederic Rzewski. Ses albums solo cul de sac (2019) et Solastalgia (2022) ont été salués à l’international ; le magazine The Wire a notamment loué sa « concentration expressive au clavier, digne de Sviatoslav Richter ».

Saori Oya

piano

Saori Oya obtient son diplôme de bachelier au Toho Gakuen College of Music au Japon avant de poursuivre ses études à la section néerlandophone du Conservatoire royal de Bruxelles. En 2000, elle y décroche avec grande distinction les diplômes supérieurs de piano, musique de chambre et musique contemporaine. Elle complète ensuite une spécialisation en musique de chambre au sein du même établissement en 2004. Sélectionnée par Philippe Herreweghe, elle devient lauréate Jeune Talent du Herreweghe Festival à Gand. Avec son frère Yutaka, elle forme l’Oya Piano Duo, invité de nombreux festivals internationaux. Saori Oya collabore également avec des ensembles de musique contemporaine tels que Champ d’Action, Ensemble Musiques Nouvelles et Prometheus Ensemble.

Heloisa Amaral

piano

Heloisa Amaral étudie le piano, les claviers historiques et la direction à Freiburg et Oslo. Très tôt fascinée par les musiques expérimentales contemporaines, elle collabore avec des compositeurs et artistes sonores tels que Helmut Lachenmann, Natasha Barrett, Simon Steen-Andersen, Johannes Kreidler, Øyvind Torvund, Alvin Lucier, Phil Niblock, Jan St. Werner et Marina Rosenfeld. Ancienne membre de l’ensemble asamisimasa, elle se produit aujourd’hui comme soliste et chambriste, notamment avec Duo Hellqvist/Amaral, Duo Amaral/Zöllner et Ensemble neoN. Elle a été invitée dans des lieux et festivals tels que le ZKM, Casa da Música, le Klang Festival, De Bijloke, le Mata Festival, KontraKlang et le Seoul Arts Center. Parmi ses enregistrements récents figurent NEON chez GRAPPA et Lush Laments for Lazy Mammals avec le percussionniste Håkon Stene chez Hubro/GRAPPA.

Keiko Shichijo

piano

Keiko Shichijo occupe une place singulière dans les univers de la musique classique et contemporaine. Elle associe une sensibilité japonaise raffinée à une connaissance approfondie des pratiques européennes d’interprétation historiquement informée. Cette approche nourrit une vision musicale unique, perceptible dans son rapport à la musique, à l’instrument et au récit sous-jacent. Shichijo se produit dans des festivals tels que le Printemps des Arts, le Festival Oude Muziek Utrecht, le MA Festival Bruges, La Folle Journée Tokyo et le Canberra International Music Festival. Son duo avec la violoniste Cecilia Bernardini est régulièrement invité à travers l’Europe. Spécialiste du répertoire contemporain, elle collabore avec des compositeurs tels que Helmut Lachenmann, Tom Johnson et Jürg Frey. Keiko Shichijo mène une carrière internationale de soliste et chambriste et a publié de nombreux enregistrements consacrés notamment à Beethoven, Mozart, Schubert, Komitas, Satie et Tom Johnson.

Reinier van Houdt

piano

Reinier van Houdt étudie le piano à l’Académie Liszt de Budapest et au Conservatoire royal de La Haye. Son parcours artistique l’amène à explorer ce qui échappe à la notation : le son, le temps, l’espace, la corporalité, la mémoire, le bruit et l’environnement. Outre ses propres créations, il interprète des œuvres de compositeurs tels que Robert Ashley, Alvin Curran, Kaikhosru Sorabji, Christian Marclay et Charlemagne Palestine. Il collabore également avec John Cage, Alvin Lucier et Luc Ferrari. Van Houdt fait partie du groupe Current 93 de David Tibet, où il travaille notamment avec Nick Cave et John Zorn. Il est par ailleurs actif au sein de l’Ives Ensemble et de MAZE. Il se produit dans des salles et festivals du monde entier, parmi lesquels Roulette, Café Oto, la Volksbühne de Berlin, le Holland Festival, Unsound et la Biennale de Venise.

Sarah Picavet

piano

Après des études supérieures au Conservatoire de Bruxelles auprès de Jean-Claude Vanden Eynden, Sara Picavet se perfectionne dans la musique contemporaine auprès d’ensembles et musiciens spécialisés tels qu’Ictus, Jan Michiels et Håkon Austbø. Depuis lors, elle se consacre principalement au répertoire des XXe et XXIe siècles ainsi qu’à la création contemporaine, toujours en dialogue avec le grand répertoire classique. Sara Picavet collabore avec des orchestres et ensembles tels que Brussels Philharmonic, Ictus et Musiques Nouvelles, ainsi qu’avec des compositeurs comme Heinz Holliger, Jean-Luc Fafchamps et Daan Janssens. Elle est également pianiste permanente des ensembles Hopper et Ensemble XXI. Elle a publié plusieurs enregistrements, dont Seuls, consacré à la musique de Stéphane Orlando, et En blanc et noir, autour de Debussy, Jean-Luc Fafchamps et Daan Janssens. Avec son ensemble Hopper, elle a également réalisé plusieurs albums.

Bozar Maecenas

Patrick Derom Gallery • Monsieur et Madame Bertrand Ferrier • Baron en Barones Marnix Galle-Sioen • Baron Xavier Hufkens • Monsieur et Madame Laurent Legein • Madame Heike Müller • Monsieur et Madame Dominique Peninon • Monsieur et Madame Antoine Winckler • Monsieur et Madame Bernard Woronoff • Chevalier Godefroid de Wouters d'Oplinter

Bozar Fine Art Circle Founding Members

Mr and Mrs Ravi Bhansali • De Heer en Mevrouw Dirk Cavens • Monsieur Simon Devolder • Baron Xavier Hufkens • Monsieur Charles Riva

Bozar Patrons

Monsieur et Madame Charles Adriaenssen • Madame Marie-Louise Angenent • Madame Joséphine d’Ansembourg • Monsieur Werner d’Ansembourg • Comtesse Laurence d'Aramon • Monsieur Jean-François Bellis • Docteur Amine Benyakoub • Baron et Baronne Berghmans • De heer Stefaan Bettens • Monsieur Philippe Bioul • Mevrouw Roger Blanpain-Bruggeman • Madame Laurette Blondeel • Comte et Comtesse Boël • Monsieur et Madame Thierry Bouckaert • Monsieur Thierry Boutemy • Madame Anny Cailloux • Madame Valérie Cardon de Lichtbuer • Madame Catherine Carniaux • Madame Paloma Castro Martinez de Tejada • Monsieur Jim Cloos et Madame Véronique Arnault • Mevrouw Chris Cooleman • Monsieur Emile Culot • Madame Marguerite Culot • Monsieur et Madame Denis Dalibot • Madame Bernard Darty • De heer en mevrouw Philippe De Baere • Prince et Princesse de Chimay • De heer Frederic Depoortere en mevrouw Ingrid Rossi • Madame Louise Descamps • Madame Hélène Deslauriers • Monsieur Amand-Benoit D'Hondt • De heer Bernard Dubois • Madame Claudine Duvivier • Madame Dominique Eickhoff • Baron et Baronne William Frère • Baron et Baronne Pierre Gurdjian • De heer en mevrouw Philippe Haspeslagh - Van den Poel • Madame Susanne Hinrichs et Monsieur Peter Klein • Monsieur Jean-Pierre Hoa • Madame Bonno H. Hylkema • Madame Fernand Jacquet • Baron Edouard Janssen • Madame Elisabeth Jongen • Monsieur et Madame Jean-Louis Joris • Monsieur et Madame Adnan Kandiyoti • Monsieur Sander Kashiva • Monsieur Sam Kestens • Monsieur et Madame Klaus Körner • Monsieur Pierre Lebeau • Monsieur et Madame François Legein • Monsieur et Madame Charles-Henri Lehideux • Monsieur et Madame Philippe le Hodey • Madame Gérald Leprince Jungbluth • Monsieur Xavier Letizia • Monsieur Bruno van Lierde • Madame Florence Lippens • Monsieur et Madame Clive Llewellyn • Monsieur et Madame Thierry Lorang • Madame Denise Louterman • Madame Olga Machiels-Osterrieth • De heer Peter Maenhout • Monsieur et Madame Alain Mallart • De heer en mevrouw Frederic Martens • Monsieur et Madame Dominique Mathieu-Defforey • De heer en mevrouw Frank Monstrey (urbion) • Madame Philippine de Montalembert • Madame Nelson • Dr. Bram Peeters et Monsieur Lucas Van Molle • Madame Christine Perpette • Famille Philippson • Monsieur Gérard Philippson • Comte et Comtesse Antoine de Pracomtal • Monsieur Bernard Respaut • Madame Elisabetta Righini et Monsieur Craig Finch • Monsieur et Madame Michael Rosenthal • Monsieur et Madame Frédéric Samama • Monsieur et Madame Philippe Schöller • Monsieur et Madame Hans C. Schwab • Monsieur et Madame Tommaso Setari • Monsieur et Madame Olivier Solanet • Monsieur Eric Speeckaert • Monsieur Jean-Charles Speeckaert • Madame Apolline de Spoelberch • Monsieur Guillaume de Spoelberch • Monsieur Paul de Spoelberch • Vicomte Philippe de Spoelberch et Madame Daphné Lippitt • Madame Anne-Véronique Stainier • Monsieur Didier Staquet et Madame Lidia Zabinski • De heer Karl Stas • Mevrouw Caroline Steyaert • Monsieur et Madame Philippe Stoclet • Monsieur Nikolaus Tacke et Madame Astrid Cuylits • De heer en mevrouw Coen Teulings • Monsieur et Madame Philippe Tournay • De heer en mevrouw Koen en Anouk Van Balen-Stulens • Monsieur et Madame Xavier Van Campenhout • De heer Marc Vandecandelaere • De heer Alexander Vandenbergen • Mevrouw Barbara Van Der Wee en de heer Paul Lievevrouw • Monsieur Michel Van Huffel • De heer Koen Van Loo • De heer en mevrouw Anton Van Rossum • De heer Johan Van Wassenhove • Monsieur et Madame Albert Wastiaux • Monsieur Luc Willame • Madame Danuta Zedzian • Monsieur et Madame Jacques Zucker 

Bozar Circle

Monsieur Axel Böhlke et Madame Clara Huizink • Monsieur et Madame Paul De Groote • Monsieur Rodolphe Dulait • Madame Liliane Gam • Madame Valeria Onofrj Mevrouw Natasja Peeters • Sir Gabriel Smit Pergolizzi • De heer en mevrouw Remi en Evelyne Van Den Broeck • Monsieur Guillaume van Doorslaer et Madame Emily Defreyne  

Et tous les Membres qui souhaitent rester anonymes.