Ictus
16 Jan.'26
- 20:00
Atelier BNO
Gérard Grisey (1946-1998)
Le Noir de l’Étoile, pour six percussionnistes et transmission de signaux astronomiques (1990)
Durée: ca. 60 minutes
Crédits:
Tom De Cock, direction musicale
Pawel Krynski, astrophysicien
Alexandre Fostier, son
Caspar Langhoff, lumière
Anita Cappuccinelli, percussion
Liese-Lotte Bekaert, percussion
Tom De Cock, percussion
Lucas Messler, percussion
Gerrit Nulens, percussion
Ruben Orio, percussion
La pulsation de l’univers
Le cosmos nous fascine depuis la nuit des temps. Depuis notre petite Terre, nous observons les corps célestes régis par leurs propres lois, à des distances qui défient toute imagination. Les philosophes grecs étaient déjà à la recherche de rapports mathématiques afin de comprendre cette beauté énigmatique. Pythagore y voyait même une harmonie musicale : « l’harmonie des sphères », selon laquelle la musique sur terre est l’écho des vibrations de l’univers.
Lorsque Gérard Grisey (1946-1998) conçut l’idée de Le Noir de l’étoile vers 1980, il regardait les mêmes étoiles que Pythagore, mais à travers le prisme de la science et de la philosophie modernes. Il écrivit à propos de l’harmonie des sphères :
« Que l’on n’en déduise pas cependant que je suis un adepte de la Musique des Sphères ! Il n’est d’autre Musique des Sphères que la Musique Intérieure. »
Gérard Grisey et le spectralisme
Grisey grandit durant les années turbulentes qui suivirent la Seconde Guerre mondiale et commença sa carrière musicale en tant qu’accordéoniste d’exception. Il se révéla également être un véritable intellectuel, fasciné par les sujets les plus divers, ce qui transparaît également dans ses œuvres. De plus, Grisey développa très jeune un profond sens religieux et considérait la composition comme un moyen d’exprimer sa foi en Dieu. À 17 ans, il écrivait dans son journal intime que Dieu symbolisait pour lui le rythme, le pouls de la vie et de l’amour. Il voulait donner à ce rythme une place importante dans sa musique.
Au cours de ses études, et en particulier grâce à ses contacts avec Olivier Messiaen et Henri Dutilleux, il développa un langage musical et une technique en phase avec son époque. Il critiquait la rigidité du sérialisme, par exemple, et comprenait le défi que représentait la musique dans l’ère post-sérielle : « La nouvelle musique semble avoir perdu toute sensibilité. Elle ne s’adresse qu’à notre intelligence. Le musicien sériel est plus un scientifique qu’un poète. »
Son langage musical évolua vers ce que nous appelons aujourd’hui le spectralisme, une musique prenant pour point de départ la physique du son et la recherche de nouveaux timbres et structures sonores. Le spectralisme recèle un paradoxe que l’on retrouve également dans l’œuvre de Grisey (et en particulier dans Le Noir de l’étoile). Les relations complexes entre les fréquences constituent un point de départ presque mathématique et de nombreux compositeurs ont recours à des calculs complexes pour prendre leurs décisions musicales. En même temps, la recherche de nouveaux sons est profondément sensorielle et axée sur l’expérience physique et la perception sonore. La musique spectrale possède également une dimension sensuelle.
Malgré sa fascination pour la science, Grisey recherchait donc un art humain, qui ne repose pas uniquement sur des principes mathématiques, mais qui puisse également toucher le musicien ou l’auditeur. En effet, Grisey était loin d’être un scientifique austère. Dans ses biographies, de nombreuses pages sont consacrées à ses nombreuses relations interpersonnelles, et en particulier à son attitude vis-à-vis de l’amour et de la sexualité. Il s’était marié en 1970 avec Jocelyn Simon, mais la monogamie ne lui convenait pas. Au fil des années, sa dévotion catholique avait cédé la place à d’autres passions, qu’il suivait avec un dévouement tout aussi spirituel.
Le Noir de l’étoile
Gérard Grisey n’appréciait pas le terme « spectralisme » car il mettait l’accent sur la hauteur des sons et l’harmonie. En 1979, il composa Tempus Ex Machina pour Les Percussions de Strasbourg, une composition dans laquelle aucune hauteur tonale n’est perceptible. Cette composition pour percussions met l’accent sur le rythme et la temporalité, et sera plus tard intégrée dans Le Noir de l’étoile.
La source d’inspiration de cette œuvre remonte au milieu des années 1980, lorsque Grisey était professeur à l’université de Berkeley en Californie. Il y fit la connaissance de Joe Silk, un astrophysicien qui l’initia au monde merveilleux des pulsars récemment découverts. Les pulsars sont des étoiles qui tournent à grande vitesse en émettant des rayonnements électromagnétiques. Sur Terre, ceux-ci sont perçus comme des impulsions rapides et régulières. L’idée qu’il existe, loin dans le cosmos, une impulsion atteignant la Terre après plusieurs milliers d’années était, bien sûr, stimulante pour un compositeur comme Grisey qui, durant sa jeunesse, avait considéré Dieu comme le rythme du monde. Grisey écrivit plus tard à propos des pulsars qu’il avait été immédiatement « séduit » par le phénomène et qu’il s’était tout de suite demandé, comme Picasso lorsqu’il trouva une vieille selle de vélo : « Que puis-je en faire ? ».
La première eut lieu aux Halles de Schaerbeek (alors en ruine) le 15 mars 1991, après une longue recherche et des négociations acharnées pour obtenir les fonds nécessaires, au cours desquelles Grisey aurait même cassé une chaise lors d’une discussion animée.
Structure
La première partie du Noir de l’étoile est constituée des pulsations accélérées et ralenties de Tempus Ex Machina. Grisey superpose six couches de tempo différentes, à l’image d’une note fondamentale composée de l’accumulation de différentes fréquences. À la fin de cette première partie, nous entendons pour la première fois un son provenant de l’espace, le pulsar Vela. Ces vibrations cosmiques donnent le ton à un nouvel épisode instrumental dans lequel on entend à nouveau des processus complexes de changement de tempi. Chez Grisey, le temps est élastique et contraste avec la régularité apparemment éternelle du pulsar. Au fil du temps, un autre pulsar apparaît dans l’électronique, qui résonne brièvement sans être perturbé avant que les percussionnistes ne reprennent le dessus. Dans le troisième et dernier passage instrumental, Grisey se concentre sur les instruments métalliques, introduisant ainsi un tout nouvel arsenal de sons. Le rythme gagne largement en irrégularité et la complexité atteint son apogée.
Le concert à Bozar
L’ensemble Ictus aborde cette partition extrêmement complexe en accordant une grande attention à la spatialité de l’œuvre et à l’expérience sensorielle. Le premier mouvement est souvent interprété avec énergie et puissance, mais dans cette version, les musiciens visent plutôt le raffinement et l’interaction entre les différents tempi. Ici aussi se développe un paradoxe intéressant. Les musiciens jouent accompagnés d’un métronome (via des écouteurs) pour permettre une synchronisation parfaite. Si cela peut sembler mécanique et inhumain, cette méthode de travail garantit la réalisation parfaite de la structure temporelle soigneusement élaborée par Grisey. Ainsi, les différentes couches de la musique interagissent mutuellement et génèrent les phénomènes acoustiques recherchés par Grisey. La précision mathématique conduit à l’enchantement sensoriel.
Klaas Coulembier
Ictus
ensemble
Ictus est un ensemble de musique contemporaine basé à Bruxelles, né en 1994 dans le sillage de la compagnie de danse Rosas. Fondé à une époque où les ensembles se pensaient comme des mini-orchestres composés de solistes virtuoses, Ictus a lentement muté en collectif de musiciens et musiciennes créatives, dédié aux musiques expérimentales au sens large : musiques écrites, art sonore, improvisation et électronique. Ictus est aujourd’hui dirigé par les artistes eux-mêmes, et compte une trentaine de collaborateurices couvrant trois générations. Ictus est devenu le partenaire régulier de nombreux chorégraphes, de curateurs, de larges formations comme le Brussels Philharmonic ou le Collegium Vocale Gent, tout en développant ses propres projets en différents formats. Son travail est documenté via une chaîne Youtube et une archive internet riche de près de 300 projets (ictus.be). L'ensemble mène un programme de post-Master pour jeunes musiciens avec la School of Arts Gent. Dernière parution : un double CD consacré à « Einstein on the Beach » de Philip Glass sur le label Vlek.
Bozar Maecenas
Patrick Derom Gallery • Monsieur et Madame Bertrand Ferrier • Baron en Barones Marnix Galle-Sioen • Baron Xavier Hufkens • Monsieur et Madame Laurent Legein • Madame Heike Müller • Monsieur et Madame Dominique Peninon • Monsieur et Madame Antoine Winckler • Monsieur et Madame Bernard Woronoff • Chevalier Godefroid de Wouters d'Oplinter
Bozar Honorary Patrons
Comte Etienne Davignon • Madame Léo Goldschmidt
Bozar Patrons
Monsieur et Madame Charles Adriaenssen • Madame Marie-Louise Angenent • Comtesse Laurence d'Aramon • Monsieur Jean-François Bellis • Baron et Baronne Berghmans • De heer Stefaan Bettens • Monsieur Philippe Bioul • Mevrouw Roger Blanpain-Bruggeman • Madame Laurette Blondeel • Comte et Comtesse Boël • Monsieur et Madame Thierry Bouckaert • Monsieur Thierry Boutemy • Madame Anny Cailloux • Madame Valérie Cardon de Lichtbuer • Madame Catherine Carniaux • Monsieur Jim Cloos et Madame Véronique Arnault • Mevrouw Chris Cooleman • Monsieur et Madame Denis Dalibot • Madame Bernard Darty • Monsieur Jimmy Davignon • De heer en mevrouw Philippe De Baere • Prince et Princesse de Chimay • De heer Frederic Depoortere en mevrouw Ingrid Rossi • Madame Louise Descamps • Madame Hélène Deslauriers • Monsieur Amand-Benoit D'Hondt • De heer Bernard Dubois • Mevrouw Sylvie Dubois • Madame Claudine Duvivier • Madame Dominique Eickhoff • Baron et Baronne William Frère • De heer Frederick Gordts • Baron et Baronne Pierre Gurdjian • De heer en mevrouw Philippe Haspeslagh - Van den Poel • Madame Susanne Hinrichs et Monsieur Peter Klein • Monsieur Jean-Pierre Hoa • Madame Bonno H. Hylkema • Madame Fernand Jacquet • Baron Edouard Janssen • Madame Elisabeth Jongen • Monsieur et Madame Jean-Louis Joris • Monsieur et Madame Adnan Kandiyoti • Monsieur Sander Kashiva • Monsieur Sam Kestens • Monsieur et Madame Klaus Körner • Madame Marleen Lammerant • Monsieur Pierre Lebeau • Monsieur et Madame François Legein • Monsieur et Madame Charles-Henri Lehideux • Monsieur et Madame le Hodey • Madame Gérald Leprince Jungbluth • Monsieur Xavier Letizia • Monsieur Bruno van Lierde • Madame Florence Lippens • Monsieur et Madame Clive Llewellyn • Monsieur et Madame Thierry Lorang • Madame Denise Louterman • Madame Olga Machiels-Osterrieth • De heer Peter Maenhout • De heer en mevrouw Frederic Martens • Monsieur Yves-Loïc Martin • Monsieur et Madame Dominique Mathieu-Defforey • De heer en mevrouw Frank Monstrey (urbion) • Madame Philippine de Montalembert • Madame Nelson • Monsieur Laurent Pampfer • Dr. Bram Peeters et Monsieur Lucas Van Molle • Madame Christine Perpette • Philippson • Monsieur Gérard Philippson • Comte et Comtesse Antoine de Pracomtal • Monsieur Bernard Respaut • Madame Fabienne Richard • Madame Elisabetta Righini et Monsieur Craig Finch • Monsieur et Madame Michael Rosenthal • Monsieur et Madame Frédéric Samama • Monsieur et Madame Philippe Schöller • Monsieur et Madame Hans C. Schwab • Monsieur et Madame Tommaso Setari • Monsieur et Madame Olivier Solanet • Monsieur Eric Speeckaert • Monsieur Jean-Charles Speeckaert • Vicomte Philippe de Spoelberch et Madame Daphné Lippitt • Madame Anne-Véronique Stainier • Monsieur Didier Staquet et Madame Lidia Zabinski • De heer Karl Stas • Monsieur et Madame Philippe Stoclet • Monsieur Nikolaus Tacke et Madame Astrid Cuylits • De heer en mevrouw Coen Teulings • Monsieur et Madame Philippe Tournay • De heer en mevrouw Koen en Anouk Van Balen-Stulens • Monsieur et Madame Xavier Van Campenhout • De heer Marc Vandecandelaere • De heer Alexander Vandenbergen • Mevrouw Barbara Van Der Wee en de heer Paul Lievevrouw • Monsieur Michel Van Huffel • De heer Koen Van Loo • De heer en mevrouw Anton Van Rossum • De heer Johan Van Wassenhove • Monsieur et Madame Michel Wajs-Goldschmidt • Monsieur et Madame Albert Wastiaux • Monsieur Luc Willame • Madame Danuta Zedzian • Monsieur et Madame Jacques Zucker
Bozar Circle
Monsieur et Madame Paul De Groote • Mevrouw Greet Puttaert • De heer Stefaan Sonck Thiebaut • De heer en mevrouw Remi en Evelyne Van Den Broeck
Bozar Young Circle
Monsieur Axel Böhlke et Madame Clara Huizink • Monsieur Rodolphe Dulait • Madame Ana Fota • De heer Koen Muyle • De heer Sander Muyle • Madame Valeria Onofrj • Sir Gabriel Smit Pergolizzi • Monsieur Guillaume van Doorslaer et Madame Emily Defreyne
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