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Alena Baeva & Philharmonia Orchestra

24 Jan.'26
- 20:00

Henry Le Boeuf Hall

Jean Sibelius (1865-1957) 
En Saga, op. 9 (Sinfonische Dichtung) (1892, rev. 1902) 

Sergueï Prokofiev (1891-1953) 
Concerto pour violon et orchestre n° 2, op. 63 (1935) 

  1. Allegro moderato
  2. Andante assai
  3. Allegro ben marcato 

Pause 

Sergueï Rachmaninov (1873-1943) 
Danses symphoniques, op. 45 (1940) 

  1. Non Allegro
  2. Andante con moto. Tempo di Valse
  3. Lento assai—Allegro vivace 

Durée : 105 min. 

Petites clés :

  • Sibelius : De longues notes de pédale tenues aux cuivres viennent colorer les harmonies expressives.
  • Prokofiev : L’écho de la mélodie d’ouverture, repris par les cordes jouant con sordino, ne parvient pas à dissimuler l’origine populaire et profondément russe de ce matériau musical.
  • Rachmaninov: Tel un vertige d’ivresse, la valse tourbillonne sans relâche jusqu’à ce que le tempo ralentisse et que la danse se mue en une anti-valse sinistre, marquée par la décadence. 

Un poète symphonique au caractère indépendant 

Le poème symphonique, en tant que genre, confronte sans cesse les compositeur·trice·s à un problème fondamental de composition. Dans la mesure où ce poème est à la fois « symphonique » et « poétique », le compositeur ou la compositrice est tenu·e d’y accorder simultanément - et de manière équilibrée - une attention tant à la forme musicale strictement structurée qu’au contenu extra-musical implicitement inscrit dans cette forme. La composition d’un poème symphonique suppose donc un sens aigu de l’équilibre. 

Jean Sibelius a toujours été conscient de cette problématique, sans jamais pour autant laisser sa musique se laisser guider par une structure programmative. Le titre de l’œuvre interprétée ce soir illustre d’ailleurs de manière frappante cette attitude : En Saga signifie simplement « Une saga ». Pour Sibelius, il n’était nullement essentiel de préciser de quelle saga il s’agissait, mais bien de créer une atmosphère capable d’évoquer avec justesse le contexte de la mythologie scandinave. 

En Saga fut composée en 1892 et créée en 1893. Sibelius retira toutefois l’œuvre dès cette même année afin de la réviser. Ce n’est qu’en 1902 qu’il acheva la seconde version, aujourd’hui la plus fréquemment interprétée. En Saga est souvent considérée comme une œuvre de jeunesse de Sibelius. Si cette qualification peut s’appliquer, dans une certaine mesure, à la version de 1892, elle paraît difficilement défendable pour celle de 1902. Dans cette version ultérieure, Sibelius ne se contenta pas d’éliminer la quasi-totalité des imperfections compositionnelles (telles que les transitions trop abruptes, les parcours modulants inutilement complexes ou l’abondance excessive de matériau musical), mais il y démontra également son savoir-faire artistique et son authenticité. En témoignent notamment la puissance des thèmes, l’équilibre des formes, l’expressivité des harmonies ainsi que la richesse et la profondeur de l’orchestration. 

Sibelius est un poète symphonique au caractère indépendant, qui est parvenu, à partir de sa profonde familiarité avec la tradition musicale - sans pour autant céder aux développements révolutionnaires du début du XXᵉ siècle - à élaborer un langage musical personnel et pleinement valable. Dans le contexte culturel du XXᵉ siècle, cela constitue en soi un mérite tout à fait remarquable. 

D’après Pieter Bergé 

Nouvelle simplicité, anciennes promesses 

En 1936, Sergueï Prokofiev retourna en Union soviétique après un exil volontaire de dix-huit années. Alors que, tout au long des années 1930, la plupart des artistes et intellectuels fuyaient la terreur inhumaine du régime stalinien, Prokofiev fit le choix de revenir vivre dans son pays natal. Les raisons précises de cette décision restent inconnues, mais il est certain que son séjour à Paris était marqué par un profond mal du pays, et qu’il ne s’était jamais senti véritablement chez lui dans la vie musicale parisienne, mondaine mais perçue comme superficielle. Les tournées incessantes en tant que pianiste renommé finirent elles aussi par le lasser. 

Pourtant, c’est précisément à ce « mode de vie nomade » que l’on doit l’une des œuvres les plus jouées de Prokofiev : le Deuxième Concerto pour violon en sol mineur, qu’il composa en 1935 pour le violoniste wallon Robert Soetens. 

Le Deuxième Concerto pour violon figure parmi les premières œuvres de Prokofiev clairement conçues selon l’esthétique de la « nouvelle simplicité ». La mélodie initiale du violon solo illustre parfaitement la définition que Prokofiev donnait lui-même de ce style : « compréhensible, sans tomber dans la trivialité ». Elle repose essentiellement sur l’arpège de l’accord de sol mineur, avec une attention particulière portée à l’ornementation de la dominante ré par le do dièse et le mi bémol. Le second thème se révèle également très lyrique, mais s’inscrit davantage dans une veine de romantisme intense, rappelant notamment le ballet Roméo et Juliette

Le mouvement lent, l’une des pages les plus lyriques de Prokofiev, s’ouvre sur des triolets pizzicato dans les cordes et les clarinettes. Au-dessus, le violon solo chante sa mélodie binaire, créant une tension rythmique latente, unique source de tension dans cette musique par ailleurs parfaitement insouciante. Même dans l’Allegretto central, l’atmosphère reste très détendue, bien que l’espace soit un peu plus ouvert à quelques arabesques virtuoses. Dans le finale, en revanche, il n’est plus question de lyrisme : vitalité, rudesse, dissonance et virtuosité prennent pleinement le dessus. 

D’après Diederik Verstraete 

Ballet, symphonie ou concerto pour orchestre ? 

Le triptyque des Danses symphoniques constitue la dernière œuvre achevée de Sergueï Rachmaninov. Le titre indique clairement qu’il s’agit de pièces orchestrales dansantes, et il est tout à fait plausible que le contact étroit et la collaboration avec le chorégraphe Mikhaïl Fokine aient constitué l’inspiration directe pour une grande création de ballet (qui ne vit jamais le jour). Toutefois, on peut remettre en question ce projet initial de chorégraphie lorsqu’on écoute page après page la musique se déployer comme un véritable concerto pour orchestre.  

On remarque comment Rachmaninov, dans son ultime œuvre, poursuit et affine les explorations sonores qu’il avait déjà entreprises dans sa Troisième symphonie. Il dose avec un plaisir évident les possibilités et les combinaisons de timbres. L’expérimentation de nouvelles couleurs instrumentales n’est pas en reste : un rôle particulier est par exemple confié aux cloches tubulaires et à l’alto saxophone. La difficulté technique exceptionnelle des parties de cordes s’explique par le fait que le compositeur avait sollicité nul autre que Fritz Kreisler comme superviseur. On remarque également le rôle discret mais efficace du piano : pour la première fois, le clavier adopte un caractère clairement percussif et est pleinement intégré à l’orchestre. 

Dans son ensemble, les Danses symphoniques peuvent être entendues comme une sorte de testament musical, un ultime effort d’un artiste revenant sur sa vie et sa carrière. Musicalement, cela se traduit par de nombreuses références virtuoses et subtilement dissimulées à des thèmes d’œuvres antérieures. Ainsi, le premier mouvement se conclut par un extrait de la Première symphonie, mais débarrassé de sa rigidité et baignant dans une douce méditation intime. L’Andante con moto est le seul mouvement véritablement écrit dans une mesure dansante (Tempo di Valse). Dans le troisième mouvement, la quête spirituelle du compositeur atteint son apogée : une longue montée cherche le thème central du Dies Irae, motif tiré de la messe des morts latine, symbole d’une des grandes préoccupations de Rachmaninov : la mort. 

D’après Sabien Van Dale 

Philharmonia Orchestra

Le Philharmonia Orchestra a été fondé en 1945 avec pour objectif la réalisation d’enregistrements en studio. À cette occasion, de nombreux·ses chefs·fes d’orchestre de renommée mondiale se sont succédé au pupitre, parmi lesquels Herbert von Karajan, Otto Klemperer et Wilhelm Furtwängler. Des compositeur·trice·s tel·le·s que Richard Strauss, Sir Peter Maxwell Davies et Kaija Saariaho ont fait appel à l’orchestre pour la création mondiale de nouvelles œuvres. Depuis sa base au cœur de Londres (le Royal Festival Hall du Southbank Centre), le Philharmonia Orchestra rayonne à travers le monde et s’est produit dans tous les grands festivals. Ils bénéficient du soutien de nombreuses institutions, dont l’Arts Council England et l’Orchestra’s American Patrons. 

Santtu-Matias Rouvali

chef d'orchestre

Santtu-Matias Rouvali est depuis 2017 chef principal du Göteborgs Symfoniker et depuis 2021 du Philharmonia Orchestra à Londres. Par ailleurs, il est chef principal et directeur artistique du Tampere Philharmonic Orchestra dans son pays natal, la Finlande. Rouvali se produit régulièrement en tant que chef invité avec des orchestres prestigieux tels que les Berliner Philharmoniker, les Wiener Symphoniker ainsi que les orchestres symphoniques de New York et de Los Angeles. Avec le Göteborgs Symfoniker, il travaille sur un ambitieux cycle de symphonies de Sibelius, dont les trois premiers volumes ont déjà reçu plusieurs distinctions, notamment le Gramophone Editor’s Choice, un Preis der deutschen Schallplattenkritik et un Diapason d’Or. Rouvali a étudié à la Sibelius-Academy avec des maîtres tels que Jorma Panula, Leif Segerstam et Hannu Lintu. 

Alena Baeva

violon

Alena Baeva est née au Kirghizistan et vit depuis 2010 au Luxembourg. Elle possède une curiosité musicale passionnée et se distingue par son engagement en faveur de répertoires moins connus, notamment de Bacewicz, Karłowicz et Silvestrov. En tant que soliste internationale, elle s’est déjà produite avec des orchestres prestigieux tels que le New York Philharmonic, le London Philharmonic, le Tokyo Metropolitan Symphony Orchestra et bien d’autres. Des chefs d’orchestre tels que Paavo Järvi, Vladimir Jurowski et Petr Popelka l’ont invitée à diriger leurs concerts. Son prochain album pour Alpha Classics marquera le premier volet de l’intégrale des sonates pour violon de Beethoven. Son précédent album, Fantasy (2024), a été salué par Gramophone comme « une série intrigante ». Alena Baeva joue sur le violon “ex-William Kroll” de Guarneri del Gesù (1738). 

Premier violon 
Zsolt- Tihamér Visontay 
Lena Zeliszewska 
Emma Lisney 
Eunsley Park 
Joonas Pekonen 
Minhee Lee 
Adrian Varela 
Soong Choo 
Eleanor Wilkinson 
Karin Tilch 
Shoshanah Sievers 
Vera Beumer 
Peter Fisher 
Jane Kim 

Second violon 
Annabelle Meare 
David López Ibáñez 
Fiona Cornall 
Nuno Carapina 
Susan Hedger 
Gideon Robinson 
Marina Gillam 
Emanuela Buta 
Julian Milone 
Susan Bowran 
Ikuko Sunamura 
Esther Park 

Alto 
Scott Dickinson 
Ben Norris 
Sylvain Séailles 
Cameron Campbell 
Daichi Yoshimura 
Cheremie Hamilton-Miller 
Linda Kidwell 
Carol Hultmark 
Michelle Bruil 
Rebecca Carrington 

Violoncelle 
Marie Bitlloch 
Richard Birchall 
Alexander Rolton 
Silvestrs Kalniņš 
Tamaki Sugimoto 
Yaroslava Trofymchuk 
Alba Merchant 
Nina Kiva 

Contrebasse 
Tim Gibbs 
Owen Nicolaou 
Gareth Sheppard 
Benjamin du Toit 
Simon Oliver 
James Trowbridge 
Nigel Smith 

Flûte 
Sam Coles 
June Scott 
Robert Looman 

Hautbois 
Timothy Rundle 
Lauren Weavers 
Thomas Davey 

Clarinette 
Maura Marinucci 
Jennifer McLaren 
Laurent Ben Slimane 

Saxophone 
Simon Haram 

Basson 
Robin O’Neill 
Shelly Organ 
Luke Whitehead 

Cor
Ville Hiilivirta 
Kira Doherty 
Jake Parker 
Carsten Williams 
Norberto López 

Trompette 
Jonas Lewis 
Robin Totterdell 
Louis Barclay 

Trombone  
Simon Johnson 
Philip White 
James Buckle 

Tuba 
Peter Smith 

Timbales 
Mark McDonald 

Percussions 
Paul Stoneman 
Tom Edwards 
Rachel Gledhill 
Jeremy Cornes 
David Merseguer Royo 
Neil Percy 

Harpe  
Heidi Krutzen 

Piano 
Iain Clarke 

Bozar Maecenas

Patrick Derom Gallery • Monsieur et Madame Bertrand Ferrier • Baron en Barones Marnix Galle-Sioen • Baron Xavier Hufkens • Monsieur et Madame Laurent Legein • Madame Heike Müller • Monsieur et Madame Dominique Peninon • Monsieur et Madame Antoine Winckler • Monsieur et Madame Bernard Woronoff • Chevalier Godefroid de Wouters d'Oplinter

Bozar Honorary Patrons

Comte Etienne Davignon • Madame Léo Goldschmidt

Bozar Patrons

Monsieur et Madame Charles Adriaenssen • Madame Marie-Louise Angenent • Comtesse Laurence d'Aramon • Monsieur Jean-François Bellis • Baron et Baronne Berghmans • De heer Stefaan Bettens • Monsieur Philippe Bioul • Mevrouw Roger Blanpain-Bruggeman • Madame Laurette Blondeel • Comte et Comtesse Boël • Monsieur et Madame Thierry Bouckaert • Monsieur Thierry Boutemy • Madame Anny Cailloux • Madame Valérie Cardon de Lichtbuer • Madame Catherine Carniaux • Monsieur Jim Cloos et Madame Véronique Arnault • Mevrouw Chris Cooleman •  Monsieur et Madame Denis Dalibot • Madame Bernard Darty • De heer en mevrouw Philippe De Baere • Prince et Princesse de Chimay • De heer Frederic Depoortere en mevrouw Ingrid Rossi • Madame Louise Descamps • Madame Hélène Deslauriers • Monsieur Amand-Benoit D'Hondt • De heer Bernard Dubois • Madame Claudine Duvivier • Madame Dominique Eickhoff • Baron et Baronne William Frère • Baron et Baronne Pierre Gurdjian • De heer en mevrouw Philippe Haspeslagh - Van den Poel • Madame Susanne Hinrichs et Monsieur Peter Klein • Monsieur Jean-Pierre Hoa • Madame Bonno H. Hylkema • Madame Fernand Jacquet • Baron Edouard Janssen • Madame Elisabeth Jongen • Monsieur et Madame Jean-Louis Joris • Monsieur et Madame Adnan Kandiyoti • Monsieur Sander Kashiva • Monsieur Sam Kestens • Monsieur et Madame Klaus Körner • Monsieur Pierre Lebeau • Monsieur et Madame François Legein • Monsieur et Madame Charles-Henri Lehideux • Monsieur et Madame Philippe Le Hodey • Madame Gérald Leprince Jungbluth • Monsieur Xavier Letizia • Monsieur Bruno van Lierde • Madame Florence Lippens • Monsieur et Madame Clive Llewellyn • Monsieur et Madame Thierry Lorang • Madame Denise Louterman • Madame Olga Machiels-Osterrieth • De heer Peter Maenhout • Monsieur et Madame Alain Mallart • De heer en mevrouw Frederic Martens • Monsieur et Madame Dominique Mathieu-Defforey • De heer en mevrouw Frank Monstrey (urbion) • Madame Philippine de Montalembert • Madame Nelson • Monsieur Laurent Pampfer • Dr. Bram Peeters et Monsieur Lucas Van Molle • Madame Christine Perpette • Famille Philippson • Monsieur Gérard Philippson • Comte et Comtesse Antoine de Pracomtal • Monsieur Bernard Respaut • Madame Elisabetta Righini et Monsieur Craig Finch • Monsieur et Madame Michael Rosenthal • Monsieur et Madame Frédéric Samama • Monsieur et Madame Philippe Schöller • Monsieur et Madame Hans C. Schwab • Monsieur et Madame Tommaso Setari • Monsieur et Madame Olivier Solanet • Monsieur Eric Speeckaert • Monsieur Jean-Charles Speeckaert • Vicomte Philippe de Spoelberch et Madame Daphné Lippitt • Madame Anne-Véronique Stainier • Monsieur Didier Staquet et Madame Lidia Zabinski • De heer Karl Stas • Monsieur et Madame Philippe Stoclet • Monsieur Nikolaus Tacke et Madame Astrid Cuylits • De heer en mevrouw Coen Teulings • Monsieur et Madame Philippe Tournay • De heer en mevrouw Koen en Anouk Van Balen-Stulens • Monsieur et Madame Xavier Van Campenhout • De heer Marc Vandecandelaere • De heer Alexander Vandenbergen • Mevrouw Barbara Van Der Wee en de heer Paul Lievevrouw • Monsieur Michel Van Huffel • De heer Koen Van Loo • De heer en mevrouw Anton Van Rossum • De heer Johan Van Wassenhove • Monsieur et Madame Albert Wastiaux • Monsieur Luc Willame • Madame Danuta Zedzian • Monsieur et Madame Jacques Zucker 

Bozar Circle

Monsieur Axel Böhlke et Madame Clara Huizink • Monsieur et Madame Paul De Groote • Monsieur Rodolphe Dulait Madame Liliane Gam Madame Valeria Onofrj Sir Gabriel Smit Pergolizzi • De heer en mevrouw Remi en Evelyne Van Den Broeck• Monsieur Guillaume van Doorslaer et Madame Emily Defreyne  

Et tous les Membres qui souhaitent rester anonymes.